‹ Histoire de NancyChapitre 160 sur 642 · LES IMPÔTS INDIRECTS A NANCY · texte numérisé non relu

LES IMPÔTS INDIRECTS A NANCY

les colTi'es du duc i8o livres'. Cette taille pesait sur les lerres, les vicpies et les prés des roturiers. Un autre impôt pesait sur les conduits, c'est-à-dire sur les maisons de la ville. Il était payable à la Saint-Jean à raison de deux deniers par conduit. En 1427*, cet impôt produisit 24 sous, soit 288 deniers. Il y avait donc dans la ville i44 maisons. Si nous fixons le chiffre des habitants par conduit à 6, nous trouvons 864 personnes sujettes à l'impôt. Mais il faut tripler au moins ce chiffre, pour avoir la population de Nancy; car les nobles, les membres du clergé, toute la domesticité du prince et les indigents échappaient à Timpôt^.

Les impôts indirects ne sont pas abolis à Nancy comme à Beaumont. Nous avons vu, même après 1266, Ferry III accorder au prieuré Notre-Dame des redevances « des rentes et des issues de la haie de Nancei* ». Les trois comptes du début du xv* siècle que nous possédons encore mentionnent des droits de nature diverse qu'il n'est pas toujours facile de distinguer : i® les attalaiges ou estallaiges, le droit d'étal qui est amodié de la Madeleine à la Madeleine de Tannée suivante pour une vingtaine de livres messins. Les chanoines de Saint-Georges touchent sur la redevance 10 livres messins. C'e droit se percevait sur les boutiques des bouchers, des boulangers, des cordonniers, sur les charrettes du haut desquelles on vendait la marchandise ; 2** le rewaige de Nancy, l'ancien rotagiiim, le rouage, droit sur les denrées qui entrent dans la ville. C'est sur cette redevance que sont assis en partie les droits du prieur de Notre-Dame. Il en touche 18 livres i5 sous 8 deniers de forts 5, et moindre est la somme qui entre dans les caisses du duc; 3® la torte vente, autre impôt qui pèse sur certaines marchandises à l'entrée de Nancy et qui se paie par-dessus le rouage. Ces deux redevances prirent une telle importance qu'elles furent bientôt perçues par un agent spécial, le « passager » ou receveur du passage de Nancy ^. Le même agent était chargé, sous le nom de cellérier, de percevoir les grains des domaines du duc ou ceux qui lui étaient dus; 4** le duc entretenait près de la halle une balance dont l'usage était obligatoire pour les vendeurs : le « poids de Nancy » est amodié pour une somme de 20 livres environ; 5° la menue vente, petites redevances sur les légumes, le fromage, les œufs, la viande de porc, etc.; 6® le meucl (jnodius) de Nancy, c'est-à-dire le droit de mesurer les grains et les liquides, comme le poids était le droit de peser les solides ; 7° la redevance qu'on acquittait pour la vente du poisson formait un article à part? ; 8° le duc a sur la

Page 1