‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 67 sur 113 · EXPOSITIONS · texte numérisé non relu

EXPOSITIONS

imi

1 MMaillcd'or.

Exposition Universelle

Paris

1 Médaille d'argent.

id.

Paris

1 Médaille d'or.

id.

iH33

Paris

Médaille d'or cLgrandeméd. d'honneur.

id.

1>aris

Médaille d'or.

td.

Paris

Itappel méd. d'or, liorsconcours (Jury).

id.

Grand prix, classe 19.

id.

id. id. 63.

id.

Médaille d'argcnl, classe 6i.

id.

Londres

î Médailles de bronze.

id.

Vienne

Diplôme d'honneur.

id.

Pbiiadelphie

id.

id.

Melbourne

Médaille d'or.

id.

Anvers

Diplôme d'honneur.

id.

llarcelone

Médaille d'or.

id.

Bruxelles

Diplôme il'hooneur, prix de progrès.

id.

Paris

4 Grands prix.

id.

i Médailles d'or.

id.

1 Médaille d'ar^wt.

id.

id.

3 Grands prix.

6 Médailles d'or.

id.

9 Médailles d'argent.

id. *

S Médailles de bronxc

id.

La Compagnie a un service médical dont elle fait tous tes frais, un Uuvroir pour les jeunes filles, et jusqu'à ces derniers temps elle avait une école de lilles, tenue par les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, école qui a été fermée à la suite de la loi de 1001.

La Compagnie accorde des retrailes après 25 et SO années de services, aux ouvriers et employés qui versent à la Caisse Nationale des Retraites pour la vieillesse ; mais la retraite de la Compaignie est faite sans retenues.

Dés 18G4, une caisse de Secours avait été créée à la Glacerie ; actuel-

MaNUF'AGTURES de SArNT-GoBAIN 457

lement il y en a uoe dans chaque usine, administrée sous la présidence du directeur, par un conseil d'ouvriers élus par leurs camarades.

La Compagnie de Saint-Gobain, dont le Siège Social est à Paris, 1, Place des Saussaies a :

Des maoufacturea de glaces à Saint-Gobain, Chauny, Cîrey et Montlu- COD, en France ; en Allemagne, à Stolberg, WaldhofT (près Maanheim), Altvasser et Bllin ; en Ilalie, à Pise, et en Belgique, à Franière ;

Des manufactures de produits chimiques à Chauny, Aubervilliers, Saint-FoQS, Montiuçon, Mareones, Balaruc, Montargis, i'Oseraie fprès Avignon), Tours, Agen, Bordea'jx, Périgueux, Tonnay, Villefrancho (Aveyroa), Bayonne, Nantes et Reims, et à Mesvin-Cîply en Belgique, plus les mines de pyrites de Saint-Bel et divers gisements de phosphates.

La Direction générale est actuellement ainsi constituée :

Président du Conseil d'Administration : M. le Marquis de Vogue.

Directeur général des Glaceries : M. Deiloge.

Directeur général des Produits Chimiques : M. Léquln.

Directeur commercial des Produits Chimiques : M. Mayoussier.

Uvine & saz et Station électrique.

C'est le 21 avril 1856, que se forma la Société pour l'établissement de l'Usine à gaz et son exploitation, sous la raison sociale Parouty et G'".- pour une durée de vingt années; le prix du gaz était alors iixéàOfr. 50[emètre cube.

En 1864, la concession fut prorogée de vingt années, moyennant d'importantes réductions sur le prix du gaz, tant pour la ville que pour les particuliers.

En 1871, l'usine fut achetée par la Société Lyonnaise, Auguste Génin et C'«, qui réduisit encore le prix du gaz à 0 fr. 30 le mètre cube ; enfin, une société locale se constitua en l'888, pour l'installation et l'exploitation d'une usine électrique.

En 1895, la concession du gaz étant expirée, un nouveau traité fut conclu entre la ville et M, G. Mallet, ingénieur à Paris. Ce dernier traité comportait de fortes réductions sur le prix du gaz (0 fr. 20 le mètre cube pour les particuliers, Ofr. 15 pour la force motrice et pour l'éclairage des établissements subventionnés par la ville, et 0 fr. 10 pour tout le gaz payé par la caisse municipale).

Ce nouveau traité comprenait également une grande extension de la canalisation : 40 kilomètres environ lurent exécutés du l" novembre

458 MoNTLUçON Industriel

t895 au ^1 mars 1896, et 600 aouvelles lanternes, pour l'éclairage public, furent installées dans le même laps de temps.

Sur ces nouvelles canalisations furent alimentés en très peu de temps, environ mille aouveaux abonnés que le prix réduit du gaz, et les lacilités données par la Compagnie, engagèrent & adopter le gaz comme éclairage et chauffage.

Le personnel qui élait alors de vingt-cinq ouvriers ou employés est aujourd'hui de soixante-dix.

En 1896, l'usine à gaz fut reconstruite à neuf, sous l'habile direction de M. Fabre, et en 1900, il fut exécuté d'autres travaux très importants. Elle peut produire aujourd'hui, dans de bonnes coaditions, 16.060 mètres cubes par vingt-quatre heures.

Le 1" octobre 1896, la nouvelle Compagnie du Gaz fusionnait avec la Société électrique montluçonnaise, fondée en 1888.

Le prix réduit du gaz fixé par le nouveau traité et les progrès de l'incandescence par le gaz, engagèrent la plus grande partie des consommateurs de lumière électrique à l'abandonner, pour s'éclairer avec les becs Auer. De ce tait, la consommation de l'électricité avait baissé rapidement, dans de fortes proportions. Néanmoins, par suite des embellissements successifs de la ville, de l'installation de nouveaux et grands magasins, l'usine électrique était devenue insuffisante. La Compagnie du Gaz, désireuse de donner satisfaction à sa clientèle, décida, dans son assemblée générale de mars 1901, ta construction d'une nouvelle station électrique moderne. Les travaux seront elTectués en 1904. Cette station qui aura une grande puissance, répondra en même temps aux besoins de la clientèle et le courant électrique sera à sa disposition & toute heure du jour et de la nuit.

Depuis 1896, le réseau de canalisation de gaz a été augmenté de un kilomètre environ par année; enfin, l'éclairage public, qui était composé de SOOlanternes environ en 1895, en comprend aujourd'hui plus de 1.100.

Ed 1903, à la suite d'une nouvelle convention entre la ville et la Compagnie du gaz, tous les becs papillons des lanternes furent remplacés par des becs à incandescence, qui donnent environ dix fois la lumière des becs papillons.

Montluçon peut 6gurer au nombre des villes de province les mieux éclairées. Aussi, l'étranger et l'habitant qui, le soir, pousse sa promenade jusque sur le pont du Cher, jouit d'un coup d'ceil ravissant, autant par l'éclairage des quais, que par celui de la rue de la République, qui a près de trois kilomètres de longueur en ligne droite.

Cette profusion d'éclairage des rues a certainement contribuée à la sécurité des retardataires et elle a été également de quelque utilité pour la propreté de la ville.

Chemin de Feb d'Orléans 459

ChemiD de ter a*Orl«an*. — 1.860

Notre première voie ferrée fut celle reliant MontliiçoQ à Moulins, avec embranchement sur Bézenet ; cette ligne concâdée, en 1856, à la Compagnie, dite du Grand Central de France, a été rétrocédée en 1857 à la Compagnie d'Orléans, el la circulation fut ouverte au public en novembre 1859.

Les communications entre Montluçon et le bassin parisien, déjà assurées par le canal du Berry, sont doublées par le chemin de ier de Bourges à Montluçon, concédé à la Compagnie d'Orléans en 1857 ; il est livré à l'exploitation en 1861.

C'est en décembre 1864 que Montluçon fut relié à Saint-Sulpice- Laurière. En juin 1871, les lignes de Montluçon à Gannat et à Sainl-Eloy furent ouvertes. En septembre 1884, celle de Montluçon à la ChAtre, complétait !a ligne de Tours, ouverte en 1882, jusqu'à celte dernière ville. En octobre 1885, est ouverte la ligne de Montluçon à Auzances, complétée en juin 1887, d'Auzances à Eygurande.

La plupart de ces lignes ont pour aflluents les chemins de fer économiques de l'Allier et du Cher, livrés à la circulation en 1891 et 1892.

Cet ensemble très complet de voies ferrées produit à Montluçon un important mouvement de voyageurs et de marchandises qui a atteint en 1896 et par comparaison en 1903, les chiffres suivants :

Voyageurs, arrivées et départs 360.260 599.540

Marchandises grande vitesse 4.420 tonnes 7.210 tonnes

— petite vitesse 512.000 — 665.337 —

Li recette totale de notre gare en 1893 a été de 1.659.000 francs et en 1903, de 1.930.000. Au point de vue du tonnage, Montluçon occupe le troisième rang parmi les gares de la Compagnie d'Orléans.

Depuis 1884, notre ville est devenue le siège d'une inspection principale, dirigée depuis longtemps par M. Rémon, honorablement connu de nos concitoyens.

Atelier» de lu Vllle-Goxet. '

C'est en 1864, que MM.Poynot et C'^ érigèrent les ateliers deconstruction de la Ville-Gozet, sur un terrain acquis par eux de la famille Mage en 1863.

Ils comprenaient alors seulement l'ajustage, la chaudronnerie et la looderie.

460 MoNTLUçON Industriel

La Compagnie de Chfltillon-Commenlry s'en rendit acquéreur en 1867 ; elle les a. considérablement agrandis et leur outillage actuel est beaucoup plus puissant : ajustage, tours, chaudronnerie, montage des travaux de précision.

Ces ateliers, dont la partie technique est depuis longtemps confiée à M. Moulle, ingénieur, chevalier de la Légion d'Honneur, occupent environ 300 ouvriers.

Ils appartiennent, nous l'avons dit, au groupement manufacturier de la Compagnie des Forges de Ghâtillon-Commentry et Neuves-Maisons ; aussi ne les notons-nousà cette place que comme ordre chronologique.

ITsine de* Fera Creux.

Fondation de l'Usins

MM. Mignon & Rouart, constructeurs- mécaniciens & Paris, ayant eu, en diverses circonstances,à employer des tubes en fer, s'étaient maintes fois trouvés dans un grand embirras, par suite de la difficulté de s'en procurer de qualité suffisante, tant chez les dépositaires ou marchands de tubes étrangers, que chez les quelques fabricants français alors existants.

Cet embarras devint tout à fait sérieux, lorsqu'ils eurent à construire leurs machines à glace, pour lesquelles des tubes de qualité irréprochable étaient absolument indispensables.

Ils finirent par en rencontrer de convenables à Saint-Denis-sur-Seine, dans une petite usine appartenant à M. M. Charles Clerc & Ci*.

Ceux-ci avaient une supériorité marquée sur tous leurs concurrents, grâce à la qualité des fers qu'ils employaient et aux soins apportés à leur fabrication ; malheureusement cette supériorité élait acquise à trop de frais, et, après quelques années, à bout de ressources, ils se virent obligés de suspendre leur fabrication.

MM, Mignon & Rouart se retrouvant dans le même embarras qu'auparavant, ne virent plus d'autre moyen d'en sortir, que de fabriquer euxmêmes les tubes nécessaires à leur consommation.

Leur décision à cet égard fut bientôt prise ; elle le fut d'autant plus rapidement qu'ils y virent un moyen de consolider et de développer en France une industrie nouvelle très importante, et qui y avait étéjusquelà mal établie, et à peu près constamment languissante.

Dans ce but ils achetèrent l'usine de M. M. Charles & Clerc, mais ils pe tardèrent pas à reconnaître qu'elle était mal située, surtout en raison

Usine des Fers Creux 461

de son éloigDement des lieux d'origine des matières premières, houille et fer.

C'est alors qu'ils jetèrent les yeux sur Montluçon, pays industriel de premier ordre, situé au centre de la France, au milieu d'un grand bassin houJIIer, ayant une population ouvrière importante, possédant des foires et & prosimitédes usines deCommentry.deFourchambaultetduCreusot.

C'est là qu'ils résolurent de transporter leur manufacture, et de l'ins^ laller sur les bases les plus larges, qui permissent de lui donner dans l'avenir, un développement en rapport avec l'importance de la consommation française et étrangère de tubes en fer.

Ils s'associèrent M. Delinières, ingénieur des Arts et Métiers, occupant alors un poste important dans la maison Cail et Hallot, de Bruxelles, et ce fut lui qu'ils chargèrent de la construction de l'usine, qui, commencée en 1865, fut mise en marche au commencement de l'année 1866.

Importance de l'Usine et production

Les produits exposés lors de l'Exposition de.l878, ont montré que MM. Mignon, Rouart et Delinières, ee sont efforcés d'être des innovateurs dans leur industrie.

Les premiers, ils ont proposé et fourni à la marine nationale des pièces dont l'exécution aurait paru impossible à tous autres et c'est ainsi qu'ils ont livré des bossoirs, m&ts de charge, taogons pour filets Bullivant (pare-torpilles), dont l'application a été faite aux cuirassés < le Hoche >, c Masséna d, * Formidable r, t Vengeur •, etc.

Ces pièces étaient primitivement construites en fer à T et cornières, c'est-à-dire offrant moins de résistance, et d'un poids beaucoup plus élevé que celles en tubes proposées par MM. Mignon, Rouart et Delinières et adoptées par les constructions navales.

Il en fut de môme pour les chandeliers do garde-corps, montants de tente.

A la même exposition figurait un serpentin qui fut remarqué pour sa forme, ses dimensions et difficultés d'exécution.

Il représentait un développement de 92 mètres d'une seule pièce, sans aucun joint, ayant un cdne de 4 ">500 à la base et de 10 i"/" au sommet.

Ce tube commençant au diamètre de 300 "/■" était conique d'un bout à l'autre, sur une même génératrice, et finissait au diamètre de 10 "/"'.

Depuis cette époque l'usine des Fers Creux a suivi une progression ponstante, grâce qux eîTorts contjnus de MM. Mignon, Rouart at Delinières,

402 MoNTLUçoN Industriel

qui ne reculèrent devant aucun sacriQce pour la doter du matériel le plu perfectionné.

Ateliers de construction

MM. Mignon et Rouart, indépendamment de l'usine de Montluçon, avaient à Paris un vaste immeuble dans lequel ils avaient installé leurs ateliers de. mécanique.

C'est It qu'en 1870, furent fabriqués quantité de fusils et de mitrailleuses.

Ils y construisaient aussi les appareils à glace et furent, avec Carré, dont les appareils portent du reste le nom générique, les inventeurs et les promoteurs en France des appareils à froid ; ils furent également les premiers constructeurs des dynamos et moteurs Gramme.

A cette fabrication, ils joignaient celle des moteurs & gaz < Lenoir >, des appareils pour la télégraphie pneumatique, des afTùts de canons, des lorpilles, machines-outils, etc.

Depuis quelques années, & la mort de son associé, M. Mignon, M. Rouart transporta à l'usine de Montlucon, ses ateliers de mécanique de Paris.

Ce nouveau contingent vint augmenter dans de très notables proportions, l'importance de l'usine de Montlucon. Les applications de jour en jour croissantes de la force motrice à bon marché par les moteurs à gaz et à pétrole, et du froid industriel, ont permisà M. Rouart de développer ces branches si intéressantes de son industrie.

Il y a quelques mois, il céda ses usines à la Société F. Grimault, Le Soufaché et Félix, qui en est actuellement propriétaire, et les exploite.

L'usine des Fers Creux ainsi transformée par l'adjonction de la partie mécanique, transportée de Paris à Montlucon par M. Rouart, fabrique des tubes de toutes sortes, tant pour le gaz et l'eau, que pour \% vapeur, l'air comprimé, etc., d'un diamètre variant de 5 à 500 ■"/>".

Elle exécute aussi des serpentins en tubes d'une seule pièce atteignant des développements considérables pour les besoins de la réfrigération dei brasseries et de locaux pour conservation d'aliments, etc....

Eu un mot, elle exécute toutes pièces de chaudronnerie.

Les ateliers de mécanique construisent les moteurs système Lenoir, les machines à glace produisant de 1 à 1.000 kilos de glace à l'heure, les appareils broyeurs, appareils à stériliser les eaux de consommation, appareils pour la transmission atmosphérique des télégrammes, condenseurs pour la marine, signaux et enclanchements pour les chemins de fer et en un mot tout ce qui a rapport à la mécanique en général.

Us[NE DES Fers Creux

L'uBÎne des Fers Creux occupe environ 350 ouvriers et la force molrice employée est de 250 chevaux.

Nombreuses furent les récompeuses dâceruées & MM. Mignon & Rouart, indépendamment de leurnomînation respective au grade d'ofHcier dans l'ordre de la Légion d'Honneur ; en voici la nomenclature :

^NNËES

Villes

Désignation

DE LA RtCOHPENSB

ExposfTioNs

Uédaille d'or.

Ssciélé d'Encouragement.

mi

Londres

Prize Hedall.

Exposition Universelle.

Paria

Médaille (l'or.

id. id.

Vienne

id. id.

Paris

Médaille d'or.

Exposition de Paris.

Prix de 1000 francs.

De la Société d'Encouragement (Moteur à gaz).

Hors Concours.

Membre du Jury.Exposition Universelle.

Iriboame

Médaille d'nrgenl.

Exposition Internationale.

ISSl

Veraanies

Médaille d'or.

Exposition spéciale des Brasseries.

PHris

Médaille d'argent.

Exposition Internationale d'Electricité.

Grande Médaille.

De la Société des Agriculteur de France

Prix do 1000 franos.

De la Société d'Enceuragcment (Conservation de la viande).

Londres

Médaille d'argent.

Exposition Internationale. ||

Paris

Diplôme d'honneur.

Exposition du Travail.

Paris

Hors Concours.

Membre du Jury, Exposition Internanation a le.

Havre

Médaille d'argent.

Toulouse

Médaille d'or.

id. id.

Paris

Diplôme d'Honneur.

Exposition des Bières Françaises.

id. id.

id. de Sauvetage et d'Hygiène.

Paris

Hors Concours.

Diplôme d'Honneur.

id. id.

id. de Boulogne.

Grand Prix.

id. de Lyon,

Paris

id. id.

id. Universelle.

Paris

Médaille d'or.

id. id.

Grand Prix.

id. d'Hygiène généraleet Coloniale.

Hanoï

Hors Concours.

De nombreuses récompenses aux collabo-

Exposition d'Hanoi.

rateurs.

ïGooglc

MoNTLucoN Industriel Etablisvemeiftt» Hurtu. — 1.894

Hachines i coudre

En 1894, quelques personnes conçurent l'idée de construire dans notre ville une manufacture de machines à coudre. La mise en marche eut lieu en janvier 1895. Les débuts ne furent pas heureux et en 1S96 (juillet) l'usine qui occupait plus-de 200 ouvriers dut fermer ses portes.

Une nouvelle Société se reconstitua le 13 août 1897 et une partie de l'outillage fut affectée à lafabricationdespiècesd'automobiles, de moteurs à pétrole, à l'électricité et de pièces diverses pour la guerre et la marine, mais également sans succès.

Au mois de mai 1902, une des plus anciennes et des plus réputées fabriques de machines à coudre du monde entier, les établissements Hurtu, ancienne maison Hurtu et Hautin, actuellement Diligeon & C" dont le siège est à Paris, 54, rue Saint-Maur, trop à l'étroit dans leurs ateliers de Paris venaient s'installer dans l'usine et lui redonnaient une nouvelle vie.

Un directeur, un chef d'atelier et des contremaîtres depuis longtemps spécialisés dans cette fabrication si délicate et de grande précision, sont venus de Paris pour recruter et former le personnel ouvrier.

De nombreuses machines-outils construites par les établissements Hurtu eux-mêmeset parfaitement appropriés k cette ûibrication sont venus s'ajouter et compléter le très important matériel déjà existant.

Cette usine est actuellement eo pleine activité. Elle occupe une surface de 30,000 mètres carrés, dont 3,000 couverts. Les machines outils, tels que tours, fraiseuses, machines à reproduire, etc. sont au nombre de 200, et des modèles les plus récents et les plus perfectionnés. Les ouvriers sont au nombre de 200 environ et la production actuelle de cette usine est de 12,000 machines à coudre paran environ, production en progression toujours constante.

ManutAOtare de Vaux-Cola et Hanoliettea Efayem et Cï><

Cette manufacture, située rue de la Croix-Mallet, a été ouverte le 19 août 1897, sous la direction de M. Lejeune.

Ases débuts, elle occupait seulement M ouvrières, mais elle s'est rapi-

Manufacture de Faux-Cols. — Industries Diverses 465

denietf Migmentée. En 1900, 250 ouvrières étaient employées et en 1004, le persOQDel comprenait 320 personnes.

La manuffactnra coupe, confectionne et repasse des faux-coIs et des manchettes ; elle en livre aa moyenne 603 douzaines par jour.

Il est à pen près certain que dans quelques mois les deux halle seront augmentés d'un troisième.

Les ateliers sont remarquablement tonus, très satos et très aérés et éclairéi'. lis possèdent l'outillage et les installations les plus récents.

Depuis le mois de novembre 1903, la direction de cette importante manufacture a été confiée à M. Gouy, capitaine d'artillerie en retraite, chevalier de la Légion d'Honneur.

Nous avons le devoir d'associerà notre tribut d'hommages renduà ce brillant faisceau manufacturier, d'autres nombreuses industries locales :

AtelierB de eonatructiona mécaniques. Imprimeries et Lithographies, Brasseries, Tuileries et Scieries mécaniques. Fours à chauz. Tanneries, Fabriques d'agglomérés pour bâtiments, Filatures de laitus, etc.

A. tous ces honorables industriels, nous adressons félicitations et souhaits.

Déduction

Après notre revue des industries montluçonnaises, nous avons à nous demander si la prospérité dont elles témoignent est durable. Elle semblerait aujourd'hui un peu menacée.

En effet, l'impulsion ascendante de plusieurs d'entre elles, et notamment de l'industrie métallurgique, se trouve enrayée momentanément, par suite de circonstances défavorables.

D'abord le canal du Berry est devenu notoirement insuffisant. La section, trop faible, oe permet la circulation qu'à de petits bateaux, chargés de 60 à 65 tonnes. 11 s'en suit que la plus grande partie de la production des usines s'expédie par voie ferrée, ce qui la grève de frais de transport trop considérables, surtout qu'il faut maintenant subir la concurrence redoutable des établissements du Nord et de l'Est.

Aussi nos usines, tout en maintenant leur fabrication usuelle dans la mesure du possible, semblent-elles se trouver dans la nécessité de s'adonner davantage au travail des pièces ouvrées, plus aptes k supporter les frais de transport élevés.

466 MoNTLOçoN Industriel

Un autre danger semblerait aussi menacer Montiuçon, c'est l'épuisemeot de certaines houillères de la région.

Déjà quelques usines, pour divers motifs, se sont trouvées dans la nécessité de s'approvisionner de charbons importés. Mais si la houille noire se raréfie, n'avons-nous pas & nos portes la houille blanche pour lui prêter un concours efficace ? Oui, il est nécessaire que l'on utilise les forces hydrauliques du Cher, en amont de Montiuçon, pour la production d'une puissante énei^ie électrique, capable de donner à bon marché &nos usines les forces motrices dont elles ont besoin et qu'elles ne peuvent se procurer que par des moyens plus coûteux, que les usines similaires du Nord et de l'Est. Il y a donc lieu d'espérer que, de ce cAté encore, et dans un avenir prochain, le danger sera conjuré.

Port iatérieur de Hoatluçoa

En résumé : Amélioration des voies de transports par eau, par l'élargissement du canal du Berry ; tarifs de transport des voies ferrées, mieux appropriés & la situation, permettant le transport & grande distance de nos produits manufacturés ; production de force hydro-électrique par la houille blanche, tels sont, semble-t-il, les remèdes principaux susceptibles d'enrayer la crise actuelle.

Certes il peut surgir d'autres difficultés, toujours possibles en raison d'un nouvel état de choses ; mais le cas échéant, elles seraient, il n'en

Page 1