‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 25 sur 136 · A VIENNE · texte numérisé non relu

A VIENNE

Nous ne connaissons ce duc, qui commanda dans Vienne, que parce qu'il fut le fondateur des monastères de Saint- Pierre , de Saint-André-lcHaut y et de Saint- André -le-Bas \

Les historiens ecclésiastiques font honneur à un saint Lèonien de la fondation des deux premiers de ces monastères.

« Saint Lèonien , après avoir vécu reclus qua- « rante ans , tant à Autun qu'à Vienne , fonda dans rc cette dernière ville, vers l'an 475, le monastère <c des religieuses de Saint-André , et , hors des « portes de la ville , celui de Saint-Pierre. » (Charvet, Histoire de la sainte Église de Vienne, page 73.)

11 faut remarquer qu'en 47$ > saint Mamert était évêque de Vienne.

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L'auteur anonyme de la Vie de Saint -Didier dit positivement que le monastère de Saint-André le- Haut fut construit du temps de saint Avite par saint Lêonien. Ceci est répété mot-à-mot dans la Chronique d'Adon (âge VI , page 175 , édition de i522).

Or, saint Avite fut évêque de Vienne de 490 à 525. Il ne reste donc plus de certitude sur l'époque à laquelle vivait saint Lêonien.

Voici actuellement une traduction littérale de la charte du duc Ancemond , telle que Le Lièvre nous l'a conservée (page 9 de ses Antiquités de Vienne). Nous avons col la lionne cette charte avec un manuscrit de la bibliothèque de Grenoble , n os 7388 — 124, qui nous a paru ancien, et qui en contient une copie plus exacte que celle de Le Lièvre :

te Moi , Ancemond , et Ansleubane mon épouse « chérie , à notre fille Rémile , sous le vocable « d ! Eugénie.

a Vous savez comment , du consentement du «. sénat de la noble ville de Vienne , nous avons a donné à Dieu et à vous une portion de notre force tune , pour que , selon un vœu que nous avions a fait à Dieu, vous eussiez à construire , en Thonce neur de l'apôtre saint André, un monastère destiné ce à notre sépulture.

« Déjà nous avons élevé un monastère en Thonce neur de saint Pierre , dans le Beau- Champ , hors

« de la porte de la ville, pour que les reliques des « saints reposent, par notre moyen , tant en dedans « qu'au dehors de la ville.

« Pour remplir entièrement notre intention f « nous donnons le palais que nous possédons, non « loin du lieu appelé de Mars, ainsi que tout ce <c qui nous appartient par droit d héritage , soit au <c dedans , soit au dehors de la ville , et enfin tout « ce qui nous y revient, d'après les lois , afin que te vous établissiez là un monastère de saintes fem- « mes qui vivront sous la règle instituée par saint « Lèonien , pour le monastère de notre ville , dont « notre soeur Eubone est abbesse. Nourrie dans « l'institution de celle-ci , vous n'hésiterez pas à ce vouer comme nous ce même monastère à la mère- « église de Vienne , et à signer les actes rédigés, « pour que , par la suite , elle devienne notre héri- « tière. A cet effet , nous vous substituons^ tout « notre avoir, à l'exception de ce que nous avons « déjà légué par testament à la mère-église et à « Saint- Pierre, et de ce que nous réservons à nos ce héritiers. Nous vous concédons tout le reste pour « que vous remplissiez notre vœu, et que plus « parfaite vous méritiez de plaire à Dieu.

c< Moi , Servilius , par ordre de Monseigneur c< Ancemond et de Madame Ansleubane , ai écrit « et certifié la présente donation, l'an 9 du règne <c de Monseigneur Clotaire. »

Il est hors de doute , d'après cette charte , que

r^O CHRONIQUE DE VIENNE

Je dnc Ancemond fut le fondateur des trois monastères de Saint-Pierre, de Saint-Andrè-le-Haut , et de Saint- André -le -Bas .

Examinons d'abord quelle est la véritable époque do cette donation , datée de l'an 9 du règne de Clotaire.

Clotaire succéda à une portion des états de son père en 5n. En 520 Sigismond était sur son trône , et la charte porterait nécessairement le nom de ce souverain, et non celui d'un prince étranger.

Clotaire régna seul sur la Gaule en 558, mais il mourut on 56 1 .

Ainsi la neuvième année de son règne ne peut s'appliquer ni à l'une ni à l'autre de ces époques. Il faut donc s'arrêter à l'idée naturelle que , pour les habitants de Vienne, le règne de Clotaire commença au moment où , par l'effet du partage avec son frère et son neveu , il devint souverain de cette ville. Or, ce partage ayant été effectué en 534, la neuvième année de son règne correspond à 545.

Cette date coïncide parfaitement avec toutes les explications dans lesquelles nous allons entrer , et elle a servi de base à l'opinion que nous avons émise que la ville de Vienne n'avait point fait partie du lot échu à Childebert.

Le premier monastère fondé par Ancemond fut celui de Saint-Pierre ; il était situé hors des murs de la ville , dans le Beau - Champ , nom qu'on avait donné alors au territoire entre le Rhône et

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Romestang, et qui plus tard s'étendit jusqu'à Beau- Mur. Ce monastère , bâti sur les ruines du palais impénal, extra muros, contenait trois cents moines, et le nombre s'en augmenta par la suite. L'église, mais reconstruite, existe encore. Les dépendances en ont été vendues. La verrerie et toutes les maisons de la cour Saint-Pierre en fesaient partie.

Ancemond parle dans sa donationdes dispositions qu'il avait prises pour que sa fille eût à faire construire un monastère destiné à sa sépulture. L'auteur anonyme de la Pie de saint Didier, et Adon, dans sa Chronique, annoncent que le monastère de Saint- André-le-Bas fut construit sous l'épiscopat de saint Philippe. Or, saint Philippe occupa le siège de Vienne depuis 567 jusqu'en 58o.

Le monastère de Saint- Andrè-le-Bas fut construit sur la rive gauche de la Gère , en dehors des murs de la ville , mais tout-à-fait contre. Le duc Ancemond y fut enterré , et l'on voit encore son épitaphe surune pierre dans le mur, à gauche du maître-autel :

HIC JACET DUX ANCEMONDUS, NULLI VIRTUTE SECUNDUS, QUI REXIT SEDEM ET EDIDIT EDEM.

Cette épitaphe prouve que le duc Ancemond avait gouverné la ville. Était-ce un Bourguignon, un Allobroge , ou un Romain fixé à Vienne depuis

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long-temps, à qui les Francs avaient conservé ou confié le gouvernement de cette importante cité ? nous n'avons aucune raison de croire le contraire , et les détails que renferme la charte dJncemond semblent annoncer que sa famille et lui étaient établis à Vienne depuis long-temps.

L'église de Saint- Andrè-U-Bas , reconstruite, existe encore. Elle est aujourd'hui paroissiale. Les cloîtres et leurs dépendances ont été vendus.

La charte renferme une donation en faveur de Remile Eugénie , à condition qu'elle fera construire un monastère de saintes femmes non loin du heu appelé de Mars. Cette désignation indique le voisinage du champ et du temple de Mars, et concorde parfaitement avec la description de la ville de Vienne par les Romains.

Le monastère de Saint-André-le-Haut, qui portait dans le moyen âge le nom de Saint-Andréles-Nonaias , ou Saint-Andrè-les-Dames , a été vendu avec toutes ses dépendances.

Remile Eugénie fut soumise à la règle instituée par saint Léonien pour le monastère de Vienne, dont Eubone, sœur à'Ancemond , était abbesse.

L'épilhète de saint placée en avant du nom de Léonien , annonce qu'il était mort à l'époque de la charte , car on ne l'employait jamais pour un homme vivant.

A l'époque de 543, le seul monastère de femmes existant dans Vienne était celui de Sainte-Blandine,

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et Eubone en était alors l'abbesse. SainteBlandine et Saint- Ândrè-le-Haut étaient dans l'intérieur de la ville.

On n'admettait que des veuves à Sainte-Blandine , et le nombre s f en élevait à vingt-cinq. Celui des religieuses de Saint-André- le- ffaut s'élevait à cent.

Enfin, la charte rappelle des donations faites à la mère - église ; ceci s'entend de l'église alors métropolitaine sous le vocable des Sept- Frères- Machabées.

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