Mercure deFranccs février
Eucrate, avec cette note : « Ce qu'on fait dire dans ce a dialogue à Sylla, n'est que pour développer son « caractère, qui était celui d'un homme cruel et d'un a mauvais citoyen, et en même temps pqur inspirer « de l'horreur et du mépris. »
On trouve, en 1747, un tirage à part du fragment néo-grec que Montesquieu avait inséré autrefois dans le Mercure de France, L'opuscule prend le nom de Voyage dans rUe de Paphos , s'augmente d'une préface mêlée de quelques vers au musc et s'enrichit d'un épilogue à lat fleur d'orange.
En 1748, les Considérations parurent revues, corrigées et augmentées. L'ouvrage avait été retouché en entier : l'auteur y ajoutait au riioins quarante pages ; les anciennes notes étaient, en général, supprimées, modifiées ou intercalées dans le texte. De nouvelles notes moins longues, de nouvelles citations s'ajoutaient à celles qui étaient conservées ; le style surtout était plus correct et plus soigné. Les phrases incidentes, les répétitions, les amphibologies disparaissaient; enfin, les Béotiens, dont Montesquieu, dans les premières éditions, avait approuvé la sagesse au milieu des dangers dont Rome menaçait le monde, n'étaient plus alors que les « plus épais de tous les Grecs. » Dans cette dernière, il supprimait définitivement l'apologie du suicide, qui pouvait flatter les opinions des philosophes du dix-huitième siècle, mais dont toute l'histoire démontrait la fausseté. Les (7o/i- 5irféra/iow5 furent un livre nouveau, le-lexte fut arrêté,
ÉDITIONS DÉFINITIVES DE SES ŒUVRES. 18i
il n'a plus varié. M. OUeris' a très-bien démontré que c'est le seul qu'ait avoué Montesquieu et que l'édition donnée par la famille est pleine de fautes et d'erreurs.
Je continue l'énumération des travaux de notre auteur. Mallet du Pan dit quelque part ^ : « Le fils de « Montesquieu a deux volumes in-folio écrits tout en- « tiers de la main du président, avec ce titre sur le « dos : Esprit François. C'est un recueil de chansons « choisies par lui-même ». Voici ce qui, à ce sujet, me semble plus vraisemblable.
Il existe à la bibliothèque de la ville de Bordeaux un sottisier, qui lui vient de son Académie. C'est une collection manuscrite des vers les plus libres, depuis Régnier jusqu'à Grécourt, que leur note gauloise a empêché de publier en dehors des œuvres complètes, ou même d'imprimer. Je suppose que ce volume est celui dont parle Mallet du Pan, parce que Montesquieu aimait ce genre de recueil (nous l'avons vu déjà^ en faire un, composé de satires), et parce qu'il contient des pièces qui lui sont attribuées par le copiste et qui sont confirmées ou corrigées de sa main même. J'en extrais trois morceaux de style différent, et médiocres comme tout ce qu'il a fait dans ce genre et qui expliquent son dédain pour la poésie : Montaigne
1. Considérations sur les causes de la grandeur des Romains^ Pariai, Muire-Nyon, 1845.