‹ Histoire de MélanChapitre 7 sur 124 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Es sites Îles plus pittoresques du Fau-

cignv (Haute-Savoie), la vallée du Giffre

se place aux premiers rangs. Que l’on se figure un vaste berceau dont le pied situé à l’ouest serait formé par des mamelons et des montagnes qui se succèdent en étages, et bornent insensiblement l'horizon. De chaque côté, deux sommets hardis : au nord-ouest le pic de Marcellv, au sud-ouest la pointe d’Orsuix, semblent veiller sur ce berceau.

Puis, du couchant au levant courent deux puissantes collines formant les bords de cette vallée : au nord, la colline de Loy, plus boisée, plus solitaire, sillonnée de nombreux couloirs ; au sud, Îa colline d’Avy, à la pente douce et verdoyante, parsemée de hameaux qui cherchent la fraîcheur à l’ombre des arbres fruitiers ou des riants bosquets qui la décorent.

Enfin, tout à l’est, au chevet du berceau, se dressant dans sa majestueuse grandeur, appuyée sur ses immenses contreforts, une montagne aimée du touriste : le Buet. La tête de ce géant (3109") est couronnée de neiges éternelles ; à ses pieds, le long de noirs rochers escarpés pleurent nuit et jour les merveilleuses cascades de Sixt. C'est là

Di

que prend sa source le Giffre, rivière au cours superbe qui traverse la vallée, reçoit le Foron, torrent descendu des monts du nord-ouest, et s'enfuit avec lui à travers les mamelons qui enguirlandent le pied du berceau. Telle est la vallée du Giffre.

La ville de Taninge au pied du pic de Marcelly, les villages de Rivière-Enverse et de Morillon au bas du chaînon de la Pellaz, le village de Sixt et la ville Samoëns au pied des contreforts du Buet, enfin, le village de Verchaix, prolongement oriental de la colline de Loy, sont les centres de population qui animent aujourd’hui cette contrée.

La vallée a sa plus grande largeur à sa partie occidentale, 1530 mètres. Au centre de la plaine qui s’y déroule, ct à cinq cents mètres de Taninge, on remarque un vaste groupe de bâtiments dont le principal est surmonté d’un campanile : c’est Mélan (altitude 629"), d’abord Villa princière, puis Chartreuse, enfin Collège et Petit Séminaire du diocèse d'Annecy.

Aucun historien n’a encore écrit la monographie de ce paisible séjour. Mélan fut dès l’origine un asile de bonheur dans la solitude. Or, « les

! Le mot de #élan est d’origine celtique et signifie pays du milieu. 11 se latinisa sous la forme de #ediolanum. D’après les lois de formation de la langue française, les syllabes non accentuées disparurent et #édiolänum donna Mélan.

Nous avons trouvé en Savoie huit localités portant le nom de Mélan, plus ou moins altéré, les voici : Dans la Haure-Savoir : Wélan (notre Chartreuse); #alan (hameau de Fillinges); Malan dessus et dessous (commune de Bonne); Hélon (commune de Bellevaux); #élon (commune d’Abondance). — Dans ces contrées an se prononce souvent on. — Méla (Reignier).

Dans la Savoir : Mélian (Mont) ; Miolans.

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