‹ Histoire de NancyChapitre 205 sur 642 · Il · texte numérisé non relu

Il

lard la rue des Champs, notre rue Godron'. Puis, le 21 février 1747» il paya sur sa caisse au Trésor de France 220,000 livres et, en échange de ce capital, l'Etat français s'engagea à verser à l'hôpital une rente de 1 1|000 livres. Cette rente devait servir à l'entretien de 24 orphelins, 12 de chaque sexe. Les noms de ces orphelins étaient tirés au sort comme à une loterie. Ils étaient reçus pour quatre années ; on leur apprenait à lire, à écrire et aussi un métier manuel. On les habillait d'un uniforme de couleur brune. A la sortie, chacun des garçons devait recevoir 4oo livres; chaque fille, 1,000 livres*. Cette petite somme leur permettait de s'établir. Les directeurs de l'hôpital étaient du reste invités à leur trouver des places convenables.

Au début, le roi de Pologne songeait à se réserver le droit de choisir, sa vie durant, les 24 orphelins qui profiteraient de la fondation, et il pensait donner les places aux enfants de sa domesticité. Mais il se ravisa bientôt, décréta (|ue tout de suite les 24 orphelins seraient choisis par le sort parmi ceux de Lorraine et du Barrois^. Et, pour que les domestiques n'y perdissent rien, il fit, le 27 novembre 1747» une seconde fondation pour 24 enfants. Ceux-ci devaient rester trois ans à l'hôpital. Le trésorier de Stanislas devait fournir les fonds nécessaires*. Il est vrai que cette seconde fondation ne subsista pas longtemps. Deux années seulement, 1 748-1 749 et 1749-1763, les fonds furent payés ; puis Stanislas cessa de verser les sommes convenues. Les enfants des domestiques furent retirés et mis aux écoles chrétiennes de Lunéville 5. Il ne restait à Saint-Julien que 24 orphelins au lieu de 48. Plus tard même, la pension à payer aux enfants à leur sortie fut réduite à 3oo livres pour les garçons, 5oo pour les filles (27 avril 1760); le surplus de la pension devait servir à l'établissement des frères de Saint-Jean-de-Dieu, pour lesquels Stanislas fonda un hôpital rue Sainte-Catherine^. Stanislas retirait ainsi souvent ce qu'il avait donné ; il affectait à un usage différent des sommes consacrées à une œuvre; la liste de ses fondations est longue, mais elle fait un peu illusion.

L'hôpital Saint-Julien n'avait pas de locaux suffisants pour loger ces 24 enfants. C'est alors que Stanislas construisit de ses deniers — et il lui faut en être reconnaissant — le beau corps de bâtiment qui donne sur la rue Saint- Julien et sur la seconde cour. On l'appela le bâtiment royal. C'est un bel échantillon d'une maison du xvni* siècle et c'est grand dommage qu'il doive

1. (^es terrains furent duriués ù l'hôpital en échanije de la partie du jardin qu'on lui enlera. (LioNNOis, t. II, p. 188.) Sur la rue des Champs, voir Courbe, Les Rues de Nancy, L I, p. ii3.

2. Voir le texte de la fondation : Recueil des ordonnances de Lorraine, t. VII, pp. i38-i48; AerariV des fondations et établissements faits par le roi de Pologne, chapitre III, nouyelle édition, p. i5.

3. Le premier lirai|e cul lieu le i«r juin 1748. Les enfants dont les noms étaient sortis à la roue restèrent à l'hôpital jusqu'au 3i mai 175a ; ceux qui furent désignés par le second tirage, de 1753 à 1750. 11 y eut II tiratjes en tout. Les enfants du onzième tirage abandonnèrent l'hôpital en 179a; beaucoup, il est vrai, avaient quitté avant le terme fixé. Voir les documents aux A. Hoip., 3 A, 1, e( les deux registres où sont inscrits les noms de tous les candidats et ceux des fayorisés, 11 F, i, et 12 F, I.

f\. Recueil des ordonnances, t. VII, pp. 173-17O.

r>. Recueil des fondations, p. 3i. Le registre de ces enfants de domestiques, A. Hoip., 10 F, i*

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