L. XUI, ch. u
PROCBS AVBC MADAME D'AIGUILLON. )G3
Les besoins imaginaires sont ce que demaDdcnt les passions et les faiblesses de ceux qui gouvernent, le charme d*un projet extraordinaire, fenvic malade d'une vaine gloire et une certaine impuissance d'esprit contre les fantaisies...
Loi*sque dans un État tous les particuliers sont citoyens, on peut mettre des impôts sur les personnes, sur les terres ou sur les marchandises...
Dans l'impôt de la personne, la proportion injuste serait celle qui suivrait exactement la proportion des biens.
Dans la taxe sur les terres, on fait des rôles où l'on met les diverses classes des fonds. Mais il est très-difficile de connaître ces difTérences, et encore plus de trouver des gens qui ne soient point intéressés à les méconnaître.
Que quelques citoyens ne payent pas assez, le mal n'est pas grand, leur aisance revient toujours au public : que quelques particuliers payent trop, leur ruine se tourne contre le public.
M. Trudaine promit un arrêt de dégrèvement, et le 6 août 1746, Montesquieu le remercia d'avoir • dissipé tous ses petits chagrins'. »
Je passe à la manière dont notre homme protégeait 868 droits contre ses voisins. Parmi les nombreux procès' qu'il soutint on m'excusera de faire un choix. Montesquieu et la comtesse d'Agénois vivaient en bonne intelligence, comme gens non mariés ensemble, lorsque, en 1731, le comte d'Agénois obtint, c Dieu sait comment et la princesse de Conti aussi ' » , le
t. Lettre inédite, vendue le 16 mai 1872, Catalogue Lachapelle« Et. Charavay, eipert.
2. \o\r Arckhf€i municipaleê de Bordeaux, 2& juin 1727, 6 juin 1786, 26 janvier 1743. — Bibliothèque de Bordeaui, Recueil de /ûC'- IMJIM, t. vu, n« S2, 81, t. XI, 2« série.
a.'Sainl-Simon, Uémoire»* Édit. Cliéruel et Régnier.
rétablissement en sa faveur du duché-pairie d'Aiguillon situé près de terres appartenant à notre homme. Les adversaires, qui s'aimaient beaucoup mais qui étaient intéressés, prétendirent avoir droit à un franc-alleu qui se trouvait dans la seigneurie de l'un d'eux. Ils faillirent se brouiller', étant tous deux processifs et entêtés ; au bout de dix-neuf ans, le Gascon, sans doute en dehors d'elle, alla trouver les gens ' d'affaires de la duchesse et transigea avec eux.
Montesquieu soutint encore , non sans péril pour sa popularité, un procès ^ contre la ville de Bordeaux, au sujet des limites alors incertaines des paroisses de Martillac et de Léogan dont il était seigneur. Voici des extraits de ses lettres inédites au syndic de la ville.
(10 août 1730)... Comme M. Roquette, qui se transporta, i] y a quelque temps, sur les lieux, gâta tout par soq iocapacité et fit un plantement de bornes plus encore contre le sens commun que contre mes intérêts, je vous supplie d'agréer, pour la conservation de mes droits, qu'il a estropiés aussi bien que ceux de Thêtel de ville, que je fasèe un acte à MM. les Jurais qui puisse me mettre à Tabri d'un procésverbal qu'on a tait...
(12 février 1732)... On est malheureux avec des gens qui ne cherchent pas la vérité, qui parlent sans savoir ce qu'ils disent, et agissent sans savoir ce qu'ils font...
(27 mars 1733)... Je vous fais faire, Monsieur, le seul acte que je sois capable de vous faire, c'estrà-dire rationê offcii. Mon Conseil était d'avis de faire un arrêt de querelle;
K Lettre de Montesquieu du 16 man 17&2.