Maupertuis, Éloge de Montesquieu
3. Bibliothèque ou France littéraire, Janvier 172G. Voir chap. vu, supra; — Voir la Lettre de Montesquieu du 4 octobre n&2. Note.
MONTESQUIEU ET CHESTERFIELD. i!o
« engager dans une affaire dont son arrière petit-fils « ne verra pas la fin '. »
De Vienne, Montesquieu passa en Hongrie, contrée riche et fertile, habitée par une noblesse « qui, dit-iP, « s'indigna contre l'Autriche, oublia tout pour la déa fendre et crut qu'il était de son devoir de périr et de « pardonner, » et par des peuples semblables aux esclaves chez les Germains. D'après Montesquieu', « ils n'avaient point d'office dans la maison ; ils ren- « daientà leur maître une certaine quantité de blé, de « bétail ou d'étoffe : l'objet de leur esclavage n'allait « pas plus loin. » C'était la vie féodale du moyen âge avec son dévouement au souverain et sa langue latine. 11 a écrit avec soin cette partie de ses voyages^.
Les événements politiques l'obligèrent de s'arrêter à Belgrade, en route pour la Turquie. Il rebroussa chemin et traversa l'Illyrie *.
A peine en Italie, le hasard mit sur ses pas un honmie qu'il avait peut-être connu au club de Y Entrer sol, MylordChesterfield. Ces messieurs convinrent de voyager ensemble. Quoi déplus naturel? Ils étaient nobles, riches, à peine mariés, d'une érudition étendue, d'une conversation agréable, d'une politesse charmante, d'un caractère solide, plaisant et curieux.