EMPEREUR
L'empereur Arnoul était mort, comme nous l'avons dit , à la fin de novembre 899. Ermengarde ne pouvait oublier qu'elle était fille d'un empereur. Elle ne fut point étrangère h la détermination que prit son fils de se rendre de nouveau en Italie, et de se venger à la fois d'Adalbert, qui l'avait trompé , et de Bérenger, qui l'avait humilié. Il s'agissait aussi pour lui d'une perspective bien plus brillante que celle qui l'avait séduit. La cou-
ronne impériale devait être la récompense de ses efforts; mais, convaincu par la mésaventure qu'il venait d'éprouver , du peu de confiance qu'il fallait accorder aux promesses des Italiens , il leva une puissante armée à la tête de laquelle il traversa les monts, en l'an 900. Il battit Bérenger dans plusieurs rencontres , et marcha sur Rome , où H fut couronné empereur le 2 1 février 90 1 , par le pape Benoît IV.
l'empereur louis se marie.
Pavie devint la capitale de l'empire , et Louis y fixa sa résidence. On doit se rappeler que son père Boson en avait été créé duc. Le jeune empereur épousa cette même année Égine , fille d'Édouard l'Ancien, roi d'Angleterre.
l'empereur louis est aveuglé par les ordres de
bérenger.
L'Italie était tranquille et paraissait soumise; l'empereur commit la faute de congédier les troupes qui lui en avaient facilité la conquête. Il visita plusieurs villes de son empire , et arriva enfin à Vérone , vers le milieu de l'an 902. Bérenger, qui s'était reconcilié secrètement avec Adalbert , avait de nombreux partisans dans cette ville ; il s'y intro-
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duisit dans la nuit , à la tête de quelques soldats déterminés; il se saisit de l'empereur, et après lui avoir reproché le parjure dont il s'était rendu coupable , il lui fit crever les yeux.
Le malheureux Louis, désigné dans l'histoire par 1 epithète d'aveugle , revint à Vienne , où il vécut encore de longues années , quoi qu'en dise le père Daniel, tom. III , page 1 18 , de son Histoire de France.
Chorier ( livre X , page 7 1 5 du 1 er volume de l'Histoire du Dauphinè) disserte longuement sur le procédé qui aurait pu être employé pour aveugler l'empereur ; et comme ce prince a signé un assez grand nombre de chartes après sa catastrophe, Chorier en conclut que ce procédé ne réussit pas complètement; mais le texte des anciennes chroniques, et surtout de Luitprand, d'accord avec l'épithète à' Aveugle y donnée à Louis, annonce positivement que Bérengcr fit crever les yeux à l'empereur, et une opération de cette nature n'admet ni remède ni palliatif. On conçoit facilement qu un aveugle qui a su écrire puisse apposer sa signature au bas d'une charte , et c'est ce que fesait sans doute Louis l'Aveugle. D'un autre côté, ce prince avait peut-être un sceau ou cachet portant l'empreinte de sa signature , et dont son chancelier ne se servait que de son agrément.