‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 168 sur 210 · T IV D · texte numérisé non relu

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' ' Religieux,' alloit continuer ses dévotions dans Saint Paul ; de

manière qu'ayant été témoin de la ferveur avec laquelle les Ecclésiastiques y célèbroient l'Office, et informé de la modicité de leur revenu, il détacha plusieurs biens du Fisc Royal pour les donner à leur mense, entr'autres le revenu du Four bannal de S. Marcel. Dt^/oiM.p. 5ptf. Adam, Abbé de Saint Denis, leur donna, en 11 14, l'Eglise de

S. Pierre, les chargeant de venir chanter les Vigiles de S. Denis la nuit de la Fête de ce Saint avant celles des Moines. Le Cordelier qui écrivit la vie de S. Louis en françois, vers l'an 1280, fait mention de cet usage des Chanoines de S. Paul, et dit qu'ils venoient au» commencement de la nuit ^ L'Abbé Suger, succes-

I. Les Jésuites d^Anvers traduisant en latin cet endroit du Cordelier, on omis la mention quMl y fait expressément des Chanoines de S:iint Paul. Bolland. 25 Augusti, p, 583, col. 1.

seur d'Adam, leur fit encore plus de bien, leur donnant des rentes Duchêne, de bled et de vin avec plusieurs dixmes, et en outre leur unissant ^- *^' P- ^^^* l'Eglise de S. Jean, peu éloignée de la leur. Il marque dans son acte qu'il regarde S. Paul comme celui qui a obtenu de Dieu que Saint Denis fût envoyé dans les Gaules. Il appelle ces Ecclésiastiques tantôt Clercs et tantôt Chanoines et il leur accorde aussi des privilèges assez considérables. Quelques années après la mort de cet Abbé, ils prétendirent que c'étoit à eux à pourvoir à leurs Doublet p. 5o6. prébendes, ils se désistèrent ensuite de leurs prétentions et le Pape Alexandre III confirma à l'Abbé le droit d'y nommer.

Dans cette Eglise étoit la cloche qu'on appelloit Chasse-ribaud en i362. Les Chanoines avoient cessé de la faire sonner le soir; il leur fut enjoint de rétablir l'usage. Doublet dit que de son ibid., p. 909. tems on la sonnoit encore pour le couvrefeu à huit heures du soir.

Le Pouillé de Paris du XV siècle, plaçant Saint Paul parmi les Eglises exemptes, donna le détail du Clergé qui composoit cette Collégiale vers le tems de Charles VI, en ces termes, avec le revenu :

Canonici S. Pauli de Sancto Dionysio.

Très; quilibet XIV libras,

Cantor pro Cantoria XX lib,

Novem ; quilibet XIV lib.

Cantor pro dimidia prœbenda Vj lib,

Officium Anniversariorum LXX lib,

Communitas.

Residentia dicte Ecclesice.

Beneficiati : septem, XVI lib. Alter XIV lib.

Très, Xij l. Unus, XI. Alter Viij l.

Il est visible par cet exposé qu'il n'y avoit alors à Saint Paul que douze ou treize Chanoines, mais avec autant de Bénéficiers. Ce fut apparemment par la suite que le nombre de Canonicats fut augmenté.

Ils étoient constamment dix-huit sur la fin du dernier siècle, Reg.Archiep. puisqu'en 1698 le 18 Juillet la réduction fut faite de ce nombre à celui de douze, et en même tems la réunion de cinq Chapelles à la Mense ; le Décret fut homologué au Parlement le 7 Septembre 1709, avec celui de la suppression de quatre Chapellenies Reg. Pariam. du chœur.

Comme l'Eglise de ces Chanoines avoit été fort endommagée par les soldats Huguenots en 1567, ils avoient été obligés de se réduire à un collatéral pour y faire l'Office; mais, comme il devenoit ruineux et que leurs maisons Canoniales étoient en

mauvais état, ils obtinrent de M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de Malte auprès du Roi et Prieur de Saint Denis de l'Etrée, qu'après sa mort le revenu de ce Prieuré fût uni à leur mense, promettant d'ériger alors une troisième prébende et une Dignité de Souchantre. S'étant ensuite munis de l'agrément du Roi, du consentement des Religieux de l'Abbaye, de celui de Jean-Baptiste le Laboureur, Grand Bailly, et en cette qualité Président aux Assemblées de la ville, comme aussi de celui du Curé de Saint Martin de l'Etrée, ils présentèrent requête à M. le Cardinal de Noailles pour parvenir à cette réunion, faisant sentir que leur translation dans l'Eglise de Saint Denis de l'Etrée seroit utile au public pour l'Office Divin, au lieu que le voisinage de l'Abbaye les rendoit inutiles. Ils offrirent de plus de ne point se charger de la présentation à la Cure d'Arcueil appartenante à ce Prieuré et ils consentirent qu'après la niort du Prieur la nomination appartînt à l'Archevêque. Leur Requête fut admise le 24 Dé-

Regist. Archiep. cembre 1726, il fut convenu qu'il y auroit un treizième Canoni-

cat à la même nomination que les autres, et un Souchantre qui seroit choisi par le Chapitre parmi les Chanoines. L'Archevêque accorda que le Roi nommeroit à la Chantrerie et la première fois à la Souchantrerie. Enfin il fut ordonné par le Décret, que Saint Paul et S. Denis seroient les deux patrons de cette Collégiale. Par le moyen de la réunion, les Canonicats de S. Paul qui ne valoient que quatre cens livres ou environ, ont été considérablement augmentés, et l'Office a commencé à être célébré à Saint ibid. Denis de l'Etrée avec plus de décence. Deux ans après le même

7 Maii 1728. Archevêque permit la démolition de l'Eglise de S. Paul.

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