MONTLUÇON PENDANT LES GUERRES DE RELIGION
d'ea distraire les terres et les seigneuries de Montlnçon, Bourbon, Verneuil, Souvigny et Aioay, pour les donaerà Diane de France, fille légitiire de Henri II, qui avait épousée, en 1552, Horace Farnèse, duc de Castres, tué en 1554 à la défense d'une place de guerre. Diane de France s'était remariée en 1S57 h François, duc de Montiuerency, maréchal de France, En 1578, la ville fut h nouveau frappée d'une forte contribution de guerre par l'armée de Gien qui s'y arrêta.
Esseigiument secondaire. — Jusqu'à cette époque, on l'a vu, l'instruction n'avait été donnée, & Montluçon, qu'à un petit nombre d'en- Gints, par les moines des couvents et les chanoines du chapitre de Saint- Nicolas, dont les immeubles s'étendaient jusqu'à la rue Montpeyroux. En cette même année 1578, les consuls achetèrent, dans la susdite rue, une importante maison qu'ils firent aménager en vue de l'agrandissement du petit collège existant. L'inauguration du nouvel établissement eut lieu
L'année précédente on avait commandé aux artistes Claude Bridier et François Petignot, trois écussons. Les deux premiers devaient être aux armes du roi et du prince et ie troisième & celles de la ville. Le premier écusson fut apposé sur la lourde porte massive du château ; l'autre à la porte Marchio, pour remplacer l'ancien blason que l'on avait mutilé. Le troisième, qui portait les armes de la ville ■ d'azurà l'avant-mur d'ai^nt crénelé de trois pièces, donjonné à dextre et à senestre d'une tourelle
maçonnée et couverte du mâme, surmontée d'un soleil d'or • fut placé à l'entrée principale du collège, avec une inscription gravée dans la pierre. Cette inscription peut se traduire ainsi :
« Le Collège de Monlluçon, grâce aux soins diligents et au zèle de Joseph H Coppin, Gilhcrt Mercier, François Pinel el Slépliani Sorel, consuls, a été restauré « et, dans de grandes proportions, accru en l'an du Seigneur 1578.
« Heureuses les villes que les muses rrriquentcnl el font briller de leur éclat. 1 Sans elles, elles sont privées de celle lumière qui embellit el honore les cités. u Ainsi, ajuste lîlrc, Hontlucon esl pénétré de celle bienfaisante lumière, puisque t son nom indique que dans ses murs noire ville donne l'hospitalilc aux muscs • .
L'écusson et la pierre gravés se trouvent dans une des salles de l'hôlel de ville. Quand aux deux autres écussons, il est plus que probable que la tour d'ai^ent et leur soleil d'or, qu'ils alliaient aux lys des Bourbons, ne les ont pas sauvés de la rage des démolisseurs de 1793.
La psste & Montluçon. — En ti38l, la peste sévit de nouveau k Montluçon et y cause d'effroyables ravages. — On mentionne également la mort d'un consul, lilchement assassiné, le 1" mai 1581, sur te grand chemin de Bourges, entre Menetreau et Orléans.
L'enceinte de Montluçon tombant en ruines, Ifenri 111, en 1583, donna des lettres patentes ordonnant la reconstruction des murailles de celte ville forte, qui avait donné tant de gages de sa fidélité à la cause royale.
Confirmation par Henri III des prÏTilèges de la ville de Montluçon. — Voici la teneur de la lettre qui était adressée aux consuls de la ville et au sénéchal du Bourbonnais :
« Henri, par la grâce de Dieu, roi de France el de Pologne.. Nos très ciiera el « bien aimés les consuls et habitants de noire ville de Monlluçon nous ont fait s remontrer que les feu ducs du Bourbonnais considérant que ladite ville de « Montluçon était pour lout ledit pays de grande importance ; alin de lui donner s mojen de la conserver en leur obéissance el de la tenir en bonne réparation el u forlilication, leur avons ociroyé plusieurs beaux privilèges, entre autres de faire t coniraindrc aux dites réparations de la dite ville, faire guet et garde, à fournir « aux frais nécessaires pour la construction d'icelle, lous les babilanls el aullrcs, 1. ayant maisons, retrailes cl héritages en ladite ville, de quelque quaUlé el f condition qu'ils fussent ; nobles gens d'église et autres el de contraindre aussi lous • les sujets de la clidlellenie dudil Montluçon elde la châtellenic d'Hérisson, proches 1 de deux lieues de lad. ville, aux dites réparations de ladite ville, de leurs journées 0 cl manuHuvrcs de leurs corps seulement, quand be^^oin y serait, au prix de la prise e de leurs meubles, détention et emprisonnement de leur personne... Savoir disons a que désirant bien cl favorablement traiter Icsdils babilanls, avons coniîriné lesdits « pKvilégcs Paris, février en l'an de grâce iY>HH. ■
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Mais comme les troubles continuaient à se faire sentir, les consuls attendirent un moment plus favorable pour mettre à profit te bon vouloir du roi. Nous verrons bientôt ces lettres confirmées, avant que la viile ait vu se consolider ses vieilles murailles.
La guerre, cependant, entre catholiques et protestants, se poursuivait sans relâche et nos consuls s'occupaient des soins à donner aux blessés des deux camps, organisant des hApitaux, fondant des asiles.
Il existait alors à Montiuçon une antique maladrerie qui tombait en ruines. Le 10 mai 1591, les consuls ordonnèrent la construction d'une maison destinée à recevoir les malheureux atteints de la lèpre. Cette maison s'élevait sur un emplacement acquis à la ville, en face le moulin de Crachepeau (rue du Diénat).
En 1592, Henri IV renouvelait les lettres patentes données par son prédécesseur, neuE ans auparavant, et publiait la charte que voici :
« Henri, par la grâce de Dieu, roi <ie France et de Navarre : considérant que « ladite Ville de Monlluçon, etc. et ajoute cette clause :
« Les paroisses de Saînt-Angel, Gliamblel, Saint- Victor, Eslivareilles el Sauljal ■ doivent contribuer aux réparations pour garder cette bonne Ville servant de bouie- < vard et de frontière delà Guyenne et â l'une des l'extrémilés du Bourbonnais. Juillet • de l'an de grâce 1592 ».
Cette charte, comme la précédente, resta longtemps sans applications, car ce ne fut que dix-huit ans plus tard qu'on y donna suite.
En 1593, le 20 mai, Jean Desmoulin, de Troyes, s'engage à fondre pour cent écus, avec le métal fourni par les consuls de la ville, une couleuvrine longue de onze pieds et portant gravées en bosse à sa culasse les armes de Montiuçon. (1)
A ce propos, nous avons relaté au Chapitre précédent, qu'il existait, dans les dépendances du château, un atelier de finissage des armes blanches, ébauchées et trempées dans le quartier Saint-Pierre ; nous devons metitionner ici, qu'à cette époque, on s'occupait également à Montiuçon de la fabrication d'armes à feu de petit calibre. Lors des luttes de la Ligue, Montiuçon, ainsi que nous l'avons dit, s'était déclaré partisan de Henri de Bourbon, descendant de ses anciens maîtres, aussitôt après l'assassinat de Henri Hl. Bons catholiques, ses habitants, une fois la pacification du royaume terminée, prouvèrent leur attachement à la religion en s'occupant de la fondation de nouveaux couvents.
FondaUoD d'un couvent de Capucins au Faubourg Saint- Pierre.— Le couvent des Cordeliers, situé lextra muros » ayantsans doute
(1) Probablement celle mentionnée précédemment, reléguée à l'Hôtel-ile-Villc.
été quelque peu saccagé pendant les guerres de religion et n'abritant plus qu'un petit nombre de moines, la majeure partie de Is population montluconnaise résolut de fonder un couvent de Capucins et pour cela, acquit de Gilbert de la lx)ire, lieutenant général de la ch&tellenie de la Cbaussière, un terrain sis faubourg Saint-Pierre. (1) La construction, commencée en 1600, fut terminée en 160-2, ainsi qu'en finit foi la pièce ci-dessous :
f Le quiniième du moys d'apvrit mille six ceat, fui hoaay le lieu où debvail
• estre eddiâé le couvent des capucins où fust faict procession solennelle et géné-
■ raie où sept capucias assistèrent portant leur croix, et fust besny le lieu par moy
• Rellier, curé de Saint-Pierre soussigné.
a Le dixiâmo jour du moys de mars, jour de dimanche, mille six cent et deux,
■ par moy Rellier, a été baptizée la cloche des révérends pères capucins en leur
• cloistre. Et fust son parrain Hessire Gilbert de Pollier, sieur des Clavières, colon « en l'élcclion de Hontlaçon el marraine hoaesle damoyselle Anne de la Motte, K femme à noble de Jouas, escuyer, seigneur de Bisseret. A laquelle bénédiction y t assista une très belle compagnie >.
Le premier gardien de ce couvent, oEi il n'a pas résidé un seul religieux célèbre, a été frère Laurent de Salem.
£d 1603, eut lieu le chapitre provincial des Cordeliers.
Le Bourbonnais, à cette époque, était passé entre les mains de Louise de Lorraine, après la mort d'Elisabeth d'Autriche. Louise de Lorraine étant morte en 1611, après avoir passé les deux dernières années de sa vie au ch&teau de Moulins, au milieu des exercices de piété et de distribution d'auménes, Louis Xlll donna le Bourbonnais, à sa mère Marie de Médicis, veuve de Henri IV, qui le posséda vingt-et-un ans.
Fondation d'un couvent de Bernardines au Chfttelet — L'institution des Bernardines Montluçon, date de 1631. Cette année, en effet, dame Marguerite de PoUier, veuve depuis de longues années de noble Francoys de Gomminges, élu en l'élection, donna aux religieuses de Saint- Bernard un immense encios, situé au Ch&telet.
Ce terrain, sur lequel a dû exister une construction du XIV< ou du XV* siècle, avait entr'autres possesseurs, le seigneur de Chàlus et le bourgeois Nicolas Gauche, maître d'hôtel du roi Charles VIII.
Il était t>ordé d'un côté par le Cher, de l'autre par le Lamaron et touchait x la manufacture d'armes * alors en ruines ou plutôt abandonnée à quelques artisans qui essayèrent en vain de vivifier l'ancienne industrie montluconnaise.
Les Bernardines commencèrent de suite à yédiflerunvastemonastftre
(1) Propriété Mousay-tjuilhoinet.
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qui fut agrandi en 1682. Elles eu prirent possession deux ans après l'acte de fondation.
Toutefois, elles ne furent déSnitivement autorisées qu'en 1688-1689.
Voici l'acte :
• Michel Phclypeaux de la Vrillière, par la grftce de Dieu et du Saint-Siège c aposthotique, patriarche, archevesque de Bourges, primat des Aquitaines, conseiller
• du roy el ses consuls, à tous ceux qui ces préseotes lettres verront, salut. Sfavair t faisons que veu la requête à nous présentée par les prieure, religieuses et courent t des Bernardines de la ville do Mootluçon de notre diocëze et soumises à nostre
■ juridiction ordinaire coalenant qu'en l'année 1630, leur dit couvent a été estably « par la permission de feu mcssire Hollaut Hébert, d'heurense mémoire, vivant 1 patriarche archevesqne de Bourges, primatdes Aquitaines, l'un de mas prédécesseurs,
■ du consentement des officiers et habitans de ladileville;inais comme elles n'avoient
■ pas encore obtenu des lettres du roy p^ur autoriser leur dit établissement, elles en
■ onl depuis peu obtenu pour l'enregistrement desquelles elles se sont pourvues en
< la cour du Parlement de Paris, où elles ont obtenu un arrêt préparatoire portant ( entre autres que les dites lettres nous seroient montrées pour consentir à I l'enregistrement d'icelles ou dire ce que bon nous semblerait, elles nous anroient
■ très humblement requis vouloir faire noire déclaration sur lesditea lettres et « l'enregistrement d'icelles. Ven les dits actes d'establissement des années 1628 et
< i630 el antres suivantes, les dites lettres patentes de Sa Majesté données à t Versailles dans le présent mois de mars, le dit arrest du Pariement préparatoire du > Saize du présent mois et an. Nous avons déclaré et déclarons qu'en conKrmant I les décrets, lettres et pennissions de nosprédécesscursdonnéespourrestablissemeot
< dudit couvent, Nous consentons à l'enregistrement des dites lettres comme le dit
• couvent utile tant i la dite ville de Uontiuçon qu'aux lieux circonvoisins, le tout « néanmoins A condition et non autrement que ledit couvent sera et demeure « toujours sous notre pleine et entière jurisdiction et celle de nos successeurs
• archevcsques de Bourges ■
fart A Paris, le 31 et dernier jours de mars 1688 « Signé : M. PHELYPEAUX P.P. Arch. de Bourges, •
« Par raondit Seigneur : Signé MONIN. »
Malgré le cbïSre élevé de la dol (3.000 livres) que devaient fournir les parents de chaque postulante, le nombre des religieuses dece couvent a toujours été considérable. Au début du xyiii» siècle, ainsi que nous le verrons dans la suite, il était de cinquante, pour être de treote-sept à la tin de septembre 1792, moment de la fermeture de l'établissement.
A ce monastère était anneicé un pensionnat où les jeunes filles de la ville et des lieux circonvoisias étaient élevées, instruites à peu de frais, dit UD titre municipal. (1)
(1) — De cette communauté dépendait ^:alement un petit bénéflce sous la dénomination de prieuré de t'Hermltage de Saint-Rottert, situé à l'extrémité du faubourg des Forges, dont nous avons parlé précédemment.
Cetténéflca.qui valait bien (rois cents livres, dépendait à l'origine da prieurédissat.
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Les Bernardines étaient plus riches que les Ursulines» couvent fondé plus tard.
Les premières possédaient, en immeubles, le domaine Pollier, les domaines du Compas, des Trois Taillants, l'Etang de la Loge, un autre domaine et des terres, le tout situé paroisse de Nouhantet acheté presque en entier par M, d'Assy de Viersat, l'année 1691, à M. Legroing de Treignat, plus des terres sur les paroisses de Neuféglise et Lamaids.
Sauf l'entrée de sa chapelle, le couvent des Bernardines ne présentait rien de remarquable ; on croit, néanmoins, que les beaux tableaux de bois sculpté déposés à l'église Saint-Pierre en proviennent.
Dans cette chapelle, ont été enterrés plusieurs de Gommtnges, de Pollier, de Mazière, etc., tous parents de la fondatrice. On y a vu une ou deux de leurs pifrres tombales.
Noms de quelques-unes des prieures des Bernardines ;
• 1694, Dame Marie de Cluys. »
• 1705, Dame de (Sainte Claire) de Berry. *
• 1741, Dame Gilberle (Desauyes) de Viersat. •
■ 1749, Dame Thérëze le jeune de Pressanges. *
■ 1778, Dame Henriette de Carbonniëre. »
« 1788, Dame Marie de Lourencel, dernière prieure. »
Noua trouvons à la date de 1630, au registre de la Chambre des comptes, la note suivante :