‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 33 sur 136 · NOUVELLES DISCUSSIONS ENTRE LES ARCHEVÊQUES DE VIENNE ET D'ARLES · texte numérisé non relu

NOUVELLES DISCUSSIONS ENTRE LES ARCHEVÊQUES DE VIENNE ET D'ARLES

Cette affaire se régla dans le concile de Francfort, que Charlcmagne fit tenir en sa présence en 794. On s'en référa aux anciennes décisions.

Mais l'évêque de Tarantaise prétendit, dans ce même concile, que son église étant métropolitaine ne devait sous aucun prétexte être assujettie à celle de. Vienne. Le jugement de cet incident fut renvoyé au pape. Ce fut effectivement Léon III, qui, par une bulle du i5 juillet 806 , prononça sur les prétentions de l'évêque de Tarantaise , « et quoi- « que , dit-il , l'évêque de Tarantaise ait juridiction a sur quelques villes , cependant la province des « Alpes Grecques demeurera toujours soumise à « l'église de Vienne , ainsi que cela a été ordonné « plusieurs fois par nos prédécesseurs; et l'évêque « de Tarantaise ne doit point se faire une peine « d'être soumis à l'autorité d'une dignité plus grande « que la sienne , puisque , s'il a quelques évêques « au dessous de lui , il ne tient ce rang que de « notre pure libéralité ».

Il est à remarquer que l'archevêque de Vienne ,

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Ours , assista au concile de 794. Ce prélat avait été élu en 790 , suivant les anciens canons', mais Charlemagne, sans s'arrêter à cette élection, nomma Volfère archevêque de Vienne. Cependant , comme ce Volfère était un Bavarois, presque toujours à la suite de la cour du souverain , dont il était un des fidèles , il paraît que tant qu'Ours vécut, il se contenta du titre de coadjuteur.

STATUTS DE i/ÉGLISE DE SAINT-MAURICE.

Charlemagne est regardé avec raison comme un des hienfaiteurs de l'église de Vienne. Voici le début des nouveaux statuts qui furent soumis à son approbation :

« L'an 8o5 de la nativité de Jésus-Christ, par « l'autorité , la libéralité et la magnificence du très « pieux empereur Charlemagne, et par les soins du « vénérable seigneur Volfère , archevêque de V ien- « ne, l'église de cette ville a été réparée et denou- « veau fondée , dotée et augmentée , soit dans ses »< revenus, soit dans son clergé. Le palais de l'arche- <c vêque, et divers logements pour les chanoines et « pour les autres clercs ont été construits aux enviât rons de l'église; la discipline et la manière de faire « le service divin ont été rétablies , et des régle- « ments propres à lui rendre son ancien lustre et à <c maintenir le bon ordre , ont été arrêtés. »

Ces statuts , dont il ne reste que quelques frag-

ments conservés par Charvet dans son Histoire de la sainte église de Vienne (page 167), nous font connaître que l'église de Vienne était celle qui avait été dédiée auparavant aux Sept-Frères-Machabées , et successivement à saint Maurice et à ses compagnons.

Voici la composi tion du chapitre de Saint-Maurice , appelé à jouer un rôle dans l'histoire de notre ville. Celte composition est extraite des mêmes statuts.

1 Prévôt.

1 Doyen .

1 Grand-archidiacre.

4 Archidiacres forains.

1 Pre'centeur.

1 Chantre.

1 Sacristain.

1 Mistral.

1 Chancelier.

2 Abbés.

6 Chevaliers légistes avoyer*.

i Maître de chœur.

1 Grand-Chapelain.

60 Chanoines.

8 Archi prêtres.

100 Prêtres.

6 Coadjuteurs.

20 Diacres.

20 Sous-diacres.

40 Grands-clercs.

24 Petits-clercs.

3oo individus en tout.

Ce nombre resta le même jusqu'en i585.

SOUS LES ROIS FRANCS. l55

La persévérance que mit le clergé de Vienne à reconstruire l'église métropolitaine sur le même emplacement , nous fait présumer que les archevêques n'eurent pas moins de constance à maintenir leur palais sur le même local. Il joignait l'église de Saint-Maurice au nord et à l'est. Il a été vendu à plusieurs particuliers. M. Glemaron , l'un des acquéreurs, en démolissant un ancien mur à l'angle sud-ouest du palais , trouva sous les fondations une grande quantité de pierres sculptées , provenant évidemment de la démolition d'un ancien temple. 11 en donna quelques-unes au Musée de Vienne ; il en plaça quelques autres dans les murs de la cour de sa maison: mais il en employa la plus grande partie , après les avoir fait retailler , dans la construction de son habitation.

L'inspection du très ancien mur sous lequel s'est trouvé cet amas de matériaux romains , nous a fait songer à ledit de l'empereur Honorius, de 59g, qui ordonnait de renverser les temples des fauxdieux , et de briser leurs statues. Les matériaux provenant des démolitions devaient être enfouis dans les fondations des édifices publics, des aqueducs et des égouts. Ainsi nous pensons que le palais épiscopal fut construit peu de temps après cet édit , sur le même emplacement qu'il occupait lorsqu'il a été vendu.

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