‹ Histoire de MélanChapitre 41 sur 124 · NEUVIÈME PRIEURE CONNUE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME PRIEURE CONNUE

A maison de Chissé est originaire de la ville de as Sallanches. Son illustration remonte au temps des sé barons de Faucigny et des dauphins de Viennois. Elle forma dans la suite plusieurs branches qui s’étendirent en Savoie, en Dauphiné et en Bourgogne. Quatre glorieux membres de cette famille, Jean, Rodolphe, Aymon I‘, Aymon II, se succédèrent sans interruption sur le siège épiscopal de Grenoble de 1338 à 1450. Aymon I‘ était frère de Péronne de Chissé épouse de Pierre II de Sales, septième aïeul du saint évèque de Genève. Ce fut encore un de Chissé, François, vicaire général et neveu de Mgr Claude de Granier, qui alla lui-même à Rome solliciter de Clément VIII, en 1598, la nomination de François de Sales comme coadjuteur de son oncle.

Hélène était prieure de Mélan pendant que son parent Rodolphe occupait le siège épiscopal de Grenoble. Nous regrettons que Dom le Couteulx ne donne aucun détail sur l'administration intérieure de cette prieure. Il parait assez pauvrement renseigné. « La liste que nous a communiquée le monastère, dit-il, la fait succéder à Hélène Dufrénay. Elle dirigeait Mélan en l’année 1371. »

Heureusement, l’'Inventaire des archives du monastère nous permet de combler en partie cette lacune. Nous y trouvons d’abord divers actes ordinaires d'administration, puis plusieurs donations faites au monastère vers cette époque.

Par une reconnaissance du 30 avril 4371, Perret et Mermet Plotz, du Vivier, déclarent devoir à Mélan un bichet de froment annuel, mesure de Cluses, pour un pré en Montluez, territoire de l’Arénier. S'ils meurent sans enfant, ou s'ils passent trois ans sans payer ledit servis, le pré rentrera en la possession de Mélan!.

Le 1” février 1372, Anserme de Châtel, de Saint-Jean-de-Tholome,rétrocédait à Mélan une pièce de terre, située au territoire de Bergier, dans laquelle se trouvaient maison, bois, arbres et autres appartenancesi.

1'Inv., E. 18; f° 21. — 2 Inv., N. 6; f° 50.

La même année et le 9 du même mois, Aymon Passerat, de Taninge, vendait à la chartreuse et à Raoul Goudard neuf poses de terre au Pradely, lieu dit au Bettav. Quelques jours après, Goudard cédait sa part à Mélan, et le 16 août suivant, Amédée, comte de Savoie, approuvait les susdits actes et investissait Mélan dudit pré!.

Le monastère complétait cette acquisition le 7 juin, en achetant de Mermet Pignat le mas de la Molliettaz,soit Bettay, contenant environ douze poses de terre. Jarquemet de Castro, not'*.

Cependant une fondation princière était faite au couvent. Elle dut causer le plus grand bonheur aux pieuses moniales, car elle venait du souverain lui-même. Le 23 mars 1374, le comte Amédée VI de Savoie fondait à Mélan une chapelle et des prières pour le repos de l’âme de ses prédécesseurs. À cette fin, il constituait à la chartreuse vingt sols gros tournois, valant vingt florins, payables annuellement à Noël, moitié par le châtelain de Bonneville, moitié par celui de Sallanches”. Nous pensons que la chapelle du Comte-Vert est celle que Mélan possède encore aujourd’hui sous le vocable de Saint-Joseph. On y remarque, sculptées au-dessus d’une belle porte d'entrée, les armes de Savoie, sommées d’une couronne de marquis.

# Inv., F.3;: f° 22. 2 Arch. de Mélan et Inv., F. 4; f° 22. — 1 Inv., A. 20; f° 4 ; K. 12; f- 536.

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Portail extérieur de la chapelle actuelle de Saint-Joseph.

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