‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 198 sur 263 · LE TRIBUNAL DB L'INDEX · texte numérisé non relu

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habileté et promit de donner une édition corrigée de son livre. La Sorbonne alors suspendit sa censure. Enfin Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, intercéda en faveur de Montesquieu, qui partit poui Bordeaux, abandonnant au prélat et aux docteurs la rédaction du traité de paix.

Mais le rédacteur janséniste des Nouvelles ecclésias tiques avait dénoncé l'Esprit des Lois à la (Congrégation de l'Index.

Il existe, sous ce nom, à Rome, une commission de théologiens, dits consulteurs, instituée par le Concile de Trente, nommée par le fspe et présidée par un cardinal. Son devoir est de dresser la liste des livres contraires à la foi et dont la lecture est défendue aux catholiques, donec corriçantur.

Ce tribunal chargea d'examiner V Esprit des Lois un de ses membres, appelé monseigneur Bottari, dont la droiture et l'érudition étaient connues. Aussitôt le duc de Nivernais * , qui était ambassadeur de France à Rome, et qui avait beaucoup vu Montesquieu chez madame de Rochefort à Paris, s'émut et chercha à empêcher que Touvrage de son compatriote et ami fut condamné.

Son premier soin fut de mettre dans ses intérêts un des membres les plus éclairés et les plus savants du sacré collège, le cardinal Passionei '^, qui était en gêné* rai prévenu contre les ordres religieux. Avec cette re-

1. Lattre de MonteMialea do 8 oetobre ITM* 1. Cabinet de M. le eonU Selople»

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commandation, il pria BoUari ' de loi oomimimqaer son rapport et même de l'envoyer à l'anteor, afin de le mettre à même d'y répondre. C'était i la fin de mars 1750.

Le 2 juin suivant, Montesquieu adressa de Paris an cardinal Passionei, sans doute pour être communiquées à Bottari et surtout au Pape, les deux pièces inédites suivantes, qui appartiennent à un savant magistral, conseiller à la cour de Bologne, M. Lozzi :

MoDseignear,

Ceux qai m'ont attaqué m*ODt fait le plas grand hoanear que je puisse reccToir, puisqu'ils m'ont attiré la protection de Votre Éminence : de sorte que je ne sais si leur inimitié est pour moi un trait de la bonne ou de la mauvaise fortune. La réputation de Votre Éminence dans le monde chrétien, celle qu'elle a dans le monde littéraire, me font regarder ses bontés comme la récompense de mes travaux. Et il est bien glorieux pour moi d'avoir obtenu la protection de celui dont j'avais tant l'ambition d'obtenir l'estime. Son Excellence M. le duc de Nivernais m'a dit, Monseigneur, tout ce que je vous devais, et je me suis senti flatté en lisant sa lettre.

J'ai l'honneur de lui envoyer quelques réflexions que j'ai faites sur celles de monseigneur Bottari ; et Votre Éminence verra que, s'il a trouvé quelquefois des termes qui n'exprimaient pas assez ou qui exprimaient trop, ou des endroits qui n'étaient pas assez développés, je suis cependant presque toujours d'accord avec cet illustre prélat sur le fond des choses. Et telle est la disposition démon esprit et de mon cœur, qu'en me remettant toujours entièrement à vous et à lui, je respecterai toujours de si grandes lumières. Et si je désire que l'on soit content de moi dans les autres pays, ce désir est infini-

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