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UVRE DOUZIÈME

Après le départ des pères du concile, l'animosité des bourgeois et des chanoines se ralluma de nouveau. Les premiers, plus riches, plus indépendans, ne cachaient point leur profond mépris pour les vassaux de l'église ; ils n'ignoraient pas que le chapitre et l'archevêque Aymar, récemment élevé sur le siège de Lyon , se proposaient de rétablir l'ancienne administration judiciaire , cette institution théocratique qui avait livré le pauvre peuple, durant tout un siècle, à l'avidité* des officiers de deux tribunaux différens. Les seconds, enorgueillis des faveurs pontificales, se croyaient déjà maîtres de l'antique influence du clergé lyonnais; mais le pape, qui séjourna presque trois ans dans la ville, mit un frein aux passions des deux partis. Il aimait les seigneurs deSaint-Just; il voulait la prospérité des citoyens: avant de les quitter pour retourner en Italie, il chercha à consolider la paix en détruisant la cause principale de tant de guerres désastreuses. On l'avait pris pour arbitre ; il prononça une sentence solennelle , tant en vertu du pouvoir

que lui donnait sa dignité, que de celui qu'il tenait du compromis1.

Elle était à peu près conçue en ces termes : « Nous, souverain pontife de l'église catholique, « apostolique et romaine, d'après les pouvoirs « qui nous ont été librement confiés , ordon- « nons, statuons et déterminons qu'il n'y aura « plus à l'avenir qu'une seule cour et un seul « tribunal de justice séculière dans la ville de « Lyon. L'archevêque nommera le président, les « juges et le greffier, en les faisant toutefois « agréer par le chapitre assemblé selon les foret mes accoutumées. La nomination des employés « subalternes ne sera point soumise aux mêmes « formalités ; le président pourra les désigner. « Tous les officiers du tribunal prêteront ser- « ment, au nom de l'archevêque et du chapitre, « de remplir leurs fonctions avec conscience et « loyauté. Le chapitre, en compensation des bé- « néfices que lui rapportait la juridiction tempo- « relie, recevra chaque année, du trésorier de « l'archevêque, la somme de cent cinquante li- « vres viennoises. Le dernier sénéchal recevra « cinquante livres; et après sa mort, cet office, « qui a causé tant de querelles, sera supprimé. « Nous défendons surtout aux chanoines d'avoir « ni prisons, ni cachots, ni huissiers. Que la ma- « lédiction du ciel, que la colère de Dieu, que le

» Années 127;') et 1276.

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