‹ Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier (volume 5)Chapitre 61 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Fin de l'occupation française en Espagne ; convention conclue avec le gouvernement espagnol le 30 décembre 4828. — Situation de la Grèce ; les Égyptiens évacuent la Morée ; la politique française en Orient en 4828. — Blocus d'Alger. — Don Miguel accepte la couronne de Portugal et prête serment à une constitution qu'il ne tarde pas a supprimer; appréciation de Charles X sur son compte. — Constitution de deux commissions d'enquête sur l'état des voies de communication et sur le régime commercial de la France. — Mouvement dans les ambassades. — Voyage du Roi dans les départements de l'Est et de la duchesse de Berry dans le Midi. — Mémoire présenté au Roi par le cabinet. — Épuration du Conseil d'État. — Négociations relatives à la délimitation du nouvel État grec. — Victoires des Russes sur le Danube. — M. de La Ferronnays quitte le ministère ; le choix de son successeur donne lieu à de nombreuses intrigues ; le Roi veut introduire M. de Polignac dans le cabinet; opposition de M. Portalis. — M. de Polignac, appelé par le Roi, vient à Paris et cherche à constituer un ministère; il s'adresse à M. Pasquier qui lui refuse sa collaboration; ses tentatives restent infructueuses, et, sur la prière des ministres, le Roi le renvoie à Londres. — Discussion de l'adresse.

L'occupation française en Espagne durait depuis 1823. Il était temps d'y mettre fin et de savoir si le gouvernement de ce pays pouvait se suffire à lui-même. Déjà les troupes qui occupaient la Catalogne s'étaient retirées ; on ne pouvait laisser plus longtemps celles qui occupaient Cadix. L'évacuation définitive commença dès le mois de juillet, par l'embarquement de deux régiments qui furent transportés à Toulon. Le reste des troupes, cinq à six mille hommes de toutes armes, se mit en route à la fin de septembre, sur quatre colonnes qui traversèrent ainsi l'Espagne dans toute sa longueur et rentrèrent en France par Bayonne. Nos soldats furent partout accueillis avec la plus grande cor-

fois, sur l'arrivée de ce patron à la tête des affaires. M. Portalis père, ministre des cultes sous Napoléon, l'avait accueilli avec bonté dans sa jeunesse ; il était resté un des habitués de sa famille ; il est très probable qu'il chercha à convertir M. Portalis à l'idée de faire entrer M. de Polignac dans le ministère. Dès son retour à Paris, après la clôture de la session, M. de Polignac trouva le terrain bien préparé et n'eut pas de peine à reprendre sur l'esprit du Roi l'influence qu'il avait eue autrefois.

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