AVANT-PROPOS
Ce n'est qu'après de longues hésitations que noua nous sommes décidé à écrire cet ouvrage.
Unet&cheauaai lourde, aussi délicate, nous seniblaiten effet au-dessus de nos forces, estimant qu'il nous eût fallu plus d'érudition et meilleur style, pour mener & bien cette évocation du passé et présenter d'une manière vivante, le tableau des mœurs de nos pères, pendant les siècles écoulés.
Cependant, une fois notre résolution prise, nous nous sommes mis consciencieusement à l'oeuvre, guidé par un charme indicible, un sentiment d'amour tout fllial pour notre ville natale.
Il nous a Eallu sacrifier bien des heures, lire des monceaux de parchemins, de manuscrits et d'imprimés, en ^ire l'analyse pour en extraire l'utile, heureux lorsque nous fiaisions une découverte intéressante.
Nous avons recueilli précieusement les noms des plus notables de DOS Ancêtres et les faits saillants se rattachant à leur vie, pénétré de cette idée que le tableau des mœurs d'autrefois offre quelque vague image de celui des mœurs actuelles ; car l'histoire ainsi qu'on l'a dit, n'est qu'un étemel recommencement.
Nous nous sommes borné & examiner scrupuleusement les faits, sans sacrifier le fond à la forme, n'admettant aucune légende comme fïiit historique; car, avant tout, il faut rendre une monographie locale aussi exacte que possible, intéressante par l'inédit, par des détails curieux et des événements qui se succèdent comme des éphémérides, en n'esquissant toutefois que les bits généraux et principaux.
Les siècles passés ont malheureusement trop maltraité les documents relatif à l'histoire de notre ville ; néanmoins, grâce & nos recherches incessantes, pendant plusieurs années, à la Bibliothèque Nationale et aux Archives départementales et locales ; grice aussi aux nombreux extraits prélevés dans les Annales Bourbonnaise» et dans les écrits de nos devanciers : Coiffier-Dehoret, Edmond Tudot, Achille Allier, Baraillon, Eshonkot, Barriau, Coupas, E^idurant, de Jolihont, Brugière de Lamotte, Alexandre Giraud (Abrégé des Actes des Atsembléea délibérantes de Montluçonl et autres auteurs dénommés au cours de cette étude, particuliëTemeot dans des notes fort intéressantes émanant de notre érudit concitoyen, de vieille souche montluçonnaise, M. l'Abbé Clément, nous avons pu reconstituer les phases principales de la vie de notre chère cité.
VI Histoire de Montluçon
Dans le cadre que nous nous sommes imparti, nous o'avona eu garde d'omettre la coquette ville de Néria, si riche ea souveoirs de l'occupation romaine.
Nous avons même ajouté à la Qn de l'ouvrage, un court résumé des événements qui ont eu pour théâtre les diverses localités des environs de Montluçon.
Respectueux de la véracité des faits recueillis de toutes parts, nous avons établi & la suite de cet Avant-Propos, une Notice bibliographique qui facilitera la tâcbe au lecteur désireux de faire des recherches et des vérincdtions.
Enfin nous avons tenu à accompagner cet ouvrage de quelques planches, gravures et ornements, qui reposeront un peu le lecteur de l'aridité des bits, qui donneront à la physionomie locale un caractère d'individualité dans l'histoire générale, sorte d'arbre généalogique, composé de trois grandes branches, auxquelles tous les rameaux se rattachent : i'Eglite, le Château, la Commune. Le moyen-flge est tout entier dans cette trilogie.
Nous esquissons rapidement VÊre celtique, la Période Gallo-Romaine et VÊre barbare, trop souvent dénuées de preuves matérielles, pour arriver à VRre féodale et & la Période moderne, au sujet desquelles l'histoire est mieux documentée.
Au cours de cette dernière période, de grands prc^rës de civilisation ont été accomplis; notre industrie, notre commerce et notre agriculture sont devenus beaucoup plus florissants, et notre antique cité a bénéficié dans une lai^e mesure de cette heureuse transformation. Des réformes libérales donnent à chacun de nous une indépendance inconnue de nos ancêtres; maie, si nous jetons un regard scrutateur sur le passé, nous y trouvons de nombreux esemples de courage et de vertus civiques. D'héroïques citoyens s'unissent, en effet, pour combattre et repousser avec une suprême énergie, les Romains, les Visigoths, les Arabes, les Anglais.
De tout temps le peuple trançais a élé fier et jaloux de sa nationalité, et il s'est toujours trouvé, même aux époques les plus difficiles de notre histoire, assez de héros pour la lui conserver.
Certes, le moyen-âge a eu ses erreurs et ses tyrannies ; mais est-il une époque oti la perfection ait jamais existé ?
Aussi le passé, en dépit de ses erreurs, doit-il être jugé avec indulgence, en raison de ce qu'il eut de bon, de grand, d'héroïque, et, tout compte fait, la reconnaissance nous fiait un devoir de nous incliner devant lui, puisqu'il a constitué la France. (1)
(1) Nous tenons t adresser nos remerciçmenls à M. Claudoa, arcliivistc di l'Allier, qui a bien voulu contrôler les renaeignements que nous avions recueillis.
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