LES POINTS VOYELLES
L'histoire de l'écriture araméenne nous a conduits jusqu'à la constitution des alphabets sémitiques modernes. L'hébreu, le syriaque et l'arabe appartiennent à ce qu'on pourrait appeler la période littéraire de l'histoire de l'écriture. Cette dernière phase de la vie des alphabets sémitiques a été marquée par une création nouvelle : les voyelles qui leur manquaient, les Sémites, aussi bien hébreux qu'arîibes, les ont ajoutées à leur écriture, mais sans jamais leur donner place dans l'alphabet.
Les Phéniciens n'écrivaient pas les voyelles. Les Hébreux paraissent avoir senti cette lacune; jamais ils n'ont réussi à isoler les voyelles, mais l'histoire de leur écriture témoigne d'une tendance h les exprimer d'une façon de plus en plus complète. Ils ont employé primitivement à cet effet, conmie les Grecs, certaines lettres, gutturales ou semi-voyelles, qui se rapprochaient des voyelles pour le son, tout en leur conservant dans d'autres cas leur valeur comme consonnes. La même lettre pouvait donc être alternativement voyelle et consonne. Cet usage , dont on trouve les premières traces, encore fort rudimentaires, dans l'inscription de Mésa , semble ne s'être développé qu'au contact des Araméens; mais alore il reçut une grande extension; on adopta le iod pour rendre l'e et l't longs, le van pour Yo et lu; puis on leur adjoignit des gutturales, YaJef ei, en phénicien, ram; enfin, peu à peu , au lieu de rendre par des consonnes les voyelles Ion-