Denina, Prusse lUiérnire. Berlin, 1790, t.I, p
tayer, de mari, de père et d'académicien, à Bordeaux, où tant de motifs le retenaient.
Cette supposition expliquerait bien le long temps qu'il a consacré à cet ouvrage. « J'ai * vu le premier « jet de la composition qui avait été complètement « changé. Montesquieu corrigeait beaucoup , refaisait « souvent. Il y a des passages raturés jusqu'à quatre a ou cinq fois. » Preuves d'un travail très-difficile ou d'un très-grand souci de la perfection.
Des étrangers peu perspicaces ont pu seuls avoir l'idée de prêter des collaborateurs à Montesquieu : c'est en vain qu'il a voulu faire parler un langage différent à ses personnages : on n'entend jamais que sa voix.
On a prétendu aussi que Montesquieu avait emprunté l'idée des Lettres persanes aux Amusements serieux et comiques , à V Espion turc, au Spectateur^ ou mêm^ au Décaméron^. Je ne sais s'il a pris quelque part le cadre de son tableau, mais la peinture lui appartient en propre. Les petits détails que Dufreny recueille, les longues anecdotes que Morana rassemble, les contrastes que découvrit Addisson et l'intrigue du conte de Boccace, Montesquieu a pu les imiter, et prendre même quelque chose à Taboureau, à Noël du Fail ou à Erasme; mais il l'a fait en maître, comme
t. Labat, Le Château de la Brèdc, Recueil de rAttadémie d*Agen,