‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 65 sur 113 · RN · texte numérisé non relu

RN

Anvers

1 Médaille d'or.

Exposition d'Anvers.

IHHH

Bourges

1 Diplôme d'honneur.

Exposition de Boui^es.

Nevera

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Exposition de Ne vers.

BaOKTOlUdl)

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Exposition de Hanoï.

Le Havre

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Exposition du Havre.

Toulouse

id.

Exposition de Toulouse.

Rodez

1 Mention « Hors Concours »,

Exposition de Rodez.

Bordeaux

i Grand prix.

Exposition de Bordeaux.

1 Dipl. d'honneurde collaborateur.

id.

1 Médaille d'or id.

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3 Médailles d'argent id.

id.

3 Médailles de bronze id.

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Paris

1 Grand prix.

Exposition universelle.

Médaille d'or.

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Auj- collaborateurs.

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1 Grand prix. 7 Médailles d'or.

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9 Médailles d'argent.

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10 Médailles de bronze. IS Mentions.

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VEHBEHtES DUCHET 443

Une autre industrie, celle du verre, pouvait trouver & Montluçon dea conditions d'existence favorables. Sable, pierre calcaire, soude et charbon, telles sont les matières premières indispensables & la fabrication du verre de bouteille ou du verre !ï vitre. Le charbon est aux portes de la ville, le calcaire abonde dans la plaine du Berry ; de Dun-sur-Auron le canal du Berry permet de le transporter à bon compte. Les grèves sableuses parsèment la vallée du Cher, à l'aval de Montluçon, moins torrentielle qu'en amont, la rivière abandonne les sables granitiques qu'elle a arrachés au Massif central ; d'Ainay-le- Vieil, les sables du Cher sont amenés par eau à Montluçon. Aussi, dès 1842, l'un de nos concitoyens, M. Duchet, d'ancienne famille montluçon naise, ayant eu la prescience de ces éléments favorables, créa sur les bords mêmes du canal du Berry, l'importante manufacture verrière actuelle.

L'emplacement avait été acheté primitivement par M. Lacan, industriel

àValenciennes, qui renonçant à ses projets, revendit ce terrain à M. Duchet.

Commencée en 1842, la verrerie fabriquait des bouteilles en 1843.

La même année, M. Duchet établit un four à chaux, pour les besoins

de sa fobrication de bouteilles. De 1850 h ISS.'î, trois autres fours à chaus

furent édifiés pour les besoins de l'agriculture.

Deux autres ont été construits et mis en feu en 1878. Dans cette usine, jusqu'en 1875, le verre était fondu dans des creusets. A cette époque, M. Frédéric Siemens, l'inventeur du chauffage par le gaz avec récupération de la chaleur s'échappant des fours, invention qui a fait une révolution dans l'industrie, appliqua son système dans ses verreries de Dresde, en opérant la fusion du verre sur sole dans les bassins de ses nouveaux fours.

Aussitôt cette découverte connue, M. Duchet s'empressa de se rendre à Dresde et après un accord avec M. Siemens, fit constfuire de nouveaux fours, en même temps que son confrère, M. Richarme, de Rive-de-Gier. D'autres suivirent l'exemple et bientôt, en France et ailleurs, tous les fours de verreries furent modifiés.

Une autre transformation s'opère actuellement, dans le mode de fabrication. Le travail à la main et le soufflage à la bouche sont remplacés par des machines qui moulent entièrement et soufflent les bouteilles.

La fabrication est plus rapide, les dimensions plus régulières et la solidité plus grande.

Cette manufacture verrière peut produire aujourd'hui douze millions de bouteilles annuellement.

M. Poutet a succédé à M. Lepère, comme directeur des importantes verreries Duchet.

444 MoNTLUçoN Industriel

Compagnie des Forges de ChAtillon-Commentry Se Neuves-Haisona

Capital Social : 18.300.000 francs

Vaines St-Jaoques

La Compagnie des Foires de Gbâtillon et Commentry a été constituée le 15 novembre 1845 cMîmme Société en commandite par actions, par l'association d'une vingtaine de maîtres de forges, possédant de nombreux établissements métallui^iques, situés dans les départements de la Côted'Or, de la Haute- Marne, de l'Aube, de l'Yonne, de la Nièvre et de l'Allier.

Parmi ces établissements, les plus connus étaient le haut-fourneau de Dancevoir (Haute-Marne); les forges et hauts-fourneaux de Champigny, de Vauvey, de la Fenderie (Côle-d'Or) ; ceux de Tronçais, Sologne et Morat (Allier) ; les hauts-fourneaux et forges de Commentry (Allier) ; les Usines de Frangey (Yonne) ; les patouillets de Gigny, les usines et domaines de Voulaines, Sainte-Colombe (Côte-d'Or) ; Plaines (Aube) ; Gurgy (Côte-d'Or) et Latrecey (Haute-Marne) apportés, entr'autres fondateurs, par MM. Bouguéret, Couvreux, Landel, Marlenot, Pâlotte, Hambourg, Mony, etc.

L'usine Saint-Jacques, à Montluçon, devenue l'établissement le plus important de la Compagnie, par les transformations et agrandissements dont elle a été l'objet, et surtout par le rang qu'elle a conquis dans le domaine des fabrications spéciales, n'a fonctionnée qu'en 1S48.

I^a Compagnie a été transformée en 1862, en Société anonyme autorisée par le Gouvernement, au capital de 12.500.000 francs et en 1880, en Société anonyme libre.

La plupart des établissements de la fondation étaient des hauts-fourneaux au charbon de bois, travaillant avec des minerais de pays et de petites forges, traitant aux feux d'affinerie, soit les fontes seules, soit les fontes avec additions de ferrailles, pour produire des fers marchands, dits martelets, et plus couramment en dernier lieu, des billettes pour la fabrication des fils et ile.=4 pointes. Les forges de Champigny, Sainte-Colombe, Morat et Commentry, celles-ci datant de 1843, comportaient seules quelques fours à puddler.

Le groupe du Châtillonnais et celui de Tronçais, qui travaillaient avec des matières de qualité exceptionnelle et le charbon de bois comme combustible, produisaient des fers très réputés et la marque < Tronçais » eut pendant longtemps une renommée justement méritée.

Usines Saint-Jacques 445

Les progrès JDcessants de la métallui^ie, en améliorant les produits de qualité ioférieure, en dépréciant, par suite, les matières premières de choix, la coostructioD des ctiemios de fers, ea abaissant les prix de transport et en augmentant le rayon de vente des produits au coke, forcèrent la Compagnie à éteindre successivement ses fourneaux au bois, à mesure que se rélrécissait autour d'eux, la zone de protection que leur faisait le bas prix du combustible, de la force motrice ou du mioerai et l'éloigaement des gisements houillers.

Le dernier fourneau du Chàtillonnais a été éteint dans le courant de 1878et ceux qui existaient encore dans le Berry ne lui survécurent pas longtemps.

Au fur et ù mesure que la vente des fers de qualité devint plus difficile, la nouvelle société formée en 1862, sous l'impulsion éclairée de son Ingénieur- Conseil, M. Lan, Ingénieur en chef des mines, arrêta les petites forges, concentra la préparation des fers bruts et leur transformation en produits marchands ou en fer machine dans deux usines : Sainte-Colombe, Plaines et Morat, Les forces molricâs hydrauliques devenues disponibles, furent afTeclées à la création de nouveaux ateliers de dénaturation, tels que tréflleries, pointeries et câbleries. La fabrication du fil et de la pointe fut aussi implantée à l'usine de Vierzon,que la Compagnie venait d'échanger contre la forge de Champigny dans la Cdle d'Or ; elle y subsiste encore aujourd'hui.

Après une période prospère de 1871 ftl87S, l'installation de puissantes usines, l'excès de production et l'apparition sur le marché du métal déphosphoré,amenèrent un tel avilissement des prix, que de nouvelles transformations s'imposèrent. La forge de Morat fut arrêtée ; la fabrication de la machine fut transférée à l'usine Saint-Jacques à Montlucon, où s'élaborait le métal bisique qui prenait la place du fer pour tous les produits detréfilerie ou de pointerie ; celle des fers laminés fut reportée à Comraentry, en même temps que l'on entreprit une réfection complète des trains de cet établissement, pour les mettre au niveau du progrès et les approprier au laminage de l'acier, ce métal se substituant de plus en plus au fer dans la préparation des divers produit3,telsque.: laminés marchands et spéciaux, tôles fortes et tôles minces, fers blancs, etc., qui formaient le fond de la fabrication de l'Usine.

La même évolution s'imposait dans les usines du Gh&tiUoonais. Le fer dut céder progressivement le pas à l'acier, surtout pour les produits de tréOlerie. Mais en même temps, ce centre de fabrication devenait tributaire des aciéries Thomas, de la région de t'Est. Cette situation se modifiera prochainement par la mise en marche de l'importante aciérie dont la Compagnie vient de commencer les travaux de construction à Neuves-Maisons, près Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle).

MC MoNTLiiçoN Industriel

Nous avons dit plus haul que l'usine Saint-Jacques à Montluçon, le plus important des établissements actuellement exploités par la Compagnie, a fonctionné au commencement de 1848.

Cette usine comprenait à l'origine deux groupes de trois hauts- fourneaux.

La construction de la forge pour la fabrication des rails en fer, date de 1853 ; on adjoignit successivement aux trains de rails, un train de grosses tôles, un train de machine et un train de gros prolllés.

La houille venait des houillères de Doyet, Bézenet et les Ferrières, situées à des distances de 10 à 26 kilomètres, et le coke pour les hautsfourneaux et la fonderie était fabriqué sur place. Les minerais employés étaient les oxydes hydratés en grains des environs de Bourges et Saint- Amand, qui donnaient des fontes d'excellente qualité ; les principales exploitations se trouvaient à la Chapelle-Saint- Ursin, Mehun, Espinasse et D un- le- Roi.

Pour certains usages spéciaux, on employait des minerais phosphoreux de Vandenesse et du Guétin (Nièvre). Tous ces approvisionnements arrivaient à l'usine par le canal du Berry.

Dix ans plus tard, en 1864, l'usine comprenait 6 hauts-fourneaux, 2 mazeries, 1 fonderie de fonte, 30 fours à puddler, 10 fours à réchautTer, 2 presses, 2 marteaux-pilons, 1 train de rails en fer, 1 train marchand et de gros profilés et 1 train de machine.

Elle fut complétée dans le cours des années 1865 et 18G6 par le premier train universel pour la fabrication des blindages en fer. L'épaisseur de ces revêtements métalliques ne dépassait pas 8 à 10 centimètres ; on était bien loin des épaisseurs actuelles qui atteignent 35 centimètres pour les gros cuirassés.

L'année 18(56 fut pour la métallurgie le début d'une nouvelle ère de prospérité, marquée par l'apparition des inventions Bessemer et Siemens.

Les nouveaux procédés furent installés, dès l'origine, h l'usine Saint- Jacques. Le premier atelier Bessemer comprenait deux cornues de quatre tonnes, auxquelles on adjoignit postérieurement un convertisseur de sept tonnes ; il fut suivi de près par un atelier de fours Siemens -Martin.

En même temps, la forge transformait son outillage, montait des trains nouveaux pour la fabrication de rails et profilés en acierj et se complétait par la création d'un train de bandages et d'un atelier pour la fabrication des essieux en fer et en acier.

11 serait trop long de signaler ici les améliorations, les perfectionnements et les développements apportés chaque année parla Compagnie à ses divers moyens de production et à ses ateliers de déoaturation des produits destinés au commerce.

Il nous suifira de rappeler les récents aménagements des laminoirs.

Usines Saint-Jacques 447

de la fsrge & essieux et à grosses pièces (t897) ; l'installation de la tabrication des emboutis et spécialement des tubes en acier sans soudure (189S) pour témoigner de la tendance de la Compagnieàse maintenir dans la voie du progrès. Il sera plus intéressant de suivre révolution parallèle vers les fabrications spéciales du matériel et des engins de guerre, et d'en marquer les étapes avec les détails que comporte l'importance de leur production, k divers points de vue.

A une époque déjà ancienne, en 1868, nous voyons implanter àSaint- Jacques une fabrication nouvelle : celle des projectiles, en fonte dure.

Le procédé de fabrication, complètement nouveau, imaginé par les ingénieurs de la Compagnie, donna dès le début des projectiles réalisant pleinement les conditions d'essais imposées par la marine française.

Jusqu'à cette époque les projectiles en fonte dure étaient fournis à notre gouvernement par l'usine Gruson, de Magdebourg ; les résultats supérieurs donnés par tes boulets de l'usine Saiot-Jacques lui assurèrent le monopole des livraisons en France.

Ajoutons qu'à partir de 1875, la Compagnie avait fait également aux départements de la Guerre et de la Marine, de très importantes livraisons d'obus en acier coulé de tous calibres, et que ces produits furent particulièrement appréciés, jusqu'au moment où la résistance de plus en plus grande donnée aux cuirassements, amena l'arlillerie à adopter les projectiles de rupture en acier forgé.

Les fabrications furent avec celles des blindages le début de la Compagnie dans la préparation des produits militaires ; nous allons voir avec quelle persévérance et quelle méthode la Compagnie de Cbàtilloa- CoRimentry, une fois entrée dans cette voie, a poursuivi son but et conquis l'un des premiers range dans cette industrie, si particulièrement intéressante au point de vue nationaL

Le 1" octobre 1879, M. Ch. Mesuré (1) fut nommé directeur des usines Saint-Jacques.

La substitution de l'acier au fer dans la fabrication des rails, l'apparition du procédé Thomas Gilchrist et enfin la crisedelSSS 84 allaient d'ailleurs précipiter une évolution dont nous relaterons les phases principales, après avoir précisé en quelques lignes les événements qui l'ont provoquée.

Lorsqu'après la guerre de 1870, les usines se remirent au travail, l'acier supplanta rapidement le fer dans lafabrication de certains produits, — rails, bandages, éclisses, gros profilés, — qui représentaient une fraction importante de la production de l'usine.

Ce changement de li-ont eut une première conséquence immédiate;

(I) M. Ch. Mesuré, chevalier de la Légion d'Honneur, est acluellement ingi^olenr cooKil de la Compagnie.

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448 HoNTLuçoN Industriel

ce fut d'entraîner une diminution considérable de la consommation des minerais du Berry, minerais qui, après des essais infructueux, avaient été reconnus impropres à la fabrication des nouveaux produits

Un seul haut-fourneau a donc pu continuer à passer ces minerais pour fontes d'aflinage, tous les autres durent être alimentés de minerais riches provenant en grande partie d'Espagne, d'Afrique et de l'Ile d'Elbe.

En 1883, à la suite de la baisse de prix considérable que subirent les rails en acier, baisse causée par l'ouverture de nouvelles usines de l'Est et du littoral, spécialement construites en vue de cette fabrication, et par l'abandon du programme Freycinet, l'usine Saint-Jacques, assujettie à des frais de transport excessifs pour ces minerais, fut obligée de fermer son atelier Bessemer et d'arrêter son train de rails.

A partir de cette époque, la Compagnie consacra tous ses efforts au développement des produits spéciaux pour la Marine et pour la Guerre, et à l'amélioration de certaines fabrications exigeant des métaux d'une qualité supérieure, telles que celles des bandages et essieux àgrande résistance, des pièces de forge, des aciers pour câbles, pour tôles à chaudières, etc.

Des méthodes nouvelles basées sur des études scientifiques ont été la source de progrès notables dans le mode de coulée des aciers, dans le travail de la forge, dans les Irempes et recuits formant le traitement calorifique.

En 1885, on installe l'aciérie au creuset, comprenant deux fours de vingt-quatre creusets chacun pour la fabrication des aciers & outils de tous genres et de toutes nuances de dureté ; la qualité de ces aciers a été appréciée dès l'origine et des quantités de plus en plus importantes sont livrées chaque jour au commerce et aux manufactures de l'Etal. (1)

En raison de l'importance prise par la fabrication des blindages, la Compagnie a construit dans le cours de l'année 1886, un polygone d'une surface de près de 10.000 mètres carrés, doté de plusieurs chambres blindées et d'un important matériel de tir.

L'année 1887 est marquée par deux faits saillants : le premier est la création d'une moulerie d'acier, qui devait prendre par la suite une importance de plus en plus grande. Cette moulerie fabrique les pièces les plus variées ; pignons, eofçrenages, pistons et bâtis de machines, pièces diverses pour affûts et torpilles, etc., etc. Elle a livré en 1899 deux arcs de rive et deux arcs intermédiaires pour le pont Alexandre III.

Le second, c'est la livraison à la marine française, de son premier tôt d'obus de rupture. Cette fabrication a été développée et améliorée depuis celte époque, de manière à répondre aux exigences toujours croissantes

(I) Celle acii^rie est diriffée depuis sa crOalion, par un Montluçonnais, M. Laureni, ingénieur de la Compagnie, chevalier de la Légion d'Honneur.

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Usines Saint- Jacques 440

de la clienlële miiJlaire. Des ateliers spéciaux, notammeot pour la trempe, lui ont été affectés.

Sous l'impulsion de M, Léon Lévy, ingénieur en chef des mines, officier de la Légion d'Honneur, directeur de la Compagnie, les usines Saint- Jacques prirent un développement considérable.

En 1890, OQ installe une presse de 4.000 tonnes pour le forgeage des gros lingots, pour pièces de forges et blindages et pour le gabariage des blindages ; plus tard, on lui adjoint deux autres presses, dont l'une de 1500 tonnes. Une nouvelle presse de 1400 tonnes est en construction.

Dans le compartiment des ouvrages cuirassés, la Compagnie n'a pas cessé d'occuper une situation prépondérante. En dehors des commandes qui lui ont été confiées par la France, elle a livré de 1889 à ce jour, 32 coupoles à la Belgique, 2 coupoles pour le Danemarck, 36 pour le gouvernement Roumain, Snouvellescoupoles pour laBelgique,1coupola pour la Russie et 4 coupoles et un canon de 12 centimètres pour la Suède. Un puissant outillage a été approprié à cette fabrication et la Compagnie y ajoute actuellement le complément des machines nécessaires à la construction des tourelles de navires, que la Marine confie maintenant h l'industrie privée.

Mais ce n'est pas seulement l'installation matérielle et le développement incessant de l'outillage qui font l'objet des préoccupations et des études de la Compagnie. Les procédés de fabrication n'ont pas moins attiré son attention, et le cAtè à la fois technique et scientifique de la question, a vivement sollicité ses expériences et les recherches de ses ingénieurs.

D'importants progrès et de nouvelles formules de fabrication sont dûs à son initiative.

Nous en citerons quelques exemples.

C'est d'abord et en première ligne le métal extra-doux, dit acier Saint-Jacquea, que la marine française a choisi comme type pour Ja tïtbrication des plaques de pont.

L'acier au chrome, qui a précédé l'acier au nickel, pour les blindages de ceinture et de tourelles.

Un acier spécial, applicable aux plaques cémentées et qui est remarquable par sa ténacité.

Enfin une dernière et récente nouveauté, qui date de quelques mois seulement, consistant dans un acier extra-doux moulé, équivalent par ses propriétés balistiques, au métal laminé ou forgé pour le cuirassement des ponts.

A i'heure actuelle la Compagniea introduit dansses ateliers, les divers procédés de fabrication de bUndage sanctionnés par la pratique, aussi bien ceux qui sont le résultat des travaux étrangers, tels que le blindage

450 MoNTLiiçoN Industriel

Krupp, que ceux qui sont le fruit de ses propres conceptions. Parmi ces derniers, il faut citer notamment le procédé Charpy, du nom du directeur actuel des imporlantes usines Saint-Jacques, chevalier de la Légion d'Honneur.

Enfin la fabrication des canons s'est développée, notamment depuis 1897 ; l'usine a pris part à la fabrication du nouveau matériel deguerre et a livré depuis 1897 plus de mille tubes pour canons de soixante- quinze millimètres. La bonne marche de la fabrication a engagé l'usine à construire uD four vertical, pouvant tremper les gros canons jusqu'au calibre de 305 mm. inclus.

En résumé les fabrications actuelles de l'usine Saint-Jacques sont les suivantes :

Blindages production de 3.500 par an.

Canons — 500 —

Projectiles — 250 —

Bandages — 20,000 pièces par an.

Essieux — ■ 12.000 —

Moulages en acier — 2.000 tonnes par an.

Acier & outils au creuset — 1.000 —

Aciers marchands — 2.000 —

Fers à planchers — 12.000 —

Machine — 10.000 —

Pièces de forge — 500 —

Tubes sans soudure — 500 —

Télés durcies pour

masques d'affûts — 100 —

Tôles à 20-25 "/» de nickel — 500 —

La superQcie de l'usine est de 40 hectares.

Les communications avec l'extérieur ont lieu par le canal du Berryet par le chemin de fer d'Orléans, avec embranchement spécial dans l'usine. Les manutentions extérieures sont faites sur voies normales et voies de un mètre d'un développement de quinze kilomètres environ. La traction se fait par locomotives.

Les moyens de production pour ces diverses fabrications sontrésumés dans le tableau suivant :

65 machines & vapeur.

57 chaudières d'une surface de chauffe totale de 3.700 mètres carrés environ.

8 fours Siemens, dont cinq de 20 à30 tonnes et un de 35 & 40 tonnes. 21 fours à réchauffer.

13 chaufferies.

12 fours à recuire.

Usines Saint-Jacqubs 4ëA

7 fours à tremper.

1 bâche de 15 x ^ X ^ mètres pour la trempe des bliadages. 1 appareil de trempe par aapersioa pour les blindages. 4 cubilots.

1 four & réverbère.

1 mazerie.

2 fours & creusets, renfermant 31 creusets chacun.

8 fours à cémenter, dont 6 pour les blindages. 17 marteaux-pilons dont 1 de 20 tonnes.

3 presses à forger et h gabarier de 4,000, 1,500, 1,200 tonnes. 7 trains de laminoir savoir :

1 train de blindages ; 1 train de bandages ; 1 train de poutrelles ;

1 train de machine ;

2 trains marchands ;

\ 1 train pour aciers fins.

22 ponts roulants, dont 1 de 100 tonnes et 3 de 75 tonnes. 48 grues.

6 cisailles.

3 scies.

5 broyeurs.

134 machines-outils.

A l'usine Saint-Jacques sont annexés les Ateliers de construction de la Vilie-Gozet, qui comprennent :

5 machines à vapeur.

3 fours à réchaufTer.

15 ponts roulants.

9 grues.

100 machines-outils.

L'usine Saint-Jacques et les ateliers de la Ville-Gozet occupent au total 3,000 ouvriers et 320 employés.

Dans le but de s'alTranchir de la dépendance, déjà signalée, dans laquelle elle se trouve vis-à-vis des aciéries de l'Est pour l'approvisionnement de certaines de ses usines de dénaturation, la Compagnie s'est annexée en 1897, la Société Métallurgique de Champigneulles et Neuves- Maisons qui lui a apporté, outre les établissements métallurgiques de Neuves-Maisons, Champigneulles et Liverdun, d'importantes concessions de minerais de fer.

Son capital a été porté à 18.500.000 francs et sa raison sociale complétée aous la torme ■ Compagnie des Forges de Chàtillon-Commentry et Neuves- Maisons >.

452 MoNTLUçoN InduetbieL

En même temps, la Compagnie a décidé la créatioQ à Neuves- Maisons, qui était déjà un centre de production de fonte, d'une importante aciérie Thomas, dont la construction a été achevée en 1903 et qui fonctionne dans d'excellentes conditions, sous tous les rapports.

Ayant d'indiquer sous forme de résumé les établissements qu'exploite actuellement la Compagnie, un mot seulement sur les importantes forges de Commeotry qui eo font partie.

Worg^m de Oommentry

Avant d'avoir des forges, Commeatry eût une manufacture de glaces et verreries, laquelle fonctionnait sous la dénomination de Société AnonyTne de la Manufacture des Glaces et Verreries de Commentry.

Cet établissement fut vendu en juin 1830, A la Société de Saint- Gobain ; après l'avoir exploité pendant dix années, la Société de Saint- Gobain le revendit en juillet 1840, sous la condition que l'acquéreur ne pourrait, pendant toute la durée de la dite société, établir de verrerie autre que pour la fourniture des bouteilles et du verre à vitres.

L'établissement fut tranformé en forge en 1843 par MM. Martenot, et, à la suite de la formation de la Société en commandite Bouguéret, Martenot et C'«, en novembre 1845 ; il appartient depuis cette époque à la dite société.

Les forges de Commentry avaient été installées pour une production annuelle de 15.000 tonnes.

Elles ont subi à difîérentes reprises d'importantes améliorations et leur puissance de production a été portée à 50.000 tonnes.

Sont devenus bien rares aujourd'hui les établissements où, comme & Commentry, l'on peut suivre dans toutes ses phases la fabrication du fer, depuis le minerai jusqu'aux feuilles de fers blancs imprimés. On rencontre donc & Commentry des fours à coke, des hauts fourneaux, des fours à puddleret des laminoirs très importants.

L'effectif du personnel occupé dans les forges de Commentry sous la direction de M. l'ingénieur Dumuis, est de 1.500 ouvriers et employés.

USINES MËTALLUROIQUES DE LA COMPAONIE

Gnoui'E DU Centre

Foires et aciéries de Saint-Jacques à Montiuçon (Allier). Ateliers de constructions de la ViJle-Gozet, à Montiuçon, dépendant des forges Saint-Jacques.

Usines Diverses de ia C^Chatillon-Gommkntry Se Neuves-Maisons 453

Hauts- fourneaux et forges de Commentry (Allier). Tréflleries et Câbleries de Tronçai3, Sologne et Moral (Allier). Tréfilerie et Poinlerie de Vierzon (Cher).

(iRouPE DE l'Est

Hauts- Fourneaux de Neuves- Maisous (MeurLhe-et-Moselle). Aciéries de Neuves-Maisons.

Forces de Champigneulles (Meurthe-et-Moselle) Hauts-Fouroeaux et Forges de Liverdun (Meurttie-et-Moselle'.

Groupe du Ciiatillonnais

Foi^e, Trcfilerie et l'ointerie de Sa! nie-Colombe (Côte-d'Or). TréRIeriea de Plaines et Mung-s/-Seine (Aube). Tréfilerie d'Ampilly (Côte-d'Or).

Pointeries de Cliamesson (Côte-d'Or).

Exploitations de Minerais he feu

Minières dans le Clier.

Mines de fer en Meurthe-et-Moselle.

Exploitations de Houille sous la direction de M. Ch. Lévy, ingénieur de la Compagnie, à St-Eloy. Houillère de Sainl-Eloy (Puy-de-Dôme).

— de Bézenet (Allier).

— de Doyet (Allier),

— des Ferrières (Allier).

— de Fons et Noyant (Allier).

Ces diverses entreprises occupent 10.100 ouvriers.

CONSEIL D'ADMlNISTftATION

DE CHATILLON-COMMKNTIIV ET NeUVES-MaISONS

MM. Darcy Henri ; /"résident.

Biver Eugène ; Membre.

Bordel Lucien ; —

Brame Paul ; —

Brincard (Baron G.) ; —

Demmber Arthur ; —

Germain Henry ; —

de Lespinats (comte Victor) ; —

Michaut Henri ; —

de Bavinel (baron Charles) ; —

Viellard Armand ; —

MoNTLUçoN Industriel

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