‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 1 sur 364 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il est difficile , ou plutôt il est impossible d'atteindre à une exactitude absolue dans la composition d'une histoire qui embrasse autant *de sujets divers que celle de Lyon; et, malgré la plus grande surveillance , quelques erreurs peuvent échapper à Fécrivain. Trois hommes , spécialement connus par une étude approfondie de nos annales politiques et littéraires , lisent et relisent attentivement chaque épreuve de l'ouvrage que nous publions. Avec de tels censeurs , aucune omission , aucune faute de quelque importance ne paraît possible; aussi n'a-t-on signalé encore , dans la première partie , que des inadvertances bieii peu graves , et qu'il est facile de faire dispafMtre.

D'après le témoignage d'un archéologue estimé , l'auteur a dit que l'inscription relative à Antistius n'a pas été retrouvée ; cependant elle existe au palais Saint-Pierre : la rectification de cette inexactitude assez peu importante aurait eu nécess«iire-

ment lieu dans le recueil annonce des inscriptions lalines. Il y a, dans l'Histoire de Lyon, des points controversés, et plus d'un lecteur qualifie volontiers d'erreur l'opinion qui n'est pas la sienne. On a reproché à l'auteur d'avoir fait de sainte Blandine une jeune fille ; il s'est conformé en cela à l'opinion générale; et, comme l'acte officiel de naissance de cette martyre n'existe pas, il s'est cru libre d'adopter la version qui lui convenait le mieux.

On a considéré comme une contradiction le rapprochement de deux faits qu'il a racontés selon l'histoire ecclésiastique. Après le martyre des chrétiens, leurs cendres et leurs ossements brûlés furent jetés dans le Rhône, et cependant, quelques années plus tard, ces restes vénérés furent cherchés, trouvés et déposés dans une crypte. Le mot cendres, dont l'auteur s'est servi, a une acception figurée : il s'apphque évidemment à des débris matériels qui n'avaient pas disparu en entier dans les eaux du fleuve- L'histoire ecclésiastique affirme d'ailleurs l'un et l'autre fait , et c'est à elle qu'en appartient la responsabilité.

La Revue du Lyonnais a publié , sur la première partie de cette Histoire, un article peu bienveillant, dans lequel, cependant , elle n'a pu indiquer aucune erreur de quelque importance ; il ne nous appartient pas de dire quelle impression a produite son compte-rendu, et jusqu'à quel point il lui a réussi. On rendra, peut-être, à la nouvelle Histoire de Lyon cette justice qu'elle est écrite d'après les titres originaux , et qu'elle contient en grand nombre des faits entièrement neufs ou peu connus. La Revue ne s'est point occupée , sous ce point de vue , du Uvre qu'elle voulait faire connaître ; elle s'est bornée à Êûre à l'auteur une guerre dont il est difficile de comprendre l'objet :

beaucoup de ses remarques sont puériles , beaucoup d'autres n'ont aucun fondement. Nous ne nous livrerons pas à des récriminations trop faciles : une critique même malveillante peut être utile ; ce qu'il y a de mieux à £ûre , c'est d'en profiter, s'il y a lieu, et de redoubler d'attendon et de travail pour lui donner prise le moins possible. Au reste , la Revue du Lyonnais contient un assez grand nombre de très bonnes dissertations sur l'histoire politique ou littéraire de notre cité : les services qu'elle a rendus , sous ce rapport , à l'auteur de la nouvelle Histoire de Lyon sont une compensation plus que suffisante pour l'amertume et la légèreté de sa critique. Nous serons plus juste envers ce Recueil qu'il ne l'a été pour nous ; il est indispensable à tous ceux qui s'occupent d'études sérieuses sur les annales de notre cité.

On n'accusera point l'auteur de la nouvelle Histoire de Lyon d'avoir voulu esquiver la critique : il a demandé des articles impartiaux aux journaux de toutes les opinions, sollicité un rapport de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et réclamé à Lyon , auprès de l'Académie , de la Société littéraire , et d'un autre corps savant, la nomination de commissions pour l'examen de son travail. Ces comptes-rendus seront imprimés.

Nous publierons, avec la sixième et dernière partie, un chapitre intitulé : Observations sur l'Histoire de Lyon ; dans cet appendice , Fauteur usera de son droit de juger ses juges. Autant il est de son intérêt de mettre à profit les observations fondées qui lui sont adressées , autant il lui est permis de repousser des critiques qui seraient faites avec injustice et irréflexion. Le mode de publication par livraison de cette Histoire , donne à l'éditeur toutes les facilités désirables pour faire les rectifications qui

seraient jagées nécessaires. C'est également dans cet appendice que seront placés certains déyeloppements qu*on n'aurait pu insérer au texte, sans rompre le récit des événements et sans violer la proportion dans la distribution des matières.

Jusqu'à l'époque peu éloignée de la publication de la dernière livraison, l'auteur tiendra note de toutes les critiques et ne répondra à aucune.

L'éditeur a encore une observation à présenter : une histoire ne peut guère être bien appréciée que lorsqu'elle est achevée ; on ne peut bien juger, en effet, qu'alors, de son esprit, de son but et de l'unité qui doit régner entre ses différentes parties : c'est une considération qu'il croit devoir présenter aux lecteurs de la nouvelle Histoire de Lyon.

La troisième partie est sous presse. On s'occupe déjà des tables nombreuses qui doivent donner à cet ouvrage un caractère spécial d'utilité.

Le Roi a souscrit , pour ses bibliothèques particulières , à la nouvelle édition de l'Histoire de Lyon, que n*ont pas moins bien accueillie les ministres de l'intérieur et de l'instruction publique.

31 Juillet 18i6.

Lyon. — Impr. de Louis Perrin , rue d'Amlioisr, 6.

HISTOIRE DE LYON

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