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LES DÉRIVÉS DE L'ALPHABET AUAMÉEN

ÉCRITUnE COn^ENNE.

Poul-ôlre l'cilpliabet araméen s'est-il avancé encore plus loin, el peut-(^tre faut-il mettre au nombre de ses dérivés une écriture alphabétique qui se trouve perdue à l'est de la Chine, dans la presqu'île de Corée. L'écriture coréenne présente un phénomène étrange. Tout à côté de la Chine, qui possède le système d'écriture le plus arrêté que l'antiquité nous ait transmis, mélange savant de caractères idéographiques et de valeurs syllabiques, la Corée nous offre un véritable alphabet, distinguant nettement les voyelles des consonnes, ayant même des signes spéciaux pour la transcription des mots étrangers'''. Cette écriture se trace de haut en bas, par colonnes verticales, sans ligatures entre les lettres.

Comment l'idée de l'alphabet a-t-elle pu germer dans le cerveau des Coréens, au contact de la Chine? Cette génération spontanée d'un alphabet, sans aucune préparation, dans un milieu réfractaire où rien ne semblait l'annoncer, déroute toutes nos idées. D'après M. de Rosny, dont les conclusions ont été adoptées par Fr. Lcnormant etTaylor, nous aurions là encore non pas une création, mais un emprunt, et l'alphabet coréen serait un dérivé de l'ancienne écriture indienne, importée aux environs de l'ère chrétienne par des missionnaires bouddhistes.

L'alphabet coréen présente en effet avec l'ancien alphabet pâli lapidaire, dit kioiisa, un certain air de parenté. Or il résulte d'une note de Stanislas Julien, insérée dans la première traduction du Lalila VisUlra de M. Foucaux'*', que,

'"' Voir Fiiulinann, Das Buch der Schri/t (Vienne, 1878, p. 64), auquel t'tl empruiilé noire tableau.

'' Ph.-Eil. Foucaux, [t^ryi tchér roi pa (l,alita Vislûia) t. 11, p. xva-wiii, Parifi, Imp. nnt. , i848.

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dès l'année 65 de notre ère, de hauts fonctionnaires avaient été envoyés dans l'Inde par l'empereur Ming-li, et qu'une traduction chinoise du Lalita fut faite en Chine, entre les années 70 et 76. De Corée, i'alphahet aurait été introduit avec quelques modifications au Japon, et c'est de lui que serait sortie cette écriture indigène, qui y a été usitée jusqu'au moment où les Japonais ont à leur tour adopté, en la simplifiant, l'écriture chinoise.

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