‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 92 sur 197 · COUVENT DES BÉGUINES · texte numérisé non relu

COUVENT DES BÉGUINES

Vers le temps où les Cordeliers étaient reçus à Soissons , les Béguines y formaient aussi un monastère à l'entrée de la rue St-Remy. Ce monastère n'eut qu'une assez courte durée , parce que l'ordre lui-même ne tarda pas à succomber sous

les attaques de ses nombreux ennemis; quoique son établissement en France eût été ouvertement fayorisé par le roi saint Louî». La règle et les doctrines des Béguines s'écartaient beaucoup trop de celles de tous les autres ordres monastiques, pour ne pas devenir, à leur égard, un objet de jalousie et d'aversion. Elles vivaient en coomiuoauté, sous la direction d'une supérieure, sans faire de vœux et sans renoncer à leurs biens personnels ; elles étaient libres de rentrer dans la vie civile quand elles le voulaient; elles pouvaient même se marier. £t tandis que tous les autres ordres s'accordaient à rabaisser l'espèce humaine et posaient en principe son imperfection^ ainsi que l'impossibilité d'un bonheur réel en ce monde, les Béguines admettaient, au contraire, que toute créature intellectuelle pouvait atteindre à la perfec* tion, et jouir alors, sur la terre, d'une félicité en* tière.

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