CHAPITRE VI
RG n'ai pu savoir le nom des premiers à d'abbés de Montauriol, et je dois par Da conséquent commencer leur chrono-
RS logie à Hugues qui vécut sous Louis d'Outremer et sous Lothaire, ainsi que le justi-
fient les archives du Chapitre , pendant les années
955 et 955.
Bazile lui succéda, en 961.
Hugues, second du nom, en 965.
Géraud, en 997.
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& Les plus anciens documens qui nous restent sur l'Abbaye de Montauriol, sont les lettres confirmatives des priviléges et immunités de ce couvent, adressées par le roi Robert (996—1051 )à Géraud, 5.° abbé connu. Voici cet acte, tel que nous le trouvons dans Perrin :
« Robertus, gratià Dei, Francorum rex atque Aquitanorum , etc. Quia vir venerabilis, Geraldus, abbas monasterii quod dicitur Mons-Aureolus , quod est constructum in honorem sancti Martini præsulis, ubi requiescit Dominus ac Domino dicatus archipræsul Theodardus, et ubi vigent ejus virtutes, et estsitum in pago super fluvium Tesconis, alveum Tarni, quod olim Dominus Pipinus, rex Aquitanorum, construit, — obtulit oculis nostris aucthorilatem immunitatis Domini et antecessoris nostri, Ludovici serenissimi Augusti, in qué erat insertum quod non solum idem ipse Augqustus, nec non et prædecessores nostri reges ; prædictum monasterium ° ob honorem Dei, tranquillitatem fratrum ibidem consisientium , semper plenissimam tuilionem et immunitalis defensionem habuissent 3 sed pro rei firmitate postulavit prœdictus abbas , nomine Geraldus, immumitatis præceptum tale, quod ill libenter prœæbuimus. Datum Aginni (*). $
"} «Robert, par la grâce de Dieu , roi des Francais et des Aquitains , parce
Arnaud, en 1003.
Arnaud, second du nom, en 1061.
Hugues, troisième du nom, en 1121.
Albert, en 1144, lorsque Montauban fut fondé.
Amelius, en 1149 ; il passa avec Raymond la transaction de la sixième férie du mois de mai de la même année.
Guillaume de Sévérac, en 1176.
Gaillard, en 1187. |
Guillaume, second du nom , en 1191.
Raymond Dazemar, en 1205 ; il mourut dans la prison du comte Raymond VI, en 1212.
Robert, en 1215.
Arnaud , troisième du nom, en 1219.
S I] n’existe, dans nos archives, aucun acte
que le vénérable homme, Géraud, abbé du monastère appelé Montauriol, — qui fut construit en l'honneur de saint Martin, évêque , — où repose le seigneur et saint archevêque Théodard , qui y a laissé la bonne odeur de ses vertus,— lequel monastère, bâti autrefois par le seigneur Pépin, roi des Aquitains, est situé sur les bords du Tescou, près de l'embouchure du Tarn, — nous à présenté la charte d’immunité dont le seigneur Louis, Sérénissime Auguste, notre prédécesseur, gratifia ledit couvent, — dans laquelle charte il était fait savoir que , non seulement le susdit Auguste , mais aussi tous les rois, nos prédécesseurs, avaient toujours tenu ledit monastère en leur pleine sauvegarde et protégé ses immunités, pour l'honneur de Dieu et la tranquillité des frères qui y résident ; — et comme ledit abbé Géraud , pour la confirmation du fait, nous a demandé une pareille charte d'immunité, volontiers
nous la lui avons accordée. »
relatif à l'administration de Guillaume de Sévérac, de Gaillard, de Guillaume , second du nom, et de Raymond d’Azemar. Il est vrai qu'ils vécurent à une époque désastreuse pour les provinces de la Langue-d'Oc, et particulièrement pour notre Abbaye. La guerre Albigeoise avait tout mis en feu; le Midi et le Nord s'étreignaient , se roulaient, sanglans, dans cette terrible lutte,
où l’un des deux devait rester. Ce n'était pas le
temps de faire des compositions sur la dîime, des réglemens sur les mariages. Les Capitouls et luniversité de Montauban nétaient guère, non plus, disposés à transiger par-devant notaire. Tandis que l’évêque de Cahors, Guillaume dé Cardaillac, le heaume en tête, les éperons aux pieds, s'escrimait contre les Albigeois, à grands coùûps de son épée de Comte, les moines de S'.-Théodard, moins puissans ou plus pacifiques , tremblaient dans leur Moûtier solitaire, à quelques pas de cette ville, dont l’hérésie avait fait un de ses plus redoutables boulevarts. «Nos abbés, dit » Perrin, avaient estrangement à pàaur de l’en- » ragée fureur des hérétiques. »
Les Albigeois, en effet, étaient nombreux et maîtres dans Montauban.
Si nous devons ajouter foi aux narrations si
naives du chanoine , la ville et PAbbaye commençaient à ne plus se voir d'un aussi mauvais oil ; les souvenirs de la révolte s’effaçaient. «Les habi-
tans de Montauban travaillaient à s'approcher du lieu des prières et d’oraison....… Mais Satan ne resta pas à machiner leur ruine, suscitant certains libertins dans la province de Tou- Jouse , et principalement dans la ville d’'Alby. Sous le faux tiltre de bons-frères, 11s persuadoient en cachette une mauvaise croyance aux vrays et fidèles chrestiens. »
« Guillaume de Sévérac fut- dans lestonnement , se craignant de leur légèreté... Gaillard, qui lui succéda, Guillaume Il, qui gouverna ensuite l’église, et Raymond d’Azemar , qui fut son immédiat successeur, n’en eurent-:ils pas plus de sujet, Les voyant, déjà de leur temps, souverains dans Montauban? Ils ne voyoient, sous l'administration de ces pernicieux, que corruptions dans la ville ; les habitans, protégés du Comte, ne pensoient qu'à tout ruiner; ils menaçoient de pillage l'Abbaye ; les moines ne s y trouvaient plus asseurés ; ils étoient dans la souffrance, de mesme que les vrays fidelles dans toute la province, car tout le Quercy en était tellement malctraïté, qu'on n’y voyoit que désordre. »