L. m, ch. Vf. — Que si Que si dans le peuple il se
dans le peuple il se trouve trouve quelque malheureux
quelque malheureux honnête honnête homme, le cardinal
homme, le cardinal de Ri- de Richelieu dans son testa-
9SZ CHAPITBB XS.
cbelieu dans son testament ment politique déclare qu'on
politique tnsi'nue qu'un mo- monarque doit se garder de
narque doit se garder de s'en s'en servir.
servir.
L. m, ch. XI. — De quel- De quelque cAté que le moque côié que le monarque se narque se tourne, il emporte tourne, il emporte et préci- toujours la balance. D est vrai pite la baJaace, et il estobéi. que les mauvais ministres Toute la différence est que dans la monarchie doivent dans la monarchie le prince avoir plus d'habileté; aussi a des lumières, et que les en ont-ils d'avantage. Ils ont ministres y sont infiniment plu3d'a(faires;il3;sontdonc plus habiles et plus rompus plus rompus. Il est vrai que, aux affaires que dans l'état pour s'en débarrasser, ils despotique. veulent quelque fois renver-
ser tes lois. Dans ce cas, ce gouvernement, en formant de pareils génies, est cet oiseau pui fournit la plume qui le tue.
L. TV, ch. n. — Il permet la II permet ta fourberie, lorsnue, lorsqu'elle est jointe à qu'elle est jointe à l'idée de l'idée de la grandeur de l'es- l'esprit ou de la grandeur des prit ou de la grandeur des afTaires, comme dans la poliaffaires, comme dans la poli- tique dont les ruses ne l'oftique dont les jlnesses ne l'of- fensent pas. fensent pas.
L, X, ch. vin.— Unerépn- LesGénoistenaientlaCorse
blique d'Italie tenait des In- dans la sujétion : mais il n'y
sulairessous son obéissance : avait rien de si corrompu que
mais son droit politique et leur droit politique ni de si
civil à leur égard était vicieux violent que leur droit civil.
se souvient de ce traité On se souvient de ce traité
s lequel elle in'omcl qu'on dans lequel le Sénat promit
es ferait plus mourir sur aux Corses qu'on ne les ferait
L'BSPBIT DBS LOIS INTERDIT. S63
la conscience infonnée du plus mourir sur la conscience gouverneur. informée du gouyerneur.
Enfin le chapitre vu du livre VIII se terminait par cet éloge de Louis XY, qui a été effacé.
La plus belle monarchie du monde est aujourd'hui gouvernée par un roi qui comprend que la plus grande force de son empire consiste dans Tamour de ses sujets et qui possède toutes les qualités propres à le mériter.
Après toutes ces corrections» dont la dernière est peutrètre une représaille de Montesquieu contre les censeurs, l'Esprit des LoiSj parut à Genève dans les premiers ' jours de novembre 1748, mais il fut interdit en France.
Sur quoi un contemporain ', qui écrivait ses mémoires au jour le jour, dit, au mois de février : c Fauteur est heureusement homme du monde, y platt, y a des amis, de sorte qu'on ne lui fera pas plus de mal personnellement pour ce livre-ci qu'il n'en a eu pour les Lettres persanes. »
Il y a toujours eu des gens pour qui les défenses ne sont pas faites. La police laissa donc parvenir quelques exemplaires à ces privilégiés, de fagon qu'ils pussent, non les lire à tète reposée, mais les parcourir en se les passant de main en main. Leurs opinions ont été re> cueillies.
1 . Lettre do réBidant de Génère an ministre dee alhiret étrtngères, 11 nofembre 1748. [Arcki9€9dm miniitéredeiajfairtê étrangèrei,) 3. D'Argeoson, Mémoiru^ édit. P. Janet, in-lS. Parts, U V.
264' CHAPITRB XX.
Les salons étaient alors, comme nous l'avons vu, la première puissance. D'abord un conseiller de parlement qui se croyait le rival de Montesquieu, auteur d'un très-médiocre Essai sur le droit et la morale^ assura, chez Madame Geoffrin, qui le laissa dire, que < V Esprit des £ot5 était un livre plat et superficiel et fait des épluchures du sien'. » c Les philosophes, riposte l'autre, prétendent que c'est un très-mauvais ouvrage, sans ordre, sans liaison, sans enchaînement d'idées, sans principes. C'est, disent-ils, le portefeuille d'un homme d'esprit et voilà tout^. » Madame du Deffand, qui excellait à mettre ses jugements en saillies , prononça que c'était c de l'Esprit sur les Lois*, » et 1^ société adopta le mot comme une appréciation et le fit circuler.
Après les bavardages, les écrits suivirent. Le public, en général, incapable deUre une œuvre sérieuse, aime qu'on la lui résume légèrement pour lui permettre d'en parler en conscience. Voici les principaux passages de la parodie qu'un comédien du roi , nommé Bonneval^, publia avec succès pendant deux années.
Vous avez lu VEsgrit des Lois :
Que pensez-vous de cet ouvrage?
Ce n'est qu'un pénible assemblage De républiques et de rois.
1. OSuvreê de MontetquieUy édit. Laboalaye. Paris, Gamier, 1876, t. III, XXVI ; — Clément, Cinq années lUtérairei, Pari», ZO Janv. 1749.