‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 59 sur 69 · Deir architletnra militare · texte numérisé non relu

Deir architletnra militare

Instruments de physique inventés [lar Léonard et mentionnés parVeuturi. — Un compas proportionnel à centre mobile pouvant tracer un ovale dans un rapport donné à un cercle donné. Dessin de ce compas semblable aux compas à centre mobile d’aujourd’hui. — Appareil destiné à indiquer la constitution et la densité de l’air. D’après le dessin, ou dirait d’un hygromètre. Une tige en équilibre sur une autre avec deux coins aux extrémités, dont l’un, plus sensible A l’humidité de l’air, s’incline sur un arc de cercle gradué. — Autre dessin du Codic(T atlantico ([il. III, lig. 9). — La tige horizontale soutenant h; corps balance, sert de base à un triangle équilatéral dont le sommet est soutenu par un clou mince, à angle tranchant d’où pend un lil A plomh qui se meut suc la tige et indique les de-

grés à droiti' uu à guuchu suivant i|uu l'hiiinidité fait pciicliiT riinc des branches de la tige d’un côté, et la sécheresse élève l'antre de l’autre coté. Sons une des balances {on eor|)s balaiivx?) est écrit : bainbnyia, coton; sous l'autre, eern,cire; le premier attire I humidité, l'autre la repousse. Sous l’appareil est écrit : nujdo di videra i/iiando ritjuarUi el tenijio.

l)cHs Gerli, dessin de Léonard. — L’n masque ou un casque et la casaque dont se couvrent les |>écheurs de perles dans la mer des Indes. Ce cas(pie couvre entièrement la télé et la figure. Il est garni de j)ointes, armes dél'ensives contre les gros poissons. Deux verres correspondent aux yeux. De la Ijoncbc part un Inbe flexible dont rextréinité est soutenue à la surface de l’eau [lar uu disque en liège, et communique par un tuyau avec l’air. AukIcssous de ce dessin, l'écriture renveisce el de droite à gauche de Léonard : Dandar xoUo arqua, siiylwro, ciuinnello.

Auti'C dessin représentant l'bommc flottant à la surface de l'eau, la (Mvitrine an dehors avec une outre ou une vessie, dite : b(ty(t da naoUire do Ijéonard.

Léonard inventa un procédé |)our se soutenir el se diriger dans l’air. Ne connaissant |ias la conslitnlion de l’air, sa densité relative, il observa le vol des oiseaux, il ernl que l’aile de la chauve-souris était l’appareil le plus adaptable à l’homme. Il construisit une aile très-ingénieuse, etc. Dessin.

Suivant Venturi, Léonard eut une idée du balancier des horloges.

Dans le Cwlire ullanlico, on voit plusieurs dessins d’inventions propres à l’industrie ; un soufflet à eau et :\ jet continu (P* 7, 58, 580), des fontaines, des appareils à tirer de l’eau A l’aide de sceaux, et mus à l’aide de la vapeur (P' 500), et même une lkan|ue à marcher contre le courant (P* 255) ; presse à

I, ÈONARD DE VINCI

huile, mise en mouvement par une vis tournée par une main d'homme, puis par un cheval attaché au grand levier. « Cette machine, dit Léonard, pressure si bien les olives que les olives seront comme sèches ; mais sachez que cette presse doit êire plus puissante » (l“ ,V25) ; métier à rubans (P' 350) ; mécanique à tordre les fils (P 359); des marteaux, des niasses à jeter des blocs à l'aide d'un levier (I" 3S9) ; recette pour fondre des médailles (P* 25).

Ainsi, voilà Léonard dans son multiple génie : physicien, algéliriste, géomètre, astronome, mécanicien, naturaliste. Ainsi, il écrit un traité du mouvement local ; il expose la théorie du plan incliné ; il indique le principe des vitesses virtuelles. 11 étudie les centres de gravité de la pyramide et des solides. Le choc dés corps est un ouvrage dont il ne reste que des fragments. 11 invente un dynamomètre ; il observe la résistance de la condensation, le poids de l’air, comme les observera Pascal ; il monte dans l’atmosphère, il forme et défait les nuages*; anatomiste, il suit le vol des oiseaux; mécanicien, il rêve le vol des hommes; hydrologue, il crée des appareils pour nous soutenir sur l’eau. Grâce à lui, nous vaincrons tous les éléments.

' < Quanto l'aria frh più vicina ail' aqua o alla (orra, tanlo ai fa più grosaa. Provasi per la 19" secondo, che dice : Quclla cosa meno si leva che arà in se maggior gravezza, seguita che la pin lieve s'innalza

ENCYCLOPÉDISTE

Il eût remporté le premier prix d’invention et de consli-uction dans une exposition universelle de l’industrie. Ses machines, le Pélion sur Ossa de la mécanique, persistaient à substituer leur action à l’action de l’homme. Ce n’était alors que de la théorie : plus tard, tout cela devint de la pratique. Le nom de l’auteur fut perdu, on ne sut plus que c’était Léonard ; mais ses manuscrits ont restitué à César ce qui est à César. Les manuscrits ont rendu à Vinci ce qui est à Vinci : un odomètre, un laminoir de fer, des machines |X)iir faire des cylindres, des Jimes, des scies, des vis ; d’autres machines jx)ur tondre le drap, pour dévider, pour raboter ; tout ce qui constitue un ancêtre de Jacquart *.

11 veut être utile à tous : il fait un pressoir mécanique, un marteau pour les batteurs d’or, une machine pour creuser des fossés, une machine pour la- Iwurer la terre à l’aide du vent, une roue pour les bateaux ; il touche du doigt à la vapeur** !

Il écrit un Traité de géométrie., comme il a écrit un Traité de peinture. Comme il a appliqué les lois

che la grave. • — ManuscrU.i de Léonard de Vinci, vol. N cl L. Trutlalo delta piUura.

* .Manusci'its de Ldonard de Vinci, N. '

■’ Manuscrits, N et B.j

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de la science et du goîU aux lois de l’arl, il fait s’unir l’algèbre el la géométrie aux idées de la mécanique et de la physique. Il ne veut pas cesser d’être un généralisateur et un synthétiste. Comme il est encyclopédiste avant V Encyclopédie, il est astronome avant Copernic pour proclamer le mouvement de la terre. E pur xi munvel s’écrie-l-il avec Galilée. Il est physicien, les yeux au ciel comme les yeux sur la terre.

Comme les anciens prêtres de l’figyptc et de l’Asie, il sonde tous les mystères du ciel et de la nature ; mais, comme les philosophes de la Grèce, il n’en garde pas le secret pour lui seul. Il en fait l’inslrnction de son siècle, il en fait la fortune de sa patrie, de ses deux patries : l’Italie et la France. Il prodigue ici et là ses connaissances d’ingénieur et ses applications d’hydrologue. Il réduit, au profit de la terre qu’il habite, la mer et les fleuves. Ses digues et ses canaux disent à la mer : Tu n’iras pas plus loin! et aux torrents et aux rivières : Vous irez où je voudrai !

L’imagination si laborieuse de Léonard le faisait artiste et ouvrier de toutes les professions. Il passait

’ On découvre encore dans les manuscrits de Léonard une infinité de questions astronomiques : sur la lune, les étoiles, les marées, presque toute la céleste mécanique.

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(l’un état à un autre avec une verve toute (raterncllc pour chacun. Sa main était pleine de vérités et de lumières, et il l’ouvrait pour tous. Ainsi il est tour à tour, et même à la fois, artiste, ingénieur et ouvrier hydrologiste, marin, jardinier, agriculteur, architecte, meunier, charpentier. Il donne des roues aux moulins, des écluses à la navigation, des instruments à tous les artisans. Il comble les marais, il promène son génie de la montagne à la plaine, il démontre la foudre, et il ouvre le chemin <à Franklin qui nous tlonnera le paratonnerre. Du temps de Franklin, Léonard eût été citoyen des deux mondes.

En Italie, on l’admire sous ses mille métamorphoses, de jHîintre, de caricaturiste, de statuaire, d’architecte, d’ingénieur militaire et d’ingénieur civil, (piand il donne des plans pour fortifier Rome, quand il donne à Milan des systèmes de défense, quand, il veut donner à Florence des sources de fortune et de civilisation ; qu’il rêve de canaliser l’Arno, de traverser la plaine de Prato et de Pistoie, de dessécher les marais du Valdorno, et de dompter la gorge inondante de la Gonfdlina. Mais Florence, mais sa patrie, ne laisse pas bonard faire son canal de l’Arno, et I.éonard dit à Florence : « Ingrate pairie, tu n’auras pas mes œuvres' » Et en France, voyez-le, travaillant

LÉONARD DE VINLI

et ordonnant partout, à Fontainebleau, à lllois, Romorantin, à Amboise, à Tours, où il passe comme sublime compagnon du tour de France.

On pourrait émaillerde notes et de renvois ce rappel sommaire des découvertes et des travaux de Léonard de Vinci dans les sciences physiques, les sciences mathématiques elles sciences naturelles. On imprime ici seulement quelques-unes de ces notes, puisées dans les Manuscrits môme de I^éonard et dans les auteurs italiens qui les ont commentés.

1 . Sur le centre de gravité de la pyramide : « Commaiidin et Maurolycus s'étaient, jusqu’à présent, disputé cetle découverte, qui e.st due à Archimède ; mais comme il ne reste qu'une vague indication des recherches laites sur ce sujet par le grand gi'-omètre de Syi acuse,on n’en a jamais parlé, et les modernes s’eu sont altiibué l’honneur. Le peintre toscan est le premier qui s’en soit occupé depuis la Renaissance. Il y revient à plusieui-s repi ises: lorsqu’il s’agit d’un système de corps, il cherche d’abord le centre de gravité de cliaque corps, pris séparément, et puis par le principe du levier, il combine ces corps deux à deux, et il trouve le centre des force,< parallèles, qui est en même temps le centre de gravité du système {Max. de Leonard de Vinci, vol. N, f* 72, 83, 85; vol. A, f“ 35, etc.). Dans le volume F (1*' .'^>3), il détermine le centre de gravité de la pyramide, qu’il place, comme cela est en cflèt, au quart de la hauteur de la droite qui joint le sommet au rentre de gravité de la base : la ligure qui accomi>agne sa note prouve que Léonard décomposait

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les pyramides en plans parallèles à la base, comme on le fait à présent. » — Libri.

2. Sur le thnc des corps : a Una potentia ridotta in picrotcnip. » ManmrriUt de Léonard de Vinci, volume. N.

7). Sur les expériences du frottement ; Maniiscriti, vol. N.

Sur l’impossibilité du mouvement perpétuel : ManuscriU, vol. A.

5. Sur l'effet des machines et l’invention du dynamomètre • Trnltato delta pittura, page 1 i8.

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