T. TL
Monsieur. Il désirait avoir un homme à sa dévotion, qu'il pût diriger; non qu'il attachât une grande importance aux questions étrangères, qu'il connaissait mal. Il pensait que la France avait, par son intervention en Espagne, donné toute satisfaction à la Sainte-Alliance, qu'on n'avait plus rien à exiger d'elle. Ce qu'il cherchait avant tout, c'était un homme dont le concours lui fût assuré dans le conseil.
M. de Damas était devenu impossible au ministère de la guerre; il était difficile de le congédier, il était eu grande faveur auprès de Monsieur; sa piété exaltée lui avait mérité l'appui de la toute-puissante Congrégation. M. de Villèle n'avait donc pas hésité à le proposer au Roi.
M. de Clermont-Tonnerre passa du ministère de la guerre au ministère de la marine, M. de Chabrol, directeur général de l'enregistrement, le remplaça. Le duc de Doudeauville fut nommé ministre de la maison du Roi, et le marquis de Lauriston, qui avait déjà été récompensé de ses services par le bâton de maréchal et le cordon bleu, reçut comme dédommagement du ministère qu'on lui retirait la place de grand veneur.
Vinrent ensuite les grandes directions qui se trouvaient vacantes, l'enregistrement et les postes. La première fut donnée à M. de Martignac, la seconde à M. de Vaulchicr; M. de Castelbajac, directeur des haras, de l'agriculture et du commerce, passa à la direction générale des douanes. Il fut remplacé par M. Sirieys de Mayrinhac.
Parmi ces nominations, plusieurs étaient fâcheuses; elles n'étaient motivées ni par les services rendus, ni par des connaissances spéciales. Rien n'a plus nui au ministère de M. de Villèle que la légèreté avec laquelle il livrait les plus importantes administrations à des hommes n'ayant d'autre titre que la protection de Mme du Cayla, ou les obscurs services rendus dans les couloirs du Parlement. Les choix des préfets et des sous-préfets ne furent ni plus heureux ni plus justifiés.