‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 6 sur 210 · CHAPELLES DU PALAIS ÉPISCOPAL · texte numérisé non relu

CHAPELLES DU PALAIS ÉPISCOPAL

Lorsque les Evéques cessèrent de' faire les Ordinations dans leur Cathédrale, ce qui arriva vers les temps auxquels la multiplication des Offices, et surtout des fondations les empêcha de s'y rendre aussi assiduement que les anciens l'avoient fait, ils conçurent le dessein de faire construire une ou deux Chapelles dans leur maison, et la principale de ces Chapelles fut mise en état de répondre à la magnificence de quelques-unes de ces maisons notables qui eurent par la suite le nom de Palais. Une autre Chapelle servoit aux jugemens Ecclésiastiques, lorsqu'on eut cessé de les prononcer au portique des Cathédrales.

Maurice de Sulli fait Evêque de Paris en 11 60 ayant commencé l'édifice de l'Eglise Notre-Dame, fit bâtir en une ligne parallèle le Palais Episcopal et une double Chapelle au bout, du côté oriental. Pierre le Chantre qui vivoit alors, dit dans sa Somme manus-

Par/. //, c.xxii. crite, qu'on douta si ces deux Eglises étant l'une sur l'autre, il

étoit besoin d'une double Dédicace, et que la décision fut que chacune seroit bénite en particulier. En effet on voit une inscrip- Corrozet et tion en CCS termes dans la Chapelle inférieure : Hœc Basilica DuBrcui. consecrata est à D, Mauricio Parisiensi Episcopo in honore B, Mariœ, B, Martyrum Dionisii, Vincentiû Mauricii et omnium Sanctorum ; et dans celle d'en haut s'en lit une autre qui en marque la Dédicace sous le nom de S. Vincent : Ces écritures au reste ne sont que du XV siècle. La Chapelle de dessous est celle où il y eut des Chapelains établis par plusieurs Evêques, sçavoir

Hist. Ecci. Par, par Pierre de Nemours en 12 10, Guillaume d'Auvergne en 1243 T, II, p. 521, et Simon de Bucy vers l'an i3oo, comme aussi par d'autres per.

sonnes. L'un de ces Chapelains étoit sous le titre de S. Julien, Reg.Ep. je ne sçai si ce seroit celui qui avoit été fondé par Marie la Teuto- -'^ ^p^' /Sas, nique vers 1243. Le nombre de ces Chapelains qui avoit été jusqu'à sept se trouvoit réduit à deux dans le XV siècle. Cétoit Chart. Maj.Ep, aussi le lieu où on lavoit les pieds des Enfans de Chœur le Jeudi- •^^^' ^*^* Saint dans le même siècle. Comp. Capieer.

Comme l'Officialité est à l'entrée de la même Chapelle, ceux '-^^^* qui la composoient, y firent autrefois élever au-dessus de l'autel les images de S. Nicolas et de S. Catherine, qui ont été durant certains siècles des Saints fort reclamés dans ces sortes de Tribunaux. La Confrérie étoit nombreuse, vu qu'il y a eu d'abord Tabui. Ep, jusqu'à cent Notaires ou Greffiers Jurés à l'Officialité de Paris. Ce nombre fut réduit à quatre-vingt par l'Evêque Foulques de Chanac en i343. Dans le siècle précédent on les avoit appelle Confratria Curalium Ecclesiœ Parisiensis : Ce qui comprenoit tous les Officiers de cette Cour outre les Notaires.

On voit au Sanctuaire de cette Chapelle une tombe retrécie par les pieds, autour de laquelle il y a en capitales gothiques : Çy gist Marie de Meurlent qui gist de le:[ son père et sa mère : et autour de la tombe voisine se voyent en mêmes caractères les six mots suivants : Indivisa cornes jacet hic Avelina Philippo. La Maison de Meulent avoit possédé à Paris le Fief du Monceau S. Gervais. Dans le Chœur est une belle tombe sur la sépulture de Geoffroy Cochlaeris, Pénitencier de Paris, qui y est dit décédé, in hac Domo Episcopali en 14... C'est en cette Chapelle basse que se célèbre la Messe pour les prisonniers de l'Archevêché les Dimanches et Fêtes.

La Chapelle de dessus sert aux Ordinations et autres grandes Cérémonies, comme Sacres d'Evêque et à certaines Thèses de Théologie. C'est là que M. Christophe de Beaumont, Archevêque de Paris, a fait le Dimanche, trente Août ijSo, la distribution des Reliques tirées de l'Eglise de S. Maur des Fossez à diverses Eglises de Paris.

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