‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 108 sur 263 · DEVANCIERS DE MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

DEVANCIERS DE MONTESQUIEU

annales comme un individu, et le suit de renfance à la jeunesse et de la jeunesse à Tàge mûr. C'est un véritable panégyrique c à la fois vague et concis, comme dit Villemain, dans un style épigrammatique et brillant ».

Montesquieu a dû lire avec bien du soin aussi Tauteur des Discours sur Tite-Live. Machiavel, élevé à l'école des gouvernements du quinzième siècle, développe dans cet ouvrage la théorie du succès et la justifie par des exemples, faisant plus de cas de l'expérience que des principes. Jamais Rome n'avait été le prétexte de réflexions politiques, diplomatiques et militaires aussi profondes et aussi sceptiques.

Paruta^ était un homme d'État vénitien du seizième siècle. Le premier livre de ses Discours traite de la constitution des gouvernements de l'antiquité. Il établit notamment, par des considérations sages et él^ vées, que les rois de Rome ont fondé sa puissance, que la distribution du butin était bien entendue, qu'elle ne posait les armes que victorieuse, qu'elle dut sa force à ses institutions militaires, enfin, qu'elle fût ruinée par ses expéditions lointaines.

Ijes réflexions sur tes divers génies du peuple romain sont aussi originales qu'ingénieuses. Saint-Évremont était un épicurien spirituel et sensé qui ne croyait pas que la pauvreté et la vertu romaines fussent de l'absti-

1. AIL Mesièret, da rAeadémle f)riii(aif6, Ktnde ntr Ui catvrti poniiqun deFaêU Panua. Paris, Piehon, S. D., in -S.

nence. La façon dont il a expliqué le caractère des premières guerres de ses héros, et surtout la seconde guerre punique, démontre bien qu'il avait été du métier.

Bossuet, dans le Discours sur t histoire universelicy

est un Père de TEglise qui expose t la durée perpétuelle de la religion et les causes des changements arrivés dans les empires. » Il traite, en passant, avec un mouvement rapide et sublime comme le char de feu du prophète, des Romains, dont il attribue la grandeur au courage de leurs soldats ainsi qu'à la sagesse de leur Sénat, et la décadence à la jalousie des deux ordres, à l'abus des annexions et à la dépravation des mœurs.

Le membre puritain de la Chambre des communes d'Angleterre, Moyle, a divisé son i?55at5wr le gouvernement de Borne en deux parties. Les causes vraies et naturelles qui élevèrent ce peuple au plus haut degré de gloire et de puissance sont d'abord traitées. Vient ensuite la corruption de la république en monarchie absolue, attribuée à la négligence des anciennes lois, de la discipUne et de la vertu '.

Ces modèles furent loin de décourager Montesquieu, car Guvier n'a pas hésité à s'occuper d'anatomie après Âristote et Buffon. Un des plus savants professeurs de l'université, M. Ed. Gougny ', suppose que la Grcmdeut

1. Hallam, Introduction à VKUtoirt littéraire du quimlteM «1 dii-septième siècle^ dit que Montesquieu a imité Bellenden.

2. L'inêttuclion publique , journal rédigé par M. Alf. Blot, 27

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