REÇU A L'ACADÉMIE DB BORDEAUX
raoatoime; ragriculture, rastronomie/ la irtétéoro-i logie; on Tit surtout se multiplier leaf herbiers, les collections d'insectes, d'oiseaux, de minéraux et les cabinets de physique. .
. C'était à la fin de i71 5, le dix-septième siècle venait de disparaître et le dix-huitième de se lever. Louis XIY avait encouragé les lettres et les arts de l'imagination; selon l'usage, la protection de son successeur fût acquise aux sciences et aux essais de la raison. Le duc d'Orléans était un prince fort intelligent et d'un esprit très-développé, que l'ennui de la vieille cour avait jeté dans les curiosités de l'alchimie ' et que la révocation de l'Édit de Nantes avait rendu irréligieux. Aussi, comme les savants de son temps, aspirait-il à deviner les causes plutôt qu'à observer les faits, et son désir de connaître les phénomènes de la nature n'était-il que l'espoir piquant de démentir la Bible.
Bientôt les connaissances pratiques ne tardèrent pas h l'emporter dans l'Académie de Bordeaux. C'est alors que Labrède, qui devait bientôt s'appeler Montesquieu demanda à y entrer. Ses titres étaient sa réputation de travailleur et son désir d'embrasser l'histoire naturelle, civile et politique.
Admis le 3 avril 17i6, et reçu le 1" mai, il ftit installé le 18 du même mois. Peu de membres furent aussi dévoués, aussi assidus^; aucun ne fut plus distingué. Il
1. II avait, lantqaMl avait pu, cherché à voir le diable, dit Saint- Simon, Mémoires, 1707.
2 . Actes de l'Académie de Bordeaui , ] 8 2S .— » Archl?M de la Gironde.
fonda d'abord pour sa bien venue, un prix d'anatomie, accompagné d'une médaille qui porte d'un côté ses armes, avec ces mots : C. L. Secondât de MontesquieUy senatus Burdigalensis^ prœses infulaius a secre-* fis officiarius. Plus tard c'est une collection d'objets de physique qu'il donne, et en 1723, une action de la Compagnie des Indes. Les intérêts de l'Académie le préoccupaient sans cesse. Vous le verrez y pensant à Bordeaux, à Paris, à Versailles, en voyage, présentant de nouveaux membres, attirant des érudits étrangers par une place de bibliothécaire, comme l'abbé Venuti*, lui cherchant un protecteur, comme le cardinal de Polignac', soutenant ses procès contre tous, forçant enfin ses collègues à s'épargner le phis possible les uns les autres. Une lettre inédite^ du i7 décembre i 7S4 nous donne son programme à ce sujet : c ... Dans le fond, les Académies sont instituées « comme une alliance entre les gens de lettres et € peut-être comme le temple de la paix. Il n'y en a « jamais eu aucune qui ait permis que, dans ses mé- « moires, quelque chose put offenser quelqu'un de « ses membres. En effet, dans ce cas l'Académie se « déchirerait^ elle-même et serait continuellement juge « et partie dans mille procès, et il serait absolument « impossible qu'un tel corps pût subsister. On ne peut « pas dire que cela décourage la critique ; si un cri-