VICAIRE : D. BARTHÉLEMI DE LA FONTAINE
A famille de Thoire nous avait donné déjà, en 1542,
une prieure, Claudia, qui gouverna deux ans à peine.
Le priorat d'Hugonie, malgré sa durée de sept ans, n'offre aucun acte bien remarquable. La vertueuse prieure avait fait profession à Mélan vers 1507. Agée d’au moins 65 ans lorsqu'elle fut appelée au priorat, elle avait traversé les épreuves morales et matérielles du monastère sans faiblir un seul instant. Sa prudence sut apaiser les dissentiments qui depuis trop longtemps divisaient la communauté. Son règne fut paisible.
La vénérable Mère était d’ailleurs secondée dans cette œuvre pacificatrice par le vicaire D. Barthélemi de la Fontaine, que D. Le Couteulx, sans préciser la date de son vicariat, fait succéder à D. Jean Bonet. D. de la Fontaine était profès de Saïinte-Croix-en-Jarez où il mourut sous le titre d’ancien fantiquior) en 1585. Il avait été prieur de Calais. Le Catalogue ajoute qu'il vécut louablement dans l'Ordre pendant plus de 50 ans.
Voici l’analyse des actes d'administration extérieure passés sous le priorat d'Hugonie de Thoire.
Le 4 octobre 1536, noble Philibert de Mandolle vendait à la chartreuse de Mélan un quart de fossorée de terre aux Bochilles (près Taninge). Signé : Montan, notaire.
Mélan avait droit sur la dime du vin à Cormat (Châtillon). Claude Famelloz, habitant de cette dimerie, par transaction du 20 novembre 1559, promit de payer sa part à raison de 4 pots par chevalée?, La chevalée étant d'environ 444 litres et le pot de 2 1. 25, la dime imposée sur les vignes de Famelloz était donc d'environ 1 sur 46.
1 Inv., À. 27; f°6.
2 Inv., K. 25; f° 37.
Le 21 août 1560, par acte signé Mermet notaire, Jean Saddoc promettait de payer à la chartreuse la dîime d'une terre nouvellement ensemencée aux Esserts, dimerie de Cellières. Cet acte prouve que Mélan percevait à Cellières la dime non seulement des vieilles terres, mais encore des novales!{.
Raoul et François Burtin possédaient par indivis buit poses de boispâquéage en la Sya (Pradelis). Ils en vendirent à Mélan une moitié le 26 octobre 1559, et l’autre moitié l’année suivante. Pierre Mermet, notaire. Le sérénissime duc de Savoie investit le monastère de cette nouvelle acquisition par patentes datées de 15641.
Comme les albergataires, les décimables et autres débiteurs contestaient trop souvent les droits de Mélan. La prieure et le vicaire supplièrent le souverain de Faucigny de vouloir bien confirmer les privilèges et tous droits accordés audit couvent par ses ancètres et prédécesseurs dans la baronnie. Le 20 décembre 1561, Jacques de Savoie, duc de Nemours et baron de Faucigny, accéda à leurs désirs, approuva, ratifia et confirma les privilèges que ses prédécesseurs « pour motifs de piété et à titre d’aumônes avaient octroyés audit monastère, afin que Mélan ne fut plus ci-après empesché en la jouissance d’iceux biens *. »
Six religieuses moururent sous le priorat d'Hugonie de Thoire : Humberte Plysson, qui vécut louablement dans l'Ordre 52 ans, morte en 1558 ; Marguerite Sangury, en 1561 ; Jeanne de Christian, en 1562; Claudine d’Angeville, Jeanne de Cornillon et Ayma Garod, en 1563.
Cette mème année, s’éteignit la pieuse prieure. Elle avait rempli sa tâche avec succès et mérité l’éloge que lui décerna le Chapitre général de 1563 : « Mère Hugonie de Thoire est morte ; elle a vécu louablement dans l'Ordre durant 56 ans. »
1 Inv., C. 30; f 12.
Riov.,. NULS PES 3 Copie de l’acte, Arch. de Mélan.
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