‹ Histoire de la zoologieChapitre 104 sur 132 · Nachrichten von Island, etc. Hambourg, 1746, in · texte numérisé non relu

Nachrichten von Island, etc. Hambourg, 1746, in

l’Asie, fut pour la première fois scientifiquement explorée, sous le règne de l’impératrice Anne, par une expédition composée du botaniste Jean-Georges Gmelin, de l’astronome De i’Isle de la Groyère et de l’historien ijrerh. Fréd. Müller. Ces savants partirent de Saint-Pétersbourg le J9 août 1733, emmenant avec eux sept étudiants, deux peintres, deux chasseurs, deux mineurs, quatre arpenteurs et douze soldats. Yers la fin de la même année, le zoologiste Guillaume Steller vint rejoindre Gmelin et partager ses travaux. Arrivés à Tobolsk le 30 janvier 1734, ces savants remontèrent l’Irtisch jusqu’au pays des Kaimouks, traversèrent le lac Baïkal, visitèrent le pays des Toungouses et pénétrèrent jusqu’à Iiiachta, ville limitrophe de la grande muraille de la Chine. A Iakutsk ils perdirent presque tous les fruits de leurs pénibles recherches par l’effet d’un incendie, et furent de retour à Saint-Pétersbourg après une absence de près de dix ans. Les papiers de Steller sont restés, en grande partie, inédits.

Le passage de Vénus, qui devait être visible en1 Sibérie, détermina le voyage de l’abbé de la Chappe. Ce voyage, fait en 1761 par ordre de Louis XV G contient un court chapitre sur les animaux domestiques et sauvages de la Sibérie. L’auteur y a gravé et décrit deux nouvelles espèces de palmipèdes, l’une qu'il nomme plongeon à gorge rouge , et l’autre macreuse. Parmi les poissons inconnus en Europe et qui abondent dans les rivières de la. Sibérie, il indique le sterlet , espèce d’esturgeon. « Ce poisson est, dit- il, si gras, qu’on n’a pas besoin d’huile pour le faire frire. Sa graisse est jaune ; on en fait des provisions pour servir dans la cuisine. On ramasse avec soin ses œufs, ainsi que ceux de l’esturgeon ; on les fait un peu cuire dans l’huile, avec du sel et quelques épices du pays. Ces œufs, ainsi préparés, sont connus sous le

1. La relation de ce voyage fut publiée à Paris en 1768, 2 vol. in-4.

nom de caviar *. >• Parmi les animaux sauvages de la Sibérie, l’auteur signale les ours 'et les renards, blancs et noirs, l’hermine, la marte zibeline, le glouton, le renne, et le castor habitant les sources de l’Irlisch, de la Iénisséi et de l’Obi.

Blessée de certaines appréciations contenues dans ce Voyage, l’impératrice Catherine II fit mieux que de les réfuter dans son Antidote du voyage de l'abbè Chapps : elle organisa une expédition scientifique, destinée à faire mieux connaître le grand versant septentrional du continent asiatique. Le principal membre de cette expédition fut P allas ; il avait pour compagnon le neveu du Gmelin de la première expédition. Né en 1741 à Berlin, Pallas s’était déjà révélé comme un zoologiste de premier ordre par ses Miscellanea zoologica (La Haye, 1766 , in-4°; , cju’il fit paraître pendant son séjour en Hollande. La ménagerie du prince d’Orange, riche en animaux rares, particulièrement 'de l’Afrique, lui avait fourni l’occasion d’étudier plusieurs espèces nouvelles ou imparfaitement connues. Parmi ces espèces, on remarque le cabiai du Gap ( cavia capensis ), un écureuil ( sciurus petaurishi) , le sanglier d’Éthiopie [aper ælliiopicus ) , quelques espèces de myrmécophages, une grue [grus crépitant), etc. Ces Mélanges zoologiques sont surtout remarquables en ce qu’on y trouve des vues plus ingénieuses sur la classification des animaux inférieurs, y compris les mollusques, que Linné avait encore confondus sous le nom de iers [vernies)] ils contiennent, en germes, les découvertes qui ne furent faites qu’au commencement de notre siècle.

Les explorations ordonnées par Catherine II durèrent depuis 1768 jusqu’en 1774. L’impératrice faisait publier, à mesure qu’elle les recevait, les cahiers de ses \oyageurs1 2. De retour à Saint-Pétersbourg, Pallas repiit ses

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