LETTRE XXXIV
Mon Dion, qu'il y a longtemps , mu bonne mère, que je n'ai reçu de tea nouvelles I Cette disette est ce qui m'» le pins contrarié durant tout le temps que J'nlcté forcé de passer à*". Si je n'avais compté partir de jour en jour, je t'aurais priée de m'y adresser tes lettres. Me voilà affamé d'arriver à Cologne pour en recevoiret eu dévorer trois ou quatre. Alusl que je te l'ai dit . j'ai été forcé rlr: séjourner h ***, ne pouvant monter raa bëte malade et n'ayant pas de quoi prendre la diligence, car je ne connaissais pas un chat à qui je pusse emprunter. Il est bien
qu'un, mais tu vas comprendre que ce quelqu'un était lu dernière personne du monde à qui Je pusse m'adresscr honorablement.
Je t'ai dit que M. ***, à la femme duquel j'étuis recommandé, m'avait pris eu amitié et un von lait [ilns un hi'.ssff sortir Ai lui , nu j t'liis ciimi: lr piiiSM-nr. dans l'eau. C'est ,iri homme fo/L «ai i;t fort aimable; mais, blnsé sur le spectacle de Paris,
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CHANTRTÎ DIXIÈME. «3 il ne va point à iselui de ***, et il me chargeait toujours d'y conduire sa femme et sa belle-sœur. Les habitants, peu éblouis par mon uniforme de soldat, se mirent l'esprit à la torture pour deviner comment ua simple chasseur était le cavalier servant de deux merveilleuses de Paris, qui en province sont au premier rang, M. *", qui aime à railler, leur dit que j'étais simnie soldat, il est vrai, mais que je m'étais déjà couvert degluire; que j'arrivais de la eamfiacne d'Egypte, où j'avais été couvert de blessures; que j'étais revenu avec l'aide de camp de Buonaparte; que j'allais, de la part de Ce généra], trouver Masséna au Rhin, mais qu'en chemin mes blessures s Yl aient nniic::» tt que j'avais été force du m'arréter chei lui. Mes dindons vinrent alors avec admiration me questionner sur la campagne d'Egypte; et me voilà forcé do leur débiter des histoires de l'antre monde, saus hésiter et sons rire. Je leur faisais la description des déserts de l'haran comme si j'y avais passe ma vie, et j'inventai le récit de la mort d'un cheval à mui que les crocodiles avalent dévoré sons mes yeux, récit qui eut un succès incroyable et qu'il me fallait recommencer dix fols par jour. Quand j'arrivais à l'article de mes blessures, on voulait les voir, et j'étais forcé de me retrancher derrière ta présence des dames pour 11c pas recommencer la scène de Mascarille; enfin 11 y eut un de mes auditeurs qui, touché jusqu'aui
I:irmes, me <!f':iinn.!ii .111 j.mr lu iwrmï^on île m 'embrasser. I! y aurait de quoi faire mi v;im:1ki '.lie ;nn cela et avec le resta de mon aventure, comme tu
Ces [lames H]!';'])t yilininii'i fui' il-.' iir'-.nils in;r.i. (l'csloriiiiL 1 pour s'rlif- Inip ri ll-IMl-v^ ce rire présence de m . ■ 1 1 ;iii:iil.iiirp. Mes pn>c mmirlei leur Ircul ivoire j'.ivi'is b:'iniC'i:-|) d'e-p 'il ; l:i iiusilti e, le jeunesse, que sais-jel... si bien que me voila entre h* Ji-u-i m.i 1.1 -s, 11c ■.eidieel n l.i..pielle entendre, et ma chanolnesse hrnehant sur le tout dans mon pauvre cœur. CVtalt trop de résister à deux beautés présentes pour une absente. Je cédai bus beaux yeux de madame"*. Elle m'avait prié de lui faire un dessin snr ses tablettes d'ivoire, ma raricature retournant A Cologne sur mon cheval malade. Je la (1s en effet, traversant de mauvaise gr'ce un pont d'enfer; derrière mol, laissant des fleurs et des arbres, marchant vers une rive stérile et des rochers couverts de neige, quittant enfin le printemps pour retrouver rhiver à Cologne. 0 ma chattoinpsspt je (1s ce blasphème et ce mensonge sans y songer, et si vous aviez été lè pourtant, je me serais jet* A vos pieds, je vous aurais chanté:
Que ta viens a propos pour terminer raa peine' Enfin nipB maudits dessins, mes romances, mes llistolws d'Éfrypte, mon plumet , mon dolman, pré-
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