‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 142 sur 269 · LE RIVAL DE MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

LE RIVAL DE MONTESQUIEU

a Ceux qui nous avertissent, dit notre auteur, sont les compagnons de nos travaux*. » A ce titre, je ferai figurer Voltaire dans cette galerie. Ses fanatiques se plaignent que Montesquieu affectait pour lui de Tindifférence et presque du dédain ; ils voudraient au moins les mettre sur le pied de Tégalité. Qu'ils m'excusent de me reporter à 1748 et aux contemporains. Montesquieu , né en 1689, d'ancienne noblesse, président d'une cour suprême, occupait dans le monde une position importante, augmentée par la réputation de la Grandeur des Romains et par la gloire anticipée de Y Esprit des Lois. Voltaire, né en 1694, fils d'un procureur, indiscret et inconsidéré, était reçu dans la société pour ses bons mots, ses poésies légères et ses pièces de théâtre, et n'avait pas encore donné la Loi naturelle^ le Siècle de Louis XIV, et Y Essai sur les mœurs. Je ne parlerai pas de ses critiques contre Montesquieu, après la publication de Y Esprit des Lois, et pour cause, mais de celles qui ont précédé. Elles ont étéi, incessantes. Selon lui, « les Lettres persanes * a étaient puériles. C'est du fretin, c'est un piètre « livre ^... Les bons esprits font assez peu de cas « de la frivole imagination des Lettres persanes « dont la hardiesse, en certains endroits, fait le plus « grand mérite'... Les Lettres persanes si aisées à

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