VERS DE MONTESQUIEU. 1S
Qui soient, jusqu'à la fin d'une vieillesse lente, Partagés par quatre repas.
« * Madrigal à madame la marquise de Piie,
Les dieux, que vous vîntes surprendre, Disputaient entre eux, dans nos bois.
— C'est Vénus, disait Tun ; c'est elle, je la vois.
— C'est Minerve, dit l'autre; et je viens de l'entendre.
— Il est vrai, dit le dieu Faunns; Oui, c'est Minerve, je vous jure.
Mais, je crois qu'elle a la ceinture Que vous avez vue à Vénus.
Enfin Montesquieu entretenait une correspondance avec mesdames du Defifand et d'Aiguillon, le président Hénault, le conmiandeur de Solar, le duc de Nivernais, le chevalier d'Aydies, Bonnet et surtout sa fille Denise. Ces lettres et leurs réponses existent toutes, quoique le public n'en connaisse qu'un petit nombre. Du reste le style lourd, bien qu'un peu haché, avec des traits et des images brusques, n'a aucune des qualités du genre épistolaire. Mais il y a là des circonstances de sa vie, des détails sur ses grandes relations et des anecdotes curieuses de son siècle.
Comme Rossini, en composant le Barbier de Séville et le comte Ory et en refondant Moïse^ Montesquieu,, en écrivant les Lettres persanes et le Temple de Gnide et en corrigeant la Grandeur des Romains, se préparait à donner son chef-d'œuvre.
Montesquieu et ses collaborateurs à V Esprit des Lois.
Sans doute la pratique, la méditation et la lecture ont la plus grande influence sur nous. Cependant on ne peut récuser le proverbe : « dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es ». Un des traits distinctifs de rhomme de génie est de prendre son bien où il le trouve, et de le trouver partout ; il aTair de n'avoir ni famille, ni amis, ni ennemis, mais seulement des collaborateurs : comme la plante qui, cherchant sa nourriture dans Tair où baignent ses feuilles, et dans la terre où plongent ses racines, transforme en sa propre substance les éléments qu'elle y puise.
V Esprit des Lois a été entrevu sur les bancs de l'école de droit de Bordeaux, ébauché dans les Lettres persanes, fécondé dans les voyages de son auteur, et arrêté à l'époque de la Grandeur des Romains. Toutefois je suppose que Montesquieu emprunta beaucoup à ses relations pour composer son grand ouvrage.
Sans doute son frère * , digne curé de Saint-Séverin