CHAPITRE V
de Lennox , qui arrivait avec un cortège d'amis et de clients en armes, reçut Tordre de n entrer dans Edimbourg que suivi de six personnes, et il se retira ^ L accuse, le comte de Bothwell, se présenta d*un air assuré et confiant devant la cour de justice. Monté sur le cheval favori du roi *, entouré de gardes, il se rendit au Tolbooth escorté par une foule de gentilshommes qui l'y accompagnèrent avec une obséquieuse bassesse. En passant devant la reine, qui était avec lady Lethington à Tune des fenêtres du palais d'Holyrood, il se tourna vers elle et elle lui fit un aimable signe d adieu '. Marie Stuart s'associa tout aussi ouvertement à sa position en lui envoyant, avec plus d'impatience que d'anxiété, un message pendant qu'il était devant ses juges ^.
Elle ne pouvait, en effet, avoir aucune inquiétude sur le résultat de cette poursuite dérisoire. La séance de la coui* de justice ne fut ni longue ni incertaine. Après que l'acte d'accusation, qui inculpait Bothwell sans le charger réellement , eut été lu , le comte de
* Lettres du 15 avril de Forster à Cecil et de Drury à Cecil au St. Pap. Off. , et dans Tytler, t. VII, p. 99. —AndersoD, vol. II, p. 98 et 107,
* Drury à Cecil, 19 avril 1567, dans Tytler, t. VII, p. 101.
* « Nor did escape their notice, tbat as Bothwell rode past , Mary gave hîm a friendly greeting for a farewell. « Tytler, t. VII, p. 98,
* Drury à Cecil, 19 avril et avril sans date, au St. Pap. Off., et dans Tytler, t. VII, p. 101.
Lennox fut sommé de le soutenir. Un de ses serviteurs, Robert Cuningham, comparaissant à sa place, exposa les raisons qui avaient empêché le comte son maître de se présenter, et déclara qu'il était chargé par lui de réitérer laccusation de meurtre contre le comte de Bothwell et de réclamer un délai afin d'en apporter les preuves. Sur le refus qu'éprouva sa demande, Cuningham protesta contre toute sentence qui absoudrait <« des personnes notoirement connues, dit-il, ainsi que l'allègue mylord mon maître, comme les meurtriei's du roi', » Les avocats de la couronne se turent , à la grande désapprobation du peuple , et Bothwell ayant plaidé » sa non-culpabilité, n fut acquitté d'une voix unanime en l'absence de toute charge '. Alors , cet audacieux défia , dans un cartel public, ses accusateui*s, et offrit de maintenir son innocence par la voie des armes contre quiconque oserait encore la contester *.
Après cette absolution aussi scandaleuse que prévue, Marie Stuart, ajoutant de nouvelles faveurs à celles dont elle avait naguère comblé Bothwell , lui
* Sa protestation est dans Keith , p. 376. « Keith , p. 377.
* u Bothwell immediatly after the triall set up a cartel of défiance, he would fight any one (cxcept a defamcd person), who accused Iiini of the kinç's death. » Drury à Cccil, avril 1567 ; dans Tytler, t. VU, p. 453 , Proofs and illustrations, n» V. — Roherison, t. II, liv. n.