‹ Histoire de MontesquieuChapitre 53 sur 274 · Ed. Géraud, Annales de la littérature, t. VIII · texte numérisé non relu

Ed. Géraud, Annales de la littérature, t. VIII

PROPHÉTIE DU P. DBSMOLETS. n5

Molière s'est inspiré de Cyrano de Bergerac. Le succès des Voyages en Perse et surtout des Contes arabes y qui paraissaient dans ce temps-là et qui furent toujours sa lecture de prédilection ', eurent sur lui plus d'influence sans doute. Mon avis ne s'oppose pas à la remarque de Walter Scott*. « La couleur orientale est « ce qui a le plus ïait défaut à l'auteur des Lettres per- « saues. »

Lorsque son livre fut terminé, Montesquieu n'avait plus, pour les consulter, ni son père, ni son oncle; il alla trouver un de ses anciens maîtres de Juilly, le P. Desmolets, bibliothécaire de l'Oratoire âla maison de Saint-Honoré, à Paris, critique influent qui rédigeait des feuilles littéraires. Le prêtre engagea le magistrat, par égard pour la religion, pour sa haute position et pour sa tranquillité, à ne pas faire paraître son ouvrage ; mais le journaliste, dans le cas évident où l'auteur ne suivrait pas son conseil, ajouta : « Cela se « vendra conmie du pain ^. »

L'influence de son père avait été capable de lui faire condamner à l'oubli un essai dont il n'était pas content. Cette fois, rien ne put le décider à sacrifier un chef-d'œuvre qu'il sentait appelé à réussir. Cependant, comme il était timide * par caractère et circonspect par

i . Madame Necker, Nouveaux mélanges»

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