‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 93 sur 229 · SOCS LES ROMAINS · texte numérisé non relu

SOCS LES ROMAINS

comme on pourrait le présumer d'après une interprétation trop littérale du mot ; il ne représentait pas exactement , comme on Ta dit, le dixième de la population électorale. On voyait, en effet , parmi les décurions , nonseulement des citoyens à qui étaient confiés de hauts emplois (honores et mimera), mais encore d'autres citoyens qu'appelaient à ce titre leur rang et leurs dignités (honorait) *. Formé des premiers magistrats de la cité , ce corps avait , en très grande partie, les attributions du conseil municipal de nos jours. Ses membres , comme les sénateurs romains , portaient la robe bordée de pourpre , tandis que les magistrats ordinaires n'étaient revêtus que de la robe prétexte.

On conférait par l'élection les fonctions de décurions à des citoyens :

si l'on avait Y Album de Lugdunum au temps d'Auguste ou de Claude , on aurait , approximativement , celui de la population électorale. Tous les emplois municipaux importants étaient occupés par les membres du conseil des décurions. Ce conseil avait pour attribution principale le recouvrement des impôts , d'après le cadastre qui avait été exécuté sous Auguste. On distinguait parmi les décurions les decemprimi : c'étaient les dix premiers , et ceux à qui étaient confiées les fonctions les plus importantes ; venaient ensuite des décurions pourvus d'emplois moins élevés. Ce corps avait l'administration des finances de Lugdunum ; il était chargé de la voirie et de l'entretien des édifices publics. C'était lui qui désignait, par la voie de l'élection , le patronus civitatis ou délégué de Lugdunum à Rome. Il y avait un ordre d'inscrip-

tion sur Y Album ou liste des décurions. Le voici : d'abord les patroni (clarissimi viri, sénateurs romains) ; les patroni (équités romani) : c'étaient des décurions honoraires. Venaient ensuite les décurions en exercice :

d'abord les anciens fonctionnaires par ordre de rang, ceux du même rang par ordre d'ancienneté ; ceux qui n'ont encore rempli aucunes fonctions par ordre d'ancienneté dans la curie (Savigny). Après avoir fait mention des patroni , Y Album de la cité de Canusium nomme les quinquennalicii , fonctionnaires qui avaient occupé des fonctions quinquennales ; les adlecti , ou adjoints aux magistrats quinquennaux ; les duumviralicii , magistrats qui avaient été duumvirs ; les œdiliciiy les tpiœstoricii , les pedanii, les prœtextati. Le premier des décurions qui était inscrit sur Y Album présidait la curie *. Membres du corps des décurions , les duumvirs ( iiviri, duumviri juri dicundo) étaient deux magistrats de Lugdunum investis du droit de rendre la justice dans certaines affaires de peu d'importance , jusqu'à une somme déterminée ; ils n'avaient point à connaître des causes criminelles. Souvent annuelles, leurs fonctions pouvaient être prolongées jusqu'à la cinquième année. Ces duumvirs quinquennaux étaient d'un rang supérieur aux autres : quelques-uns de ces magistrats n'étaient nommés que pour une circonstance déterminée , et ne possédaient qu'un mandat temporaire ; d'autres avaient l'administration des revenus de Lugdunum (duumviri œrarii). Le citoyen qui avait exercé les fonctions de duumvir prenait la qualité de duumvir alis ; des viceduiimvirs remplaçaient par intérim les

1 . — Oo appelait honorati les citoyens qui avaient rempli de grandes charges, ou que recommandait une grande distinction personnelle : les honorati Tonnaient une classe à part , supérieure par le rang à celle des vurialei.

2. — Ces renseignements et ceux qui font suivre rectifient celle assertion inexacte dans sa formule , qu'on lisait dans quelques exemplaires de ce livre : « Lugdunum avait un conseil « de sénateurs (atrionês), ses chevaliers, ses consuls représentés par les duumvirs; les « sénateurs étaient les décurions. »

duumvirs , soit annuels, soit quinquennaux. *

Les triumvirs (iiiviai) étaient des magistrats municipaux chargés de certaines fonctions de l'édilité , de la surveillance des jeux et des fêtes, etc. Les quatuorrirs (ivyim ) avaient l'inspection des routes et des rues ; ils étaient préposés à la voirie.

Beaucoup d'inscriptions sont relatif ves à des sévirs (vrviai , Iimlviiu *ugustàlss); on y lit les noms suivants : G. Secundus Ruso, Sextus Àttius Januarius, Sextus Julius Helias , Q. Ca* pito Probatius , Salvius Mercurius , Titus Claudius Amandus , Q. Ignius SiMnus, P. SextiusFlorus, Q. Viroius Leurentinus, C-Vrogenius, Q.Connius, M. Primus Secundianus , L. Gavius Fronto , G. Doua tus Quartus , etc. Je pourrais allonger beaucoup cette liste.

Les sévirs augustaux étaient des fonc* Uonnaires d'une condition inférieure , à qui étaient confiés l'entretien et la conservation des lares d'Auguste dans les carrefours et dans les rues de Lugdunum ; ils formaient une corporation d'un rang éminent (ampltesimvs ordot splendidissimus ordo ). Ge corps des augustaux ou sévirs était intermédiaire entre le conseil des décurions et les corporations d'ouvriers ; il remplaçait, dans les provinces , l'ordre des che-* valiers y quelques emplois secondaires étaient confiés à ses membres. Beaucoup de ces augustaux étaient tirés de la classe des affranchis ; quoique leurs fonctions n'eussent rien de très relevé, elles étaient cependant fort recherchées» Les sévirs prenaient divers titres (sexviri augustalcs, moghtri, ministri) ; plus tard, ils furent chargés d'un culte autre que celui d'Auguste ( sacris fac iundis) ; ceux - là prfai-

ADM1N1STRATION DU LYONNAIS

daient aux approvisionnements de* subsistances ; ceux-ci avaient un emploi dans les finances , qu'il n'est pas facile de déterminer avec précision. Il ne faut pas confondre les sévirs avsc les sexprimi.

Je renvoie aux ouvrages sur ces matières peu connues , pour des renseignements sur des magistrats municipaux dont les inscriptions parlent peu ou ne parlent pas : les oçtoviri municipales , les dtcôwviri , les duodtçimviri , les auindecimviri sacris faciundU *; mais je dirai quelques mots de fonctionnaires d'ordres divers, appelés prçtfccti. Il y avait les pra> fectiy magistrats qu'il ne fout pas confondre avec les duumvirs, dont ils tenaient lieu dans les préfectures \ il y avait les praifficti fabrum, ceux-là pour les travaux militaire», et ceux-ci pour les travaux civils : Tiberius. Antistius était préfet de la seconde cohorte espagnole. Il y avait encore des prafteti colonicc, dt* prcpftcti du trésor publie. Patin jus était préfet de la colonie , «luumvir du trésor pour poursuivre en j ustice , et flamine augustal f Lucius Aurelius prend le titre de prçpfeçSus «r*rii Saturai 9 et de prmfectus fnsmenti; il était en même temps curateur des voies Clodia, Annia , Cassis , etc.

Le curetor, etnsor ou awnaitçnualis était un magistrpt munipjpaj pourvu de la Gharge du penseur à Rome.

D'autres curateurs avaient les qttribur lions de gardes on de surveillants : \\ y avait les curatores œrarii , anr*onmt et viarum.

Parmi (es fonctionnaires de conditipn inférieure , on peut citer les apparitorcs , ordonnateurs ^ts fêtes publiques et commissaires chargés dé la police dans les grandes réunions , et

t . — Dans les cités le sénat (ut d'abord appelé ordo decurûmum , pais simplement ordo, puis enfin cwria ; ses membres étaient curiales eu dêcurionsi. C'est pourquoi caria et $enatus sont souvent opposés l'un à l'autre t *uria s'applique à une cité ; smuttus , sans désignation particulière, à Rome ou au séuat de f Empire. — 6avigny ( de ). Histoire du droit romain au moyen -âge , 1 , 40.

i. — - On ssit qu'il existait i Lugdunum un collège de quindécùarir*, prêtres ide-Cybèle , à crai étaient confiés les IWres sibyllins. Les grands-prétres portaient le titre d'arcltiyaUi; les simples prêtres , celui de galli.

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