‹ Histoire de Montesquieu d'après des documents nouveaux et inéditsChapitre 83 sur 263 · Buuhier, Corretpmtdance littéraire^ iibi tupra · texte numérisé non relu

Buuhier, Corretpmtdance littéraire^ iibi tupra

8. Loisirt tVun miniitre» Liège, i787,in-8, t« 11, p. 64. 4. Correêitondanee de Mantuqiùeu, Leltra da 5 décembre 17&0. NotM.

dire : c Le P. Toumemine! Qu'est-ce que le P. Tour- € nemine? Je n'en ai jamais entendu parler. »

Tous ces dégoûts, ajoutés à son projet de voyager pour son grand ouvrage, le décidèrent à accepter la chaise de poste d'un de ses amis , qui s'en allait à Vienne.

Vojiges en ÂUenuigne, en Hongrie, en Italie, en Hollande et en Angleterre : leur influence. — Retour.

Montesquieu aimait infiniment les voyages et parlait avec éloquence de leur agrément et de leur utilité*. Aussi son dernier mot était-il toujours : c II y a beauc coup de personnes qui payent les chevaux de poste, mais il y a peu de voyageurs. ^ »^Les seuls pour lui, avaient été Platon, Démocrite, Aristote ou Cicéron, s'expatriant afin d'étudier un pays étranger, le physique et le moral des habitants, leurs mœurs et leurs lois, les causes de leur grandeur ou de leur décadence, et de visiter les célébrités dont Tentretien vaut des années d'observation. C'est que son but, coimne le leur, était de rectifier, par la pratique des hommes et par l'évidence des choses, les préjugés nationaux et les systèmes préconçus , enfin de tirer de la comparaison entre les peuples et leurs institutions des idées

1. Fr. Hardy, Memoirt oJCkarlmont, 18t2« ). Corretpondance ^ 16 Juin 1745.

générales, capables de servir d'instruction aux diplomates et de méditation aux législateurs.

Une si haute théorie, mise en œuvre par un si grand génie, fait bien regretter la non-publication de son journal de voyage ^

Montesquieu se mettait en route dans des conditions exceptionnelles.

Son compagnon était le comte de Waldegrave*, neveu du maréchal de Ber^ck, homme fort distingué, ministre plénipotentiaire qui avait été envoyé d'Angleterre en France en 1725, et qui allait de là à Vienne, d'où il devait revenir à Versailles en 1730.

Le titre d'académicien assurait alors la considération et les avantages d'un ambassadeur; la gloire des Lettres persanes le précédait et la bienveillance de son caractère l'accompagnait, c Quand j'ai voyagé dans c les pays étrangers, disait-il', je m'y suis attaché a comme au mien propre ; j'ai pris part à leur fortune, c et j'aurais souhaité qu'ils fussent dans un état plus « florissant. •

Il ne faut pas oublier qu'il emportait beaucoup d'argent; du moins il s'est plaint^ d'en avoir beaucoup dépensé ainsi ; mais c'est partout le meilleur moyen de bien voir et d'être bien vu.

Les deux amis partirent de Paris, le 5 avril 1728.

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