‹ Histoire de MontesquieuChapitre 127 sur 274 · SUPPLEMENT AUX LETTRES PERSANES · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT AUX LETTRES PERSANES

connaissent tout le mérite du Temple de Guide... Que si les gens graves désiraient de moi quelque ouvrage moins frivole, je suis en état de les satisfaire. Il y a trente ans que je travaille à un livre de douze pages qui doit contenir tout ce que nous savoDS sur la métaphysique, la politique et la morale, et tout ce que de très-grands auteurs ont oublié dans les volumes qu'ils ont donnés sur ces sciences-là.

En 1744, il publiait un Supplément aux Lettres persanes, où Ton remarque une préface, qui nous apprend le succès du livre et qui plaide pour les passages irréligieux de ce ^chef-d'œuvre. Parmi les douze lettres qui sont ajoutées, quelques-unes sont insignifiantes et relatives à l'intrigue du roman. D'autre» traitent du droit de conquête, des tribulations des gens d'esprit, des libéralités des princes envers les courtisans, de l'influence du climat. Le reste contient des correctifs à une théorie hardie du suicide et des doutes sur la prescience divine.

Ses manuscrits renferment, sous le nom de Suite aiùx Persanes \ quarante et une lettres sur les affaires de France depuis la minorité de Louis XV jusqu'à la fin du ministère du cardinal de Fleury. Pourquoi ne les joignait-il pas à son Supplément?

En 1743, Montesquieu, nourri par la lecture de Machiavel et la fréquentation des hommes d'État, publiait dans un journal^ son œuvre de 1722, Sylla et

t. Labat. Recueil de la Société efÀgen, 1834.' Le éhâiteaii de La Brède.

Page 1