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ÉCOLE DE DROIT

Cette Ecole, autrefois célèbre, fondée vers 11 60, par l'italien Placentin, fut la première Ecole de Droit qu2 la France ait possédée ; on s'y rendait de tous les points de l'Europe.

- Elle se tint d'abord dans les salles basses de la tour Sainte-Eulalie, et c'est là que professèrent : Guillaume de Nogaret, si connu par le rôle qu'il joua dans les démêlés de Philippe-le-Bel avec le pape Boniface VIII ; Jean Faber, commentateur des Instltiites, Rebuffy, Guillaume, Grimoard, devenu plus tard Urbain V, Pierre de Luna, devenu l'antipape Benoît XXIII, etc.; ce fut aussi là qu'étudia Pétrarque.

L'Ecole de Droit avait été, dès 1230, placée par Louis IX sous la dépendance des évêques de Maguelone. Elle était administrée par un recteur clerc, élu

annuellement, et par douze conseillers clercs, également annuels. Tous les membres de l'Université étaient tenus, sous peine d'amende, d'assister, tous les dimanches, à une messe solennelle dans l'église du couvent des Dominicains. C'était dans l'église de Saint-Firmin que l'Université de Droit tenait conseil ; à la Salle-l'Evéque, résidence épiscopale, qu'elle conférait la licence ; à l'église Notre-Dame des Tables qu'elle faisait soutenir les épreuves et conférait le doctorat ; dans la sacristie de l'église des Dominicains qu'elle mettait son trésor en dépôt.

En 1241, une bulle du pape Martin V annexa une Faculté de Théologie à l'Ecole de Droit.

Il fallait primitivement neuf ans d'études pour devenir docteur dans l'un ou l'autre droit, et douze ans pour se faire recevoir docteur en droit civil et droit canon, et obtenir le titre de docteur in iitroque.

Les fondations d'Ecoles de Droit à Perpignan en 1349, à Avignon, Aix, Toulouse, Cahors, Orléans, Paris, etc., diminuèrent la réputation de celle de Montpellier et l'affluence des étudiants, si bien qu'aux xv^ et xvi^ siècles, elle en vint à un tel état de détresse qu'elle n'avait même plus de quoi faire les frais de la robe ou tahard que. devaient revêtir les candidats aux grades, et qu'elle fut réduite à emprunter celle de sa rivale, l'Université de Médecine, laquelle, pour comble d'humiliation, envoyait souvent redemander le tabar avant la consommation de l'acte.

Germain attribue la désertion de l'Ecole au mauvais accueil que faisait aux étudiants la population de Montpellier. Duval-Jouve l'attribue au mauvais choix des professeurs que nommait l'autorité épiscopale ; à la faiblesse indulgente qui portait ces professeurs à conférer les grades à « des étudiants ne connaissant le titre des articles du Decretum que si on le leur soufflait ». Si, d'un autre côté, les habitants de Montpellier étaient [peu gracieux envçrs les étudiants, il

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faut attribuer cette disposition d'esprit aux prérogatives épiscopales, bien faites pour blesser tous ceux qui avaient le sentiment de la justice.

Aux fêtes de Noël, en 1428, les étudiants, au nombre de six ou sept, s'avisèrent, au milieu de la nuit, d'enlever une femme de vingt ans en l'absence de son mari, de prendre le coffre contenant ses bijoux et de conduire cette malheureuse dans la maison de Tun d'eux où elle subit les outrages de tous. Bien que masqués, l'un des coupables fut reconnu ; le bayle le fit arrêter et mettre en prison. L'autorité épiscopale de l'Université porta l'affaire devant l'évêque de Maguelone, prétendant qu'elle ne relevait pas du pouvoir séculier et que ses privilèges avaient été méconnus ; elle excommunia l'assesseur du bayle, le priva de ses grades, de ses titres universitaires, fit afficher cette excommunication et la fit publier en chaire, un dimanche, par le prieur de Saint-xVlathieu.

Le nom de l'ancienne rue Bona-Nioch vient aussi rappeler un bien triste épisode dont les étudiants furent victimes, par représailles, au xiv° siècle. En 1562, la tour Sainte-Eulalie fut rasée, ainsi que les faubourgs de Montpellier, par les protestants qui avaient à se défendre contre l'armée de Joyeuse. Henri IV et Jules Pacius relevèrent l'Ecole.

En 1680, l'Ecole de Droit se tenait dans le Collège Sainte-Anne ; mais, comme elle manquait d'espace, elle fut transférée dans les bâtiments de la Chapelle- Neuve où elle languit jusqu'au moment où la Révolution l'emporta.

Relevée en 188 1, elle eut son siège dans un immeuble appartenant à la ville, situé dans la rue Eugène- Lisbonne. Elle est aujourd'hui spacieusement installée, avec les Facultés des Lettres et des Sciences, dans le nouvel Hôtel de l'Université.

BIOGRAPHIE MONTPELLIÉRAINE

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