Voir la charte publiée par nous/ /. e., p
FONDATION DU COUVENT DBS PRÊCHERESSES. 187
octobre 1298', après divers dons en faveur des moines de Varangéviiie, des frères prêcheurs et mineurs de Toul, des prêcheurs, des mineurs et des prêcheresses de Metz, des couvents de Beaupré et de Glairlieu, des pauvres béguines d'Épinal, il laissa la plus grande partie de ses biens aux prêcheresses de Nancy où il voulait être enterré dans la chapelle de Sainte-Catherine. C'étaient trente journaux de terre au finage de Saint-Nicolas-de-Port, des vignes et des prés à Varangéville, des gélines et des cens sur des maisons à Saint-Nicolas, quatre nmids de vin et quatorze sous toulois de cens à Amance, un meix sur les fossés de Nancy « dairiers la grant tour * ». Quelques menues rentes devaient servir à « faire pitance » aux sœurs le jour de Tanniversaire de sa mort, à entretenir jour et nuit une lampe au chœur des religieuses, à faire des distributions de pain aux pauvres. Après la mort du
I. Noos publions ici ce texte très important, d'après l'original qui nous a été communiqué par M. Léon Gennain :
« En nom dou peire et dou Gl et dou saint esperit. Amen. Je Jehans dis le Jalous boiu*iois de Nancey, en mon boin san et en ma bonc mémoire fas et ordone mon testament et ma darriene volentei en tel meniere. Premièrement je wel que tuit mi det soient [)aiei et mes restitutions faites. Apres je elig ma sépulture aus serours pracheresces de Nostre Dame dou palais de Nancey en la cha()eJe sainte Katherine, au quelz serours je done poiu* Deu et en amone [)erpetuel trente journaus de terre on finage de Port, les quelz je acenne en tel meniere ; c'est a savoir dix jours on leu con dit en haut champ entre les dous chamins en la fin de Malevaus ; dix jours on leu con dit en Romiaus ; cinc jours davant Vœure sus lou chamin ; cinc jours con dit en Marcienncy. Apres je lor doig mon grant prei en Barai- Icns tout entièrement qui siet en la praierie de Loemie. Apres je lor doig ma pièce de vigne con dit en la planée au chaus on vignoble de Warengcville. Apres je lor done quatre meus de vin de cens a touz jours con me doit a Amance, ensi com il est contenui on Ictres que je ai saelees dou sacl de la court de Nancey. Apres je lor done vinc gelincs de cens a touz jours chaucun an et lor acenne a panre sus les gelines con me doit a Port de cens a la Nalivelei Notre Signour. Apres je lor done chaucun an a touz jours mais quarante solz de toullois de cens com me doit, c'est asavoir quatorze solz a Amance sas le ritaite que Hazars qui fut mes sergans tient ; après je lor doig aceinze les vinc et cinc sols que li masons Remeri lou couson de Port me doit et douze deniers sus la mason Milet lou charreton, pour acoroplir les quarante solz desus dis. Apres je lor doig mon me is à Nancey que j'aquestei a mastre Therri lou monier qui siet sus le foncez. Apres je done au serours desus dites vinc livres et ordone en tel meniere que je wel com en aqueste dix soudées de terre [wr faire pictance au dites serours lou jour de mon anniversaire et com en achesse terre pour soignier une lampe nuit et jour on cuerdes dites serours; et dou remenant des dites vinc livres je wel com en achece livres tels que plus nécessaire seront. Et wel et ordone que ce mcn hooir metoient débat ne contredit, ou autres pcrsones, en l'erilage que je donc aux serours desus dites, je lor doig cent livres de messcins sus tout mon héritage. Et doig ancor au dites serours vinc solz en pictance le jour de mon obit ; et wel qu'il i ait quatre quartes de cire por mon luminaire. Apres je done les eut solz de cens que je ai sus la mason Alizete de Warengcville por pourseignier une lampe davant saint Nicholas. Apres je done au moines de Warengeville les cinc solz de cenz qiie je ai sus la mason Gerardin lou Savaige en la grant nie por faire mon aimiversaire chaucun an. Apres je done six solz de cens a touz jours mais pour pain acheter et doner au povres lou jour de mon anniversaire, et les acenne a panre sus lou champ qui fut Milet dou Mont en Marciennes ; et wel que li priouse des serours resoice les six solz desus dis et face lou pain départir au povres. Apres je doig au frères pracheours de Toul sixanle solz, au frères menours de Toul dix solz, au frères pracheours de Mes quarante solz, au frères menours de Mez dix solz, au pracheresces de Mez vinc solzy au cordelières de Mez dix solz, au couvent de Biaulprei dix solz, au convent de Clerleu dix solz, au nonneis d'Espinauz dix solz, a Mabillete et Clémence béguines vint solz, au povres béguines d'Es-
pinals vinc solz {^Suivent divers legs particuliers)..., Eslis je mes executors Thieriet de Nancey,
Mayence ma feme et mon signour Sy mon mon fil El por ce que ces chozes soient fermes et cstables
ai je priei a mon très chier signour Ferri duc de Lorreinc et marchis qu'il face saeler cest mien testament dou sael de sa court de Luneville en tesmoignaige ilc verilei. Et je Ferris dus de Lorreine et marchis a la requeste dou dit Jehan et de Maience davant dite ai je fait mètre lou sael de ma court de Luneville en cest présent testament, qui fut fais l'an que li miliares notre Signour courroit par mil et dous cens et quatre vins et dix et eut, on mois d'uclcmbre. » (Sceau de la cour de Luneville pendant êur double queue.)
a. Ce détail dans la charte de confirmation de Ferri III. Cf. in/ra, p. i38, n» 2.
l38 HISTOIRE DE NANCY.
donateur, Maance déclara que tous ces dons avaient été faits de son plein gré' et le duc Ferri III les approuva*.
Les évoques provoquèrent des aumônes. Jean de Sierck, prélat de Toul, approuva, le 3 juin 1299, la donation du palais du duc Ferri '; et Hugues, prélat de Liège, accorda quarante jours d'indulgence à tous ceux qui feraient quelque don aux sœurs ou visiteraient le couvent aux grandes solennités religieuses-*.
Le monastère prospéra, grâce à la bonne volonté de tous. Maance et ses quatre filles augmentèrent le nombre des religieuses K Simonin se fit recevoir dans les ordres et fut le premier chapelain du couvent. Sa femme et sa fille prirent le voile ^. L'épouse de Ferri III, Marguerite de Champagne, se déclara la protectrice de la maison. A la mort du duc (i3o3), elle s'y retira et y mourut 7. On Tenterra dans l'église du monastère, et, encore avant la Révolution, Ton y montrfiit son lombeau à droite du grand autel ^.
Le couvent des Dames précheresses eut sans doute à souffrir pendant la guerre des Bourguignons, mais sans qu'il fût besoin de le reconstruire de fond en comble. Voici l'aspect qu'il présentait aux xvii* et xvm* siècles. Il était situé entre la rue de la Monnaie et la rue du Cheval-Blanc. Si l'on part de cette dernière rue à laquelle une enseigne d'auberge a donné son nom 9, l'on trouve, après une petite construction, un grand bâtiment qu'a élevé Boffrand en l'année 1717 pour le comte de Custines, colonel du régiment des gardes du duc Léopold et gouverneur de Nancy '*^. L'hôtel de Custines, qui abrite aujourd'hui la trésorerie générale, touchait au couvent. A côté de lui les sœurs avaient remplacé d'anciennes masures par des maisons assez élevées qu'elles louaient". On trouvait ensuite la chapelle isolée du Saint-Sé-
I. Le i4 août i3oo. {Histoire de Nancy ^ i>. 350). a. Le 7 févritT i3oi. {Ihid., p. 35 1).