‹ Histoire de lécriture dans lantiquitéChapitre 49 sur 79 · ALPHABET DES SIGLES DU TEMPLE · texte numérisé non relu

ALPHABET DES SIGLES DU TEMPLE

L'ancienne écriture hébraïque n'avait pas entièrement abdiqué devant l'écriture araméeiine. La numisinati(jue hébraïque nous présente un phénomène qui a de tout temps attiré l'attention des hébraïsants. A l'époque des Macchabées, alors que l'hébreu carré était déjà devenu l'écriture courante, les monnaies frappées par Simon et ses successeurs ont toutes des légendes en caractères archaïques dérivés de l'ancien alphabet hébreu. Nous retrouvons la même écriture jusque sur les monnaies de Barcochba, dont la révolte amena la ruine définitive du judaïsme, en l'an i3/i après Jésus-Christ.

MONNAIE DATÉE DE L'AN DE SIMON (vERS l/lO AVANT J.-C.)^''.

Sicle d'Israël.

Au milieu: "^W 3[n:]c; = a(i)uo) ii.

Jérusalem la Sainte.

La numismatique grecque nous offre plus d'un exemple de types monétaires qui se sont ainsi perpétués pendant des

'■' Madden, Coins ofthe Jews, London, 1881, p. 61-7/i. Voyez pourtant les attributions très différentes proposées par M. Tii. Rcinacii [Les monnaies juives, Paris, 1888, p. Sg-So).

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siècles. Telles sonl ces moiiiinics de Chios qui ont porté, jusqu'à lY'poque de Sylla, la lôtc d'Alexandre avec la légende AAEIANAPOY BAZIAEQE('). Cette tendance à l'arcliaïsmc s'explique par le désir de ne pas déranger les habitudes couiniercialcs et de faire profiler les émissions nouvelles de la faveur attachée à certaines espèces plus anciennes. Peut-Atre, chez les Juifs, tenait-elle à une autre cause. Les Asmonéens devaient préférer les vieux caractères, qui rappelaient les souvenirs de l'indépendance nationale, à riiéhreu carré, qui était l'écriture des Syriens. Il est dans l'essence de toute restauration de prétendre à la légitimité et de ne pas tenir compte des faits accomplis.

Le souvenir de la vieille écriture nationale s'est conservé longtemps encore, et Origène, qui écrivait vers le milieu du ni* siècle, dit que, dans certains manuscrits de la Septante, le létragrannne sacré, c'est-à-dire le nom de Jéhovah, était écrit avec les anciens caractères hébraïques : aYi'V, et non avec ceux dont on se servait de son temps [Hexapla, I, 86); et il définit cet ancien alphabet [ad Etechtel., IX, 4) en disant que la dernière lettre, le tau, y a la forme d'une croix, définition qui ne s'applique, ainsi que le fait remarquer M. de Vogiié^ à qui nous empruntons

''' Barclay Hend, Ilisloria mimmorum, p. 5i/i. — Babclon, Le» roi» de Syrie, liilrod., p. ii. — Voici quelques autres exemples que me signale M. de Bartiiélemy : A Ciiossus, en Crèlc : Le labyrinllie, du »* au ii* siècle avant J.-C. — A Samos : Tête de lion de face, vi*-iv'. — A Lplièsc : L"al)eillc, vi'-iii*. — A Athènes: Tête de Pallas clcliouelte, vi'-i". — A Égine: La tortue, Tii*-iv*. — A Corinllie : P<5gaso, vii'-iu*. Coin|>aivz aussi les monnaies liimyariles au type de la chouette, portant en exergue : AOE. Nous avons fait quelque chose d'analogue en reprenant, après 1870, le type des pièces de 5 francs de la première R('puhlique.

'*' L'a!phabel araméen et l'alphabet Itébraiju; {Mélanges d'archéologie orientale, Paris, 1868, p. 1 41-170).

toute cette dëmonstration, qu'à l'alphabet de Mésa, des pierres {jravoes et des sicles du temple.

Ces exemples prouvent que l'ancienne écriture hébraïque n'avait pas entièrement cessé de vivre, et ils expliquent certaines particularités des premières inscriptions en hébreu carré, notamment de l'inscription d'Araq-el-Emir. Une écriture ne meurt pas du coup parce qu'elle est remplacée par une autre; elle reste comme un témoin de l'ancien ordre de choses, quelquefois même elle n'est pas sans influence sur les destinées de l'écriture qui l'a supplantée.

Deux ou trois siècles après la ruine de Jérusalem, nous voyons l'ancienne écriture reparaître sous la forme du samaritain. L'alphabet samaritain n'a jamais cessé d'être employé; il est encore en usage dans la petite communauté samaritaine de Naplouse; mais nous en possédons des monuments d'une antiquité assez respectable : ce sont des manuscrits du Pentateuque et des inscriptions, provenant de Naplouse, qui contiennent une rédaction abrégée du Décalogue, ainsi qu'un ou deux autres passages de la Bible'''.

Les manuscrits ne remontent pas au delà du x^ siècle; les inscriptions sont plus anciennes; on a même voulu les rapporter à l'époque du temple de Garizim, qui fut détruit par Jean Hircan I"', l'an 129 avant Jésus-Christ'-'.

'"' Zcitschrift der deulschen morffcnl. Gcsclhchnft, t. XUI, iSSg, p. 275; t. XIV, 1860, p. Gai. Cf. Rodig-er, Journal de Halle, i845, n° q3i, p. 658- C66.

''' Voir p. a 00 et a 0 1 . Les lignes 6-9 ( Deut. , xxvii , 5 et 8 ; xxxiii , 4 ) , qui n'appartiennent pas au D(?calogue, sont une reveudicalion en faveur du culte de Garizim.

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Sans leur prêter une aussi haule antiquité, il est probable qu'elles sont antérieures à la révolte qui eut pour conséquence la destruction de toutes les synagogues des Samaritains et la suppression de leurs privilèges, sous Justinien I", on l'an 5 2 9.

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