‹ Histoire de la ville de SensChapitre 25 sur 37 · LE PALAIS SYNODAL & L'ARCHEVÊCHÉ · texte numérisé non relu

LE PALAIS SYNODAL & L'ARCHEVÊCHÉ

Gauthier Cornai, 72^ archevêque de Sens depuis Saint-Savinien, bâtit, en 1231, rofficialité qui fut détruite par l'écroulement de la tour de pierres en 1267 ; elle fut dès lors reconstruite par Pierre de Charny, 76« archevêque de Sens, Le palais synodal est certainement le monument par excellence de l'architecture ogivale. L'ancienne ofïicialité se trouve au rez de chaussée et au dessus la salle synodale proprement dite. « Aucun édifice dit M. Viollet-le-Duc, ne présente unfenestrage aussi grandiose ». Cette salle qui forme un vaisseau de 59 mètres de longueur sur il mètres 25 centimètres de largeur, est splendidement éclairée par six fenêtres où se dessinent à chacune d'elles deux ogives surmontées d'une rosace ; six contreforts terminés par des pinacles pleins d'élégance contiennent extérieurement la statue de Saint-Etienne au milieu, de Saint-Savinien et de Saint-Potenlien de chaque côté, et, anx extrémités, de l'archevêque Pierre de Charny et de Saint-Louis roi de France ; ces deux derniers sont à genoux et tournés vers les autres saints, c'est dans cette salle synodale que se trouve le tableau de fiaillot représentant Saint- Louis et son frère le comte d'Artois portant la couronne d'épines sur leurs épaules (1826).

Autour de l'édifice extérieur se trouvent de larges chenaux avec un parapet permettant de faire le tour. La salle synodal^ a 500 mètres carrés.

Le musée lapidaire qu'il ne faut pas confondre avec le musée lapidaire de la ville, qui occupe la salle du rez-de-chaussée, contient des chefs-d'œuvre d'architecture pour la plupart détachés de la cathédrale ; on y remarque surtout des chapiteaux, des frises et le dessus de niches de saints d'une grande élégance, taillées dans la pierre.

Au-dessous du musée lapidaire se trouvent les prisons où Abélard fut mis au moment de son procès. La couverture du palais synodal reflète au soleil d un brillant d'or qui donne au bâtiment un lustre épanouissant.

Le palais synodal où se tinrent les états généraux au mois de

juillet 1367, sous Charles V, et où eurent lieu tant d'assemblées présidées par les archevêques de Sens, estacluellement la propriélé de l'Etat et sert à donner des banquets ou des réunions publiques d'une nature toute différente. On sait il est vrai que le palais synodal comme la cathédrale de Sens, a été classé comme monument historique, mais on sait aussi que sur la demande du conseil général de l'Yonne, les biens de la Mense archiépiscole ont été attribués au département, par décret du 2 août 1910. ainsi conçu :

Vu la proposition du Préfet de l'Yonne,

Vu la délibération du Conseil général de l'Yonne,

Décrète,

Article P"". — Estattribuéau département de l'Yonne, pour recevoir la destination prévue par l'article 9 paragraphe \^' 4". de la loi du 9 décembre 1905, modifié par la loi du 10 avril 1908, le reliquat disponible des biens ayant appartenu à la Mense archiépiscopale et aux séminaires du diocèse de Sens.

Monseigneur Ardin, 116^ archevêque de Sens, depuis 1892 a été du reste chassé de son palais épisropal et M. de Canchy lui a offert une hospitalité bienveillante dans sa maison située 12 rue de l'Ecrivain à Sens.

Le palais archiépiscopal se développe dans la région du transept de Moïse et du chœur de la cathédrale. En sortant par cette porte on pénètre dans une cour assez vaste qui donne accès dans la grande-rue par une voûte dont le portail sur cette rue est très remarquable. Dans cette cour se trouvent les magnifiques grilles construites en 1762 par le cardinal Albert de Luynes, 110®archevêque de Sens. Ces grilles étaient autrefois autour du chœur de la cathédrale. La partie qui longe la grand-rue fut construite par Tristan de Salazar 94e archevêque de Sens et Etienne Porchet 97^ archevêque de Sens, au commencement du XVP siècle. Le cardinal Louis de Bourbon 97« archevêque de Sens a élevé en 1557 la partie existant entre la grand-rue et la cathédrale. Le grand escalier fut exécuté vers 1742 par Monseigneur Languet.

IVOMEIVCLATIRE

des Evêqiies et des Archevêques de Sens

M. Léopold Delisle, adminisiraleur de la biblioihèque nationale à Paris, dit que rarrangement du catalogue des archevêques de Sens, date de l'époque carlovingienne : il ajoute que nous avons un lexle qui s'arrête à Evrard, conlempoiain de Charles Le Gros. Ce texte a élé copié, au XP siècle dans un manuscrit de l'abbaye de Saint- Wandrille, et est aujourd'hui à la bibliothèque du Havre ; celte nomenclature comprend 46 noms de prélats dont le dernier Evrard mourut en 887 ; on y remarque l'omission de trois évèques authentiques connus : S'-Amé, S'-Honobert et S^-Honulphe (1). Cette triple omission fut signalée par M. Léopold Dehcle, qui a toute l'autorité compétente pour cela, ainsi qu'il suit :

c Des remaniements, dit-il, furent fails au catalogue des « archevêques de Sens, au cours du XIP siècle. L'un des manus- « crits qui nous ont transmis la compilation historique du moine u Clarius nous otîre une liste dans laquelle on a ajouté le nom de

(1) Cette liste est ainsi conçue :

1 Savinianus

13 Agricius

25 Emnr-.us

2 P?tentius

1 1 Eraclius

26 Loudebertus

3 Léontius

15 Paulus

27 Ses Valfrannus

4 Severipus

16 Léo

28 Ciricus

5 Audactus

17 Copstitut

29 Elbo

6 Eraclianus

18 Anonius

30 Merulfus

7 Lunanus

19 Lupus

31 Aubertin

8 Simplicius

20 Mederius

3'-' Luvius

9 Ursicionus

21 Hildegrarius

33 Williarus

10 Théudorus

22 Aumbertus

3^ Godescalcus

11 Sindinus

23 Armentarius

35 Cunt herbus

24 Arnulfus

36 Petrus

37 Villebaldus

38 Berrardus

39 Ragembertus

40 Magnu

11 Hiereinius 42 Aidrious V-< Wenilo

44 Egil

45 Ansigilus

46 Evrandus

« sanctus Amalus après celui de S^-Loup, et les noms de sancius « Honobertus et de sanctus Ilonulptius à la suite de S^-Elbon. La « manière dont ces noms ont été introduits au XH" siècle, dans le « catalogue des archevêques de Sens, mérite d'être prise en consi- « déralion pour discuter plusieurs questions chronologiques dont « les Bollandistes se sont préoccupés sans avoir le moyen de les « résoudre, et dont les auteurs du GalUa chrisiania n'ont tenu a aucun compte (1). »

(les omissions constatés par M. Leopold Delisle ne sont pas les seules car on remarque que Pol\ carpe et S^-Severin II ne figurent pas sur la liste des 46 évoques dont il est question.

Plusieurs controverses ont été faites concernant Tépoque à laquelle S^-Savinien fut envoyé dans les Gaules pour les convertir. Il est d'abord à peu près certain que son martyre eut lieu vers le 31 décembre, puisque depuis les temps les plus reculés, on célèbre sa fête à ce quantième du mois. On sait en outre que S^-Potentien, son successeur à Sens, fut lui-même martyrisé un an après S^-Savi nien, également le 31 décembre. Or, il est très probable, qu'après la mort tragique de ces deux saints, il se soil passé un certain nombre d'années pendant lesquelles, ils n'eurent pas de successeurs immédiats. On trouve en elï'et, dans l'almanach de 1763, entre les années 74 et 287 après Fère chrétienne, époque quelque peu ténébreuse de l'histoire de Sens, au point de vue religieux, qu'il y a une lacune d'une vingtaine d'années entre Lunanus (Lunaire) 7«évèque et Simplicius 8^ évêque de Sens, pendant lesquelles, il n'y a pas eu d'évêque dans cette localité. Il est également possible, en considération de la mort violente de S^-Savinien, de S^-Potentien et de leurs compagnons Martyrs, qu'il y ait eu quelque relâchement dans la faveur des chréiiens et que, pour ne pas subir le même sort de la part des romains, les successeurs de ces deux saints soient restés à peu près inconnus et ignorés dans l'histoire.... Aussi nous n'hésitons pas, dans le doute qui plane dans ces temps primitifs, à reconnaître que S'-Savinien fut envoyé par S*-Pierre, en 65, pour convertir la Gaule et nous partons de c»îtte date, pour établir dans la nomenclature suivante les cent-seize Evêques ou Archevêques de Sens qui lui succédèrent.

(1) Bulletin Archéologique de Sens, tome XVIII.

kiOrDDiGS

Noms des Evêques

Célébration de la fête

A vÀn A m PTi f

Moît ou

et des AicheTèques (1)

des Saints

Xl «ClldiJCii t

démission

Saint-Savinien

31 décembre

73aDsap èsJ.-C.

Saint-Potentien

Léontius

Saint-Se vérin I

Âudatus

Héracle I

Lunanus

Simplicius

Polycarpe

Saint-Severin II

Saint-Ursicin

24 juillet

Saint-Théodore

13 janvier

Sindinus

Saint-Ambroise

3 septembre

Saint-Agrice

7 Juin

Saint-Héracle II

8 Juin

Saint-Paul

5 Juillet

Saint-Léon

22 Avril

Constitutus

Saint-Arthéme

28 Avril

Saint-Loup I

1er septembre

Medérius

Hildegaire

Auripertus

Saint-Gondelbert

21 février

Arnoul

Armentarius

Saint-Emmon

26 avril

Saint-Amé

29 avril

Landebertus

Saint-Yulfran

20 mars

Saint-Géric

Saint-Ebbon

Arthbertus

Saint-Honobert

5 janvier

(1^ Abbé Blondel, chanoine et liste chronologiques des pontifes

!. Revision critique du de cette église (1894;.

catologue des Archevêques de Sens

Nombre

Noms des Evêquei ou Archevêques

Dates de la célébration de la fête des Saints

Avènement

Mort ou démission

Saint-Omilphe

19 décembre

Loup II

Willicaire

Godescale

Saint-Gombert

Pierre I

Villebaud

Bérard

Rimbert

Magnus

Jérénué

Saint- Aldric

7 juin

Wénilon

Saint-Egile

Andégisé

Evrard

Waltérius I:

Waltérius II

Ataldus le vénérable

Guillaume I

Gerlanus

Hildemanus

Archambaud

Saint-Anastase

Sévin

Léothéric

Gelduin

Maynard

Richer

Daimbert

Henri Sanglier

Huques de Toucy

Guillaume de Champagne

Guy des Noyers

Michel de Corbeil

Pierre de Corbeil

Gauthier Corn ut

Nnmhrp

Nom des Evéques

Dates de la célébration

A vpriPmPTif

Mort ou

Page 1