SON PÈRE, SEIGNEUR D'UN FIEF
tante de Navarre et s'étaient convertis e^ même temps qu'Henri lY . Une famille anglaise, venue en France lors de la domination et restée après le départ de ses compatriotes, s'éteignait dans Marie-Françoise de Penel. Leurs enfants devaient avoir dans les veines des principes réformés et des idées constitutionnelles.
Le baron, ancien garde du corps du roi, jurât de Bordeaux, né en 1654, était éclairé et pieux; laba<ronne, née en 1665, ftit.le modèle des vertus chrétiennes, et a laissé une réputation de sainte.
Il est bon de se rappeler ici en quoi consistaient alors les droits féodaux, que les services rendus, pendant le moyen Age et la renaissance, par la noblesse, avaient fait accorder à ses descendants'.
Le seigneur, dans son domaine, avait à Téglise une place où, de son vivant, il recevait du curé l'eau bénite et l'encens, et, à sa mort, la sépulture. La taille, le guet, les prises, les douanes, les péages, les corvées personnelles, réservées aux autres, étaient pour lui remplacées par le service militaire à vie. Son fief, exempt du cens, lui permettait de percevoir tous les impôts qu'aujourd'hui l'État lève comme contributions directes ou indirectes, avec cette différence qu'alors les roturiers pouvaient toujours les acquitter
I . Senae de Meilhaa, /• ^ici>«nMmejif, Um maun et tes ctmditimu m France avant la Révotuiiaa. Ëdlt. M. Lefeure. Paris, P. MalaMii, In-lS; — Taine, ies Origineê de la France coniemporaine. Paris, Hachette, 181 in-8; — > Borel d'Hauterife, Annuaire delà nobUue, Paris, 1843. .w; 7, in-]8; — L.-R. Vian, Bhtoire du village de Saini-Ckaron. Saint-Cheron, iD-8, 1873, 5 vol. le K.
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en nature. Ajoutez le privilège paternel et onéreux de faire rendre la justice en son nom; enfin en échange de la renonciation au commerce et à l'industrie, le droit de chasse, si important à cause des forêts giboyeuses qui existaient et des habitudes guerrières qu'il entretenait.
Aussi, pour conserver de telles propriétés dans les familles, et pour les rendre indivisibles et inaliénables, avait-on trouvé le droit d'atnesse.
fiors de chez lui, les attributs du noble étaient de prendre le nom de sa terre, d'en porter le titre, de mettre partout ses armoiries timbrées et d'avoir le pas sur les bourgeois et les vilains. Il pouvait, sans se soumettre aux juridictions inférieures, porter ses procès aux baillages , sénéchaussées et présidiaux , comme aujourd'hui les grand'croix de la Légion d'honneur au correctionnel et au criminel. Surtout il était admissible à tous les emplois civils, militaires et adminitratifs, à l'exclusion des roturiers.
Après ces détails, on comprend que cette classe, n'ayant pas besoin de s'enrichir, considérât qu'il y avait dérogeance à s'adonner à toute profession manuelle.
On comprend encore mieux qu'un grand homme, mais un homme enfin, pourvu par sa naissance de tous ces avantages, en ait joui et même fait l'éloge. C'est en prison que Mirabeau a écrit contre les lettres de cachet, et Frédéric n'était pas roi quand il a réfuté Machiavel.