EGLISE SAINT DENIS DE LA CHARTRE
On peut voir à Toccasion des chaines, qu'on y montre, et qu'on dit avoir enchaîné S. Denis, ce que Sauvai a dit, T. I, p. i36, au sujet d'une autre chaîne qui étoit dans des prisons que les Dames de Montmartre avoient à Paris à leur Forj cul-de-sac de la rue de la Haumerie.
SAINT SYMPHORIEN. Le peu qu'il y a à dire sur la Chapelle de Saint Symphorien ne doit pas être séparé de l'article de Saint Denis de la Chartre. Elle a été bâtie, telle qu'on la voit, au commencement du XIII siècle, aux dépens d'Eudes de Sully, Eveque de Paris, et dotée des biens de plusieurs paniculiers, dont les principaux sont Mathieu, Comte de Beaumont sur Oise, en compensation de ce qu'il n'avoit pu exécuter le vœu qu'il avoit fait d'aller à la Guerre de la Terre Sainte, et Garnier de Saint Lazare, Bourgeois de Paris. Tous les deux le firent par dévotion pour S. Denis, que l'on disoit (dicitur, traditur, perhibetur) avoir été en prison vers ce lieu, quoiqu'il y eut un Prieuré de plusieurs Religieux déjà érigé sous le même titre de ce Saint. Le Comte céda la place qui n'étoit séparée de l'Eglise de S. Denis que par une rue : strata quœ inter ipsum locum et Ecclesiam S, Dionysii de carcere ducit. Quelques-uns prétendoient alors que la Chapelle de Ste Catherine qu'on y voyoit, n'étoit qu'un reste d'une ancienne Chapelle de S. Denis bâtie autrefois par un effet de la dévotion des Fidèles. L'Evêque et le Comte y établirent des Chapelains, ainsi que le rapportent tous nos compilateurs modernes d'après les titres publiés dans Du Breul et ailleurs. Ils sont des années 1206 et 1207, et ne font aucune mention du nom de S. Symphorien; mais comme, outre S. Denis, l'Evêque Eudes put aussi, en y mettant des reliques de S. Symphorien, la dédier en l'honneur de ce dernier Martyr, le peuple, pour distinguer les deux Eglises de Saint Denis de la Chartre adjacentes, et qui n'étoient séparées que par une rue, appella du nom de S. Symphorien la plus nouvellement fondée : ensorte que dans un acte de l'an 12 14, concernant un bien qui lui est vendu, elle est dite Ecclesia S. Symphoriani de carcere (d'où l'on ne peut pas inférer, ainsi que je l'ai déjà observé, que S. Symphorien ait été emprisonné dans ce lieu, comme on l'a conclu de S. Denis, sans trop de fondement). Avant la fin du même siècle, les Chapelains de cette Eglise qui étoient au nombre de quatre ou cinq se trouvent qualifiés de Chanoines. Thomas, Prêtre de Noneville, légua par son testament cinq sols six deniers Canonicis chart.SGenov. S. Symphoriani Parisiensis: ce qui fut payé par Guillaume de p, 33t. Varzy, Chanoine de Notre-Dame de Paris, exécuteur.
Les Chanoines ne sont mentionnés en aucune manière, ni même comme Chapelains, dans les Pouillés Parisiens du XIII et du XV siècle. Mais il n'est pas moins certain qu'ils ont existé, et que