‹ Histoire de NancyChapitre 211 sur 642 · Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

Voir plus loin, p

FONDATION DK LA COLLEGIALE SAINT-GEORC.ES. 21 7

données du consentement de l'évéque de Tout, Thomas de Bourlémont'. Les bâtiments devaient flanquer au sud le palais ducal. Le duc assura à la collégiale divers cens et revenus, de manière à lui constituer une rente annuelle de deux cents livrées petits tournois. Sur cette fondation devaient vivre vingt chanoines, chacun touchant dix livres ; si cette somme était insuffisante pour Tentretien d'un chanoine, Raoul se réservait le droit de diminuer le nombre des titulaires. Tous les chanoines étaient à la nomination directe du duc de Lorraine et de ses successeurs. Ils devaient élire parmi eux un chef du chapitre, nommé prévôt. Le prévôt relèvera du duc le temporel et lui en fera hommage. La collégiale pourra acquérir des biens dans tout le duché de seigneurs ou de particuliers sans être contrainte de payer aucun droit d'amortissement ; ces terres sont soustraites à la juridiction des fonctionnaires, et ni bailli, ni prévôt ducal n'auront le droit d'y pénétrer. En échange de ces dons, les chanoines chanteront chaque année une messe pour le duc Raoul le dimanche qui suit la Saint-Georges (28 avril) et, après le décès du duc, ils célébreront une messe de Requiem, à chaque anniversaire.

La collégiale Saint-Georges s'agrandit bientôt. Une petite collégiale avait été créée à Einville, aussi en l'honneur de saint Georges'; ses biens furent unis, le 2 décembre iSSg, à ceux de Saint-Georges de Nancy, par permission de l'évéque Thomas de Bourlémont'.

Le duc Raoul avait, par la charte de fondation, promis à la nouvelle collégiale deux cents livrées de terre à petits tournois. Une série de chartes déterminèrent sur quels biens ces rentes seraient assises. Le 29 juin iSSg, il lui céda U^ize muids de sel à prendre sur les salines ducales de Rosières d'une valeur de vingt-cinq livrées de terre*; le môme jour, il livra le four banal qu'il avait à LaneuvevilIe-devant^Nancy, et le four « en bourget de Nancey » avec droit tic prendre près de Vandœuvre le bois nécessaire ; les revenus en étaient

!• Le titre original en latin, A. D., G, 342. Le sceau ducal a disparu ; mais il reste le sceau de 'érèqoe de Toul. L'acte a été publié dans Balkicourt [le P. Hugo], Traité hittorique sur la Maison ^ Lorraine, p. CXXIIL Au même endroit des archives se trouve une traduction ancienne en français <*oniiée par Lkpage, V» et plusieurs expéditions soit en latin, soit en français.

>• La coUégiale d'Einville avait été fondée au début du règne de Raoul. Le 34 janvier i334, le duc '^'■^flnDa le don fait à cette collégiale par Henri, comte de Vaudémont, et Isabelle de Lorraine, sa '<cniine, de 10 livrées de terre assises sur ce qu'ils tenaient du duc en la saline de Rosières. A. D., B, ^7^' Le 8 février iSSg, un grand nombre d'archevêques et d'évèques, réunis à Avignon, accordent Ao jours d'indulgence à ceux qui visiteraient la collégiale d'Einville aux grandes solennités ou lui '«^nient quelque don. Original, G, 34^. Ce don est confirmé par Thomas de Bourlémont, en mars 1839.

3« A. D., G, 343. Thomas Dei gratia TuUensis episcopus illustri principi dilecto consanguineo 1^^*(n) domino' Rodulpho duci Lotharingie et marchioni salutem et sincère caritatis affectum. Devo- ^^^^0^ vestram altendenies quam habetis, ut collegium canonicorum in fortalicio de Envilla nostre 'oilensis diocesis constitutum ad ecclcsiam per vos de novo in villa de Nanceyo uuper edificatani ^^ nostre diocesis transferatur, ut prefatum collegium, personas et canonicx)s ejusdem de dicto loco <K Enrilla ad dictam ecclcsiam vestram transferre valeatis et ut ipsi cauonici qui sunt et fuerint pru '^^^nxire et persone ejusdem collegii in eadem ecclesia de Nanceyo divina officia alta voce valcant ^^nice celebrare, impedimento canonico cessante, vobis et ipsis auctoritate ordinaria tenore preicodnai iodnlgemot. In cujus rei testimonium sigillum nostnim presentibus litteris est appensum. DttQQ et actnm anoo domini millesimo trerentesimo tricesimo nono, die secunda mensis decembris. Orifpiuu, traces dn sceau sur double queue. Déjà cette collégiale d'Einville était dédiée à saint Georges.

4. Original A. D., G, 376... que furent faites et données Can de grâce nostre Signour mil trois ^fnt et trente neuf, le mardi après la Natimtei sainct Jehan Baptiste.

2l8 HISTOIRE DE NANCY.

estimés à dix-huit livrées'. Le i*' juillet, il céda les cens et deniers qu'il touchait en la mairie de Bonviller près d'Einville, et des assignations sur les tailles d'Agincourl et d'Einville, le tout estimé à quinze livrées et dix souldées^; par un second acte, à la même date, il donna des redevances en blé sur ses terraqes à Laneuveville, quinze résaux de blé sur ceux que les moines de Clairlieu devaient au domaine pour les Grands-Moulins, estimation dixhuit livrées '; par une troisième donation, il accorda ce qu'il possédait dans le patronage des cures de Mulcey et de Guermange, au diocèse de Metz; la valeur de ce don n'est pas indiquée*. Quatre-vingts livrées furent en outre assises sur les tailles de Nancy, et le collecteur payait directement cette somme importante au prévôts 11 donna encore aux chanoines à Saulxures près de Nancy quatre cent quatre-vingts journaux de bois qu'il amortit; il estima que ce capital valait une rente de vingt-quatre livrées^. Nous arrivons ainsi à un total de cent quatre-vingts livres et dix souldées, outre les droits de patronage sur les deux villages cités. II y eut sans doute quelques autres petites donations qui sont perdues.

Mais bientôt il devint évident que la taille de Nancy ne suffirait pas à payer cette forte redevance de quatre-vingts livres. Le duc Raoul dut aviser^. Le 27 juin i34i, il donna aux chanoines les dîmes et tous ses droits sur les forêts à Mulcey et à Blanche-Eglise, près de Marsal. Les chanoines furent autorisés à mettre des gardes dans les bois; le duc ne se réservait que la moitié du produit des amendes. Pour cette donation, trente-sept livres devaient être rabattues sur la somme assise sur les tailles de Nancy*. Le même jour, il leur céda quarante livres à prendre sur les tailles de Port, moitié à la Saint-Remi et moitié à Pâques, au lieu de quarante livres sur la taille de Nancy 9. Le i**^ juin i34i, le duc donna en plus à la collégiale un meix devant Nancy, entre le fossé et les murs de la « fermetei », limité d'un côté par

1. Original, G, 358, même date. Les chanoines de Saint-Georges partagèrent donc avec la CominaDderie et le possesseur du four sacré la banalité des fours de Nancy. Aussi quand le duc Charles II autorisa les boulangers à avoir des fours en leurs maisons, il assigna au chapitre deux quartes de cire à prendre sur la redevance que les boulangers devaient au domaine. G, 358.

2. Original, G, 366... que Jurent fuites tan de graice nostre Signoar mil trois cens et trente neuf, le j'uedi après lai Natiuitei sainct Jehan Baptiste, Très beau sceau du duc. Cf. Lepaob, Lee Communes (le la Meurthe, t. I, p. 171. Bonviller, c. de Luné ville-Nord.

Page 1