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LES GRANDS-MOULINS. Io5

grandes pour permettre aux barques de remonter et de descendre la rivière '. Les successeurs de Ferri III confirmèrent à diverses reprises ce don : ainsi en i3i2 le duc Thiébaut*, un peu plus tard Ferri IV ^ Une petite atteinte fut portée au monopole par le duc Charles II en 1409. II se fit céder par les moines le moulin dit du Châtel, dans l'intérieur de Nancy, et dès lors ce moulin devint domanial; il fut affermé par le duc à divers particuliers et semble avoir disparu définitivement vers i53o*. Mais en revanche Charles II dispensa l'abbaye de lui acquitter la redevance de 1 4o résaux de blé qu'elle lui devait ^ Au xv* siècle, les moines créèrent un autre moulin hors de ville, en amont, dans la charmante vallée de Boudonville ^. Au xvi* siècle, les habitants des villages voisins essayèrent de se soustraire à la servitude des Grands-Moulins; il y eut devant le tribunal des Assises une série de procès, d'où les religieux de Clairlieu sortirent victorieux. Le 19 avril i544 les habitants de Malzéville, le 19 juin 1670 par un triple jugement ceux de Saint-Max, d'Essey et de Dommartemont furent obligés, comme par le passé, de moudre tous leurs grains dans les moulins des moines de Clairlieu 7. Le 8 septembre 1078, pareille sentence frappa les habitants de Nancy*. Les moulins à vent qu'on avait voulu élever dans l'étendue de la châtellenie, notamment celui que le sieur de La Rivière avait construit derrière le château d'Essey, furent démolis 9. L'on murmura beaucoup contre le monopole des religieux.

Au début du xvii* siècle, Fabbaye de Clairlieu était aux mains du cardinal Charles, fils du duc Charles 111. Le cardinal prétendit que l'entretien des Grands-Moulins était trop coûteux, que le débordement des eaux, le heurt des glaces les avaient presque ruinés. En conséquence, il se décida, par acte du 4 janvier i6o3, à les céder à son père le duc ; ce fut une grande perte pour l'abbaye et une acquisition très avantageuse au domaine. Avec les Grands- Moulins sur la Meurthe, il livra celui de Boudonvillc et la place où se trouvait jadis le moulin de l'Étanche, détruit lors de la construction de la Ville-Neuve. En échange de cet abandon, il ne demanda que Tautorisation d'élever près de Clairlieu un moulin où serait fabriquée la farine nécessaire aux moines et à leurs fermiers, et une rente de 180 résaux de blé à prendre cha-

I. Citée par Lepage, Let Communes de la Meurthe, article Grantls-Moulins, t. I, \u ASy. Catalogus des actes de Ferri III, n® r>4o.

a. Id,, ibid.

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