PARIS
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Anne-Claude-Philippe de Tubière, comte de Caylus, l'auteur de /'Histoire de M. Guillaume, COCHER, qui prend place aujourd'hui dans notre collection des Conteurs du xviii*^ Siècle. né à Paris en lOg-J, mort en 17 65, était le fils de cette spirituelle Madame de Caylus, « cet Hamilton femelle » comme l'appelait Sainte- Beuve, qui a écrit d'une manière si délicate, si fine et si brillante les Mémoires que tout le monde connait.
A rage de dix-sept ans, le jeune comte de Caylus entra dans les mousquetaires, et se distingua à la bataille de Malplaquet. Mais, ses goûts l'attirant vers l'étude des antiquités et des beaux-arts, il prit sa retraite de bonne heure et entreprit de longs voyages en Italie, en Grèce et en Orient. Il rapporta de ses pérégrinations de nombreux et riches matériaux qui lui permirent de se livrer avec passion à l'étude des beauxarts et surtout de la gravure. Ses travaux lui ouvrirent les portes de l'Académie royale de peinture et de sculpture, puis celles de l'Académie des Inscriptions.
Par ses recherches et ses nombreux ouvrases. Caylus rendit de grands services à l'archéologie
AVAX r-PROPOS
et à l'histoire de l'art, quoi qu'en ait pu dire Diderot qui, en apprenant son décès, s'écria, diton : « La mort nous a délivrés du plus cruel des amateurs ! » et à qui l'on attribue l'épitaphe suivante :
Ci-gît un antiquaire acariâtre et brusque.
OiU qu'il est bien logé dans cette cruche étrusque!
Cependant Caylus n'a pas écrit que des ouvrages d'art. Il se reposait de ses études et de ses travaux sérieux en composant des opuscules légers et badins qui eurent un assej vif succès lors de leur publication.
Créateur de la littérature populaire du XVIII" siècle, il « écoute, disent MM. Jules et Edmond de Concourt, et regarde tous les jours par sa fenêtre, ou, se promenant, par les rideaux des cabarets, par les portes des fruitières, par les portières des fiacres, par les trous de toile de ce grand spectacle : la vie de Paris. » Et cette vie, il la conte dans un style volontairement négligé qui ne manque pas d'une certaine drôlerie.
L'opuscule le plus amusant et le plus typique de Caylus est cette Histoirk de M. Guillaumf, que nous rééditons aujourd'hui, et qui, croyonsnous, divertira, par sa note franchement originale, tous ceux qui la liront.
Nous y avons joint plusieurs contes et facéties tirés ça et là d'un recueil de fantaisies de genres variés publié par Caylus, sous le titre de Les étrennes de la Saint-Jean.