‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 136 sur 269 · MADAME D'AIGUILLON · texte numérisé non relu

MADAME D'AIGUILLON

conséquence et diplomate d'occasion. Le grand monde d'alors alliait à la dépravation des mœurs un goût très-vif pour les plaisirs de l'esprit, et ne se réunissait jamais sans être attiré et retenu par quelques comédies de société, petits vers, fables, opéras de paravent, madrigaux galants, divertissements en prose, couplets où l'on rivalisait tantôt de bonne grâce, tantôt de malice discrète. Montesquieu écrivait' du frère de cette maîtresse de maison : « Procurez- « moi une de ces badineries charmantes qui sortent « de son esprit comme un éclair. » On rencontrait quelquefois chez madame de Rochefort deux de ses sœurs, la marquise de Boufflers, qui fut fidèle à son amant, et la duchesse de Mirepoix, qui fut fidèle à son mari. Montesquieu a fait en vers les portraits de ces femmes rares pour le temps, et leur a adressé ce madrigal :

Vous êtes belle, et votre sœur est belle ; Si j'eusse été Paris, mon choix eût été doux : La pomme aurait été pour vous, Mais mon cœur eût été pour elle.

Je voudrais parler de la maison favorite de Montesquieu. La duchesse d'Aiguillon* donnait, tous les sa-

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